Plus grand tueur en série du monde : 170 enfants tués


Vous êtes trop malade pour vous déplacer, si bien que votre médecin de famille vient jusqu'à chez vous, et quand il frappe à la porte, vous êtes soulagé de le voir. À Hyde, une petite ville près de Manchester, les patients ont longtemps vécu cette scène, et beaucoup des plus grands tueurs en série du monde avaient eux aussi le visage de quelqu'un à qui on faisait confiance, un infirmier ou un homme qui offre un repas à un enfant qui a faim. Voici 10 de ces hommes, de la Colombie à la Sibérie, et les enquêtes qui ont fini par les arrêter.

À lire aussi :
Sources :
NBC News (AP), Gary Ridgway plaide coupable de 48 meurtres, 5 novembre 2003 : https://www.nbcnews.com/id/wbna3403795
Dawn, mort de Javed Iqbal à la prison de Kot Lakhpat et rappel de l'affaire, 10 octobre 2001 : https://www.dawn.com/news/amp/717
The Tribune (AP), Javed Iqbal condamné à mort pour 100 meurtres, 17 mars 2000 : https://www.tribuneindia.com/2000/20000317/world.htm
Al Jazeera, Niels Högel condamné pour 85 meurtres à Oldenburg, 6 juin 2019 : https://www.aljazeera.com/news/2019/6/6/german-nurse-gets-life-sentence-for-killing-85-patients
Global News (AP), Mikhaïl Popkov reconnu coupable de 56 autres meurtres, 10 décembre 2018 : https://globalnews.ca/news/4746329/police-serial-killer-russia/
The Moscow Times (Interfax), deuxième condamnation de Mikhaïl Popkov, 10 décembre 2018 : https://themoscowtimes.com/news/siberian-serial-killer-convicted-murdering-raping-60-more-women-reports-63768
Deseret News (Reuters), Andreï Tchikatilo condamné à mort, 15 octobre 1992 : https://www.deseret.com/1992/10/15/19010556/serial-killer-sentenced-to-die-in-russia/
The Moscow Times, le tribunal de Rostov condamne Tchikatilo, octobre 1992 : https://www.themoscowtimes.com/archive/court-convicts-rostov-ripper
Lawrence Journal-World (AP), conclusions de l'enquête publique sur Harold Shipman, 20 juillet 2002 : https://www2.ljworld.com/news/2002/jul/20/doctor_killed_215/
CBS News, Harold Shipman retrouvé pendu à la prison de Wakefield, janvier 2004 (la page affiche par erreur la date du 19 juillet 2002) : https://www.cbsnews.com/news/britains-killer-doc-kills-himself
NBC Miami (AP), mort de Luis Garavito à Valledupar, 12 octobre 2023 : https://www.nbcmiami.com/news/national-international/colombian-serial-killer-nicknamed-the-beast-dies-in-hospital-after-confessing-to-killing-190-children/3132190/
East Coast Radio (AFP), mort de Luis Garavito, octobre 2023 : https://www.ecr.co.za/news/news/colombias-deadliest-serial-killer-dies-serving-jail/
Al Jazeera, exécution de Yang Xinhai, 14 février 2004 : https://www.aljazeera.com/news/2004/2/14/china-executes-prolific-serial-killer
Paris Match Belgique, mort de Michel Fourniret, 10 mai 2021 : https://www.parismatch.be/actualites/societe/2021/05/10/michel-fourniret-le-tueur-en-serie-est-decede-JMTRFHT5GNCMBKCNFGZS4KPLGU/
The Local France (AFP), Monique Olivier condamnée à la perpétuité, 20 décembre 2023 : https://www.thelocal.fr/20231220/ex-wife-of-notorious-french-serial-killer-sentenced-over-murders
NBC News, le FBI confirme les aveux de Samuel Little, octobre 2019 : https://www.nbcnews.com/news/us-news/fbi-confirms-samuel-little-s-confession-he-worst-serial-killer-n1063381


#1 Luis Garavito, la Bête qui attirait les enfants de Colombie
En octobre 1998, à Pereira, en Colombie, les enquêteurs retrouvent les corps de 36 enfants assassinés. Ce sont des garçons de 8 à 16 ans, la plupart viennent de familles pauvres, et quand les policiers rapprochent les dossiers, ils s'aperçoivent que d'autres enfants ont disparu de la même façon à Armenia et à Tunja. Alors ils suivent ces disparitions, et elles les mènent jusqu'à un homme né en 1957 dans le département du Quindío, Luis Alfredo Garavito.
Pour approcher les enfants, il se fait passer tour à tour pour un moine, un vendeur ambulant, un sans-abri, un handicapé ou un employé humanitaire, et il leur offre à manger et à boire. Un enfant qui a faim suit facilement quelqu'un qui lui tend un repas, alors Garavito les emmène à pied vers des endroits isolés, et il attend qu'ils soient épuisés par la marche pour les attaquer. D'après les procureurs, il les mutile avant de leur trancher la gorge, et chaque victime, il l'inscrit dans un petit carnet.
En avril 1999, la police l'arrête pour une tentative de viol, et c'est face au juge d'instruction que tout sort. Le juge lui demande s'il est le meurtrier de 114 enfants retrouvés dans 59 villes du pays depuis 1994, et Garavito reconnaît les faits, puis il en avoue d'autres, encore et encore, au point que le total dépasse 190.
En 2000, la justice le condamne à 835 ans de prison au total, mais en Colombie, personne ne peut purger plus de 40 ans. En 2021, alors que sa libération est évoquée, le président Iván Duque s'y oppose publiquement, et finalement, le 12 octobre 2023, Luis Garavito meurt à l'hôpital de Valledupar, à 66 ans, toujours détenu. Pour l'administration pénitentiaire colombienne, il a tué au moins 170 garçons.


#2 Javed Iqbal, la lettre qui annonce 100 enfants tués
Fin novembre 1999, à Lahore, au Pakistan, des colis arrivent chez les autorités. Dedans, il y a des photos d'enfants, des preuves, et une lettre dans laquelle un homme écrit qu'il a agressé sexuellement 100 enfants avant de les tuer, puis qu'il a fait disparaître leurs corps dans des bidons d'acide.
Les policiers se rendent chez lui, dans une maison de Ravi Road, et dans un récipient rempli d'acide, ils trouvent 2 squelettes. Autour, il y a au moins 9 sacs de vêtements et de chaussures, un journal, c'est-à-dire un carnet de 32 pages qui détaille chaque meurtre, et des pancartes sur lesquelles l'homme annonce qu'il va se jeter dans la rivière Ravi.
C'est le début de la plus grande chasse à l'homme de l'histoire du Pakistan. Au commissariat de Ravi Road, les familles viennent regarder les photos et les affaires retrouvées, et elles reconnaissent presque tous les 100 enfants. Beaucoup venaient des familles les plus pauvres de Lahore, et il les attirait chez lui depuis le sanctuaire de Data Sahib. Quant à l'homme, Javed Iqbal, il ne s'est jamais jeté dans la rivière. Le 30 décembre 1999, il entre dans les locaux d'un quotidien en ourdou, parce qu'il refuse d'aller directement à la police, où il dit craindre pour sa vie.
Le 16 mars 2000, devant la salle d'audience, des parents réclament la peine de mort, et le juge Allah Baksh Ranjha condamne Javed Iqbal à mort pour 100 meurtres. Il ordonne même qu'il soit étranglé devant les parents, puis découpé en 100 morceaux et plongé dans l'acide, mais le gouvernement fait savoir que cette peine ne peut pas être appliquée, parce qu'elle est contraire à la loi. Le 9 octobre 2001, Javed Iqbal est retrouvé pendu dans sa cellule de la prison de Kot Lakhpat. Pour l'administration pénitentiaire, il s'est donné la mort, sauf que les médecins relèvent des traces de strangulation, et les enquêteurs doutent de cette version. Quand il faut rendre son corps à sa famille, ses propres frères refusent de venir le chercher.


#3 Niels Högel, l'infirmier surpris une seringue à la main
En 2005, dans un hôpital de Delmenhorst, dans le nord de l'Allemagne, une infirmière surprend un collègue en train d'injecter à un patient un médicament que personne n'a prescrit. Ce collègue s'appelle Niels Högel, et en 2008, il est condamné à 7 ans de prison pour tentative de meurtre, puis lors d'un deuxième procès, en 2014 et 2015, à la perpétuité pour d'autres meurtres et tentatives de meurtre.
On pourrait croire le dossier refermé, et pourtant, il reste ouvert, parce qu'entre 2000 et 2005, Högel a travaillé dans 2 hôpitaux, et pour reconstituer ces 5 années, les enquêteurs font exhumer et autopsier plus de 130 corps. Au troisième procès, devant le tribunal régional d'Oldenburg, il doit répondre de 100 meurtres. Il commence par en reconnaître 100, puis il revient à 43, il en conteste 5, et pour les 52 autres, il dit ne plus se souvenir s'il a "manipulé" ces patients, puisque c'est le mot qu'il emploie pour ses injections. Ses victimes ont de 34 à 96 ans, et il les choisissait au hasard.
Le 6 juin 2019, le juge Sebastian Bührmann le déclare coupable de 85 meurtres, et il l'acquitte pour les 15 autres, faute de preuves. Il lui dit que sa culpabilité est "insondable", et il reconnaît que le tribunal n'a pas pu dissiper entièrement le brouillard pour les familles, parce que beaucoup de patients ont été incinérés avant toute autopsie. Pour Christian Marbach, dont le grand-père fait partie des victimes, ce verdict, c'est "ce qui était juridiquement possible". Avec ses condamnations précédentes, la justice allemande lui attribue 87 meurtres, alors que pour la police, le vrai bilan pourrait dépasser 200 morts.


#4 Mikhaïl Popkov, l'ADN de 230 000 habitants d'Angarsk
Pendant des années, dans la région d'Irkoutsk, en Sibérie orientale, des femmes de 17 à 38 ans disparaissent le soir ou la nuit, dans des lieux publics d'Angarsk et de ses environs. Quand on les retrouve, elles sont nues, avec des traces de viol, dans les forêts autour de la ville, dans des cimetières ou au bord des routes, et la police locale enquête sur ces meurtres sans jamais trouver le coupable.
Les enquêteurs changent d'échelle, au point de prélever l'ADN de 230 000 habitants d'Angarsk. En 2012, du sperme retrouvé sur l'une des victimes les mène jusqu'à l'un des leurs, un ancien policier de la ville, Mikhaïl Popkov, parti à la retraite en 1998 avec le grade de lieutenant.
En 2015, il est condamné à la perpétuité pour 22 meurtres, et la liste continue de s'allonger. Le 10 décembre 2018, un tribunal de Sibérie orientale le déclare coupable de 56 autres meurtres de femmes, commis entre 1994 et 2000, ce qui porte son bilan à au moins 78 meurtres et fait de lui le tueur en série le plus prolifique de Russie depuis au moins un siècle. Devant les enquêteurs, selon le Moscow Times, il explique qu'il voulait "nettoyer" Angarsk des femmes qu'il jugeait de mœurs légères. Les expertises psychiatriques concluent qu'il est sain d'esprit, et le tribunal lui retire son grade. Jusqu'à ce jour-là, l'homme qui a tué toutes ces femmes touchait encore sa pension de policier.


#5 Yang Xinhai, 67 meurtres à vélo
En novembre 2003, en Chine, la police arrête un homme de 35 ans originaire de la province du Henan, Yang Xinhai. Depuis 2000, il va d'une scène de meurtre à l'autre à vélo, et en un peu plus de 3 ans, il tue 67 personnes. La justice le connaît déjà, parce qu'il a fait de la prison pour cambriolage et pour viol, et pour la police, ce sont encore le vol et le viol qui le poussent à tuer.
La presse le décrit comme un vagabond renfermé, et dans ses aveux, il affirme qu'il serait ensuite allé jusqu'à Tianjin, une ville de 10 millions d'habitants près de Pékin, et peut-être jusqu'à la capitale.
Le tribunal populaire intermédiaire de Luohe, dans le Henan, le condamne à mort pour ces 67 meurtres, et comme Yang Xinhai ne fait pas appel, tout va très vite. À la mi-février 2004, 2 semaines à peine après sa condamnation, il est exécuté. Entre le jour où la police l'a arrêté et celui de sa mort, il s'est écoulé à peine 3 mois.


#6 Andreï Tchikatilo, l'accusé dans la cage de Rostov
Le 15 octobre 1992, à Rostov-sur-le-Don, dans le sud de la Russie, l'accusé écoute le verdict depuis une cage en métal installée au milieu de la salle d'audience. Il s'appelle Andreï Tchikatilo, il a 57 ans, c'est un ancien professeur et un membre du Parti communiste, et pendant 12 ans, il a échappé à plus de 50 enquêteurs spécialisés.
Pendant ces 12 années, il tue des femmes et des enfants dans le sud de la Russie, en Ukraine et en Ouzbékistan, alors que la police l'a déjà tenu. Devant la presse, un habitant de Rostov le résume, "ils l'ont eu entre les mains 2 fois, et les 2 fois, ils l'ont laissé partir". D'après le Moscow Times, l'enquête a longtemps été tenue secrète, parce qu'en Union soviétique, un tueur en série, c'était censé être une dépravation du monde capitaliste.
Pendant la lecture des charges, il réclame une piqûre, puis il crie "Vive l'Ukraine". Il a reconnu les meurtres, et il s'est lui-même qualifié de "bête enragée". Dans le public, les proches des victimes remplissent la salle, et quand les 3 juges du tribunal le déclarent coupable de 52 meurtres et le condamnent à mort, il frappe sur les barreaux de sa cage, et une femme du public essaie de franchir le cordon de sécurité en criant aux juges de leur donner le meurtrier.
Son avocat conteste qu'il soit sain d'esprit et fait appel, mais la peine est maintenue, et en février 1994, Andreï Tchikatilo est fusillé.


#7 Gary Ridgway, le détecteur de mensonges de la Green River
En 1984, près de Seattle, dans l'État de Washington, le petit ami de Marie Malvar la voit monter dans le pick-up d'un homme, et elle ne revient jamais. Il donne ce détail à la police, alors les enquêteurs retrouvent le conducteur. Il s'appelle Gary Ridgway, il est peintre dans une entreprise de camions, et il affirme qu'il ne connaît pas Marie. Il passe même un test au détecteur de mensonges, et comme il le réussit, il est mis hors de cause.
À ce moment-là, depuis 1982, on retrouve des corps de femmes dans la Green River, la rivière qui donne son nom au tueur, mais aussi près de ravins, d'aéroports et d'autoroutes. La plupart de ces femmes sont des fugueuses ou des prostituées de la région, et certaines sont très jeunes, comme Opal Mills, qui a 16 ans quand elle disparaît en 1982.
En 1987, les enquêteurs prélèvent un échantillon de salive de Ridgway, et il faut attendre 14 ans pour qu'il serve. En 2001, l'ADN de cet échantillon correspond à celui retrouvé sur 3 des premières victimes, et Ridgway est arrêté à la sortie de son travail. Pour échapper à la peine de mort, il accepte de raconter tous ses meurtres.
Le 5 novembre 2003, au tribunal du comté de King, il plaide coupable de 48 meurtres, et un 49e s'ajoute plus tard à ses condamnations. Dans ses aveux, lus à voix haute, il dit qu'il choisissait ces femmes parce qu'il pensait pouvoir en tuer autant qu'il voulait sans être pris, et qu'il en a tué tellement qu'il a du mal à les distinguer. Dans la plupart des cas, il ne connaissait même pas leur nom.


#8 Harold Shipman, le testament qui accuse le médecin de Hyde
À Hyde, une petite ville ouvrière de 22 000 habitants aux portes de Manchester, les familles font confiance à leur médecin, Harold Shipman. Il exerce ici depuis 1977, seul dans son cabinet depuis 1992, et quand un patient est trop malade pour venir jusqu'à lui, il se déplace souvent chez lui. Un jour, une patiente de 81 ans meurt, et sa fille découvre que sa mère a modifié son testament pour tout laisser à son médecin de famille. C'est ce testament qui relance l'enquête.
En janvier 2000, Harold Shipman est condamné à 15 peines de prison à perpétuité pour les meurtres de 15 patientes âgées. Pendant des visites de routine, il leur a injecté de l'héroïne, alors que beaucoup étaient en bonne santé, et lui continue de clamer son innocence.
Ensuite, une enquête publique est confiée à une juge de la Haute Cour, Dame Janet Smith, qui reprend les morts de 494 patients suivis par Shipman entre 1974 et 1998. Le 19 juillet 2002, elle rend ses conclusions, et pour elle, il en a tué au moins 215, 171 femmes et 44 hommes, âgés de 41 à 93 ans, avec une "réelle suspicion" pour 45 autres morts. La première victime identifiée s'appelle Eva Lyons, elle a 70 ans, elle a un cancer, et elle meurt en mars 1975 à Todmorden, dans le Yorkshire. Pour la juge, Shipman a trahi la confiance de ses patients "d'une manière et à un degré sans précédent dans l'histoire".
En janvier 2004, il est retrouvé pendu dans sa cellule de la prison de Wakefield. La justice ne l'a condamné que pour 15 meurtres, sauf que d'après l'enquête de Dame Janet Smith, aucun autre homme de cette liste n'a tué autant que le médecin de Hyde.


#9 Michel Fourniret, l'adolescente qui s'échappe de la camionnette
En 2003, dans la région de Ciney, en Belgique, une adolescente de 13 ans réussit à s'échapper de la camionnette dans laquelle un homme l'a enfermée. Une automobiliste l'aide, et l'adolescente donne à la police le numéro d'immatriculation du véhicule, un numéro qui mène les enquêteurs jusqu'à une maison de Sart-Custinne, où ils arrêtent Michel Fourniret. Aux États-Unis aussi, c'est une femme retenue prisonnière qui permet l'arrestation d'un tueur en série, dans l'affaire Shawn Grate.
Fourniret reconnaît 8 homicides commis entre 1987 et 2003, en France et en Belgique, dont celui d'Elisabeth Brichet, enlevée à Saint-Servais, près de Namur, en 1989. Le 28 mai 2008, la cour d'assises des Ardennes le condamne à la perpétuité incompressible pour 7 meurtres de jeunes filles et d'adolescentes, commis entre 1987 et 2001 et précédés d'un viol ou d'une tentative de viol, et pour l'agression de 3 autres jeunes filles qui lui ont échappé.
Avec une perpétuité incompressible, le dossier pourrait se refermer, sauf que les aveux continuent. En février 2018, il avoue les meurtres de Joanna Parrish et de Marie-Angèle Domèce, dans l'Yonne, et le 16 novembre 2018, la cour d'assises des Yvelines le condamne à une nouvelle perpétuité pour le meurtre de Farida Hammiche, dont le corps n'a jamais été retrouvé. En 2019, il est mis en examen pour la disparition d'Estelle Mouzin, 9 ans, et il reconnaît sa participation, ce qui porte à 11 le nombre de meurtres qu'il avoue.
Le 10 mai 2021, Michel Fourniret meurt à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, avant d'avoir été jugé pour ces 3 affaires, et en décembre 2023, c'est son ex-épouse, Monique Olivier, qui est condamnée à la perpétuité pour sa complicité. Le corps d'Estelle, lui, n'a jamais été retrouvé.


#10 Samuel Little, 93 aveux à un Texas Ranger
En 2012, dans le Kentucky, la police arrête un ancien boxeur de 72 ans qui mène une vie d'errance, Samuel Little, et elle le remet à la Californie, où il est recherché pour une affaire de stupéfiants. Là-bas, la police de Los Angeles relie son ADN à 3 meurtres de femmes commis entre 1987 et 1989, et même si Little clame son innocence, en 2014, il est condamné à 3 peines de prison à vie.
Pour lui, l'histoire pourrait s'arrêter là, mais un Texas Ranger, James Holland, le relie à une affaire non résolue de 1994, à Odessa, au Texas. Holland prend l'avion jusqu'en Californie pour l'interroger, et au fil de ces entretiens, Little avoue avoir étranglé 93 femmes à travers le pays, entre 1970 et 2005. En 2018, il est transféré à Odessa, où Holland l'interroge presque tous les jours, et en décembre, il plaide coupable du meurtre de Denise Christie Brothers, tuée en 1994.
Ses victimes sont des femmes vulnérables, des prostituées ou des toxicomanes, et c'est justement ce qui lui a permis d'échapper si longtemps à la justice. En octobre 2019, le FBI annonce avoir confirmé 50 de ses aveux, et pour Christie Palazzolo, l'analyste qui travaille sur le dossier, Little a longtemps cru qu'il ne serait jamais pris, parce qu'il pensait que personne ne comptait ses victimes.
Il meurt en décembre 2020, dans un hôpital du comté de Los Angeles, toujours détenu. Pour le FBI, aucun tueur en série américain n'a autant de victimes confirmées, alors que la justice ne l'a condamné que pour une petite partie de ces meurtres.
Les victimes qui n'ont pas de nom
Albert Fish et le tueur du Zodiaque, que personne n'a jamais jugé, ont aussi leur histoire sur le site, dans les affaires criminelles qui fascinent. Et quand le cinéma s'empare de tueurs en série réels, c'est dans notre sélection de films de tueurs en série tirés d'une histoire vraie qu'on sépare ce qui s'est vraiment passé de ce que le scénario invente. Beaucoup d'autres affaires sont racontées en entier, chaque mercredi et chaque dimanche, sur la chaîne YouTube Dark Stories, et elles s'écoutent aussi dans le podcast Dark Stories.
Parmi les femmes que Samuel Little dit avoir étranglées, certaines n'ont jamais été identifiées, et leur mort n'a jamais fait l'objet d'une enquête. En 2019, le FBI cherche encore à leur rendre un nom.
