Film tueur en série histoire vraie : du Zodiac à Landru

Affiche du film Zodiac, films de tueurs en série tirés d'histoires vraies
Affiche du film Zodiac, films de tueurs en série tirés d'histoires vraies

Vous avez peut-être vu Zodiac ou Monster un soir, la couverture remontée jusqu'au menton, en vous disant que ce n'est que du cinéma. Pourtant, avant Les Tueurs de la lune de miel, il y a une vraie femme, Mary Spencer, qui ouvre en janvier 1949 une lettre de sa belle-mère, Janet Fay, et qui convainc la police d'Albany de la rechercher, parce que Janet lui écrit toujours à la main, et que cette lettre-là est tapée à la machine. Voici 9 films de tueurs en série tirés d'une histoire vraie, et avec eux, celles et ceux qui ne sont jamais rentrés chez eux.

À lire aussi :

➡️ Affaire Shawn Grate
➡️ Affaire David Fuller

Sources :

Cour d'appel de l'État de New York, People v. Fernandez, 301 N.Y. 302 (condamnations pour le meurtre de Janet Fay), 11 juillet 1950 : https://www.courtlistener.com/opinion/5635792/people-v-fernandez/
Tribunal de Suwon, acquittement de Yoon Seong-yeo, rapporté par AP, 17 décembre 2020 : https://abcnews4.com/news/nation-world/wrongfully-accused-south-korean-man-acquitted-of-murder
The Korea Herald, un suspect identifié par l'ADN dans les meurtres de Hwaseong, 18 septembre 2019 : http://www.koreaherald.com/view.php?ud=20190918000889
KTVU Fox 2 (San Francisco), le message de 340 signes du Zodiac déchiffré, confirmation du FBI, 11 décembre 2020 : https://www.ktvu.com/news/cipher-solved-in-zodiac-killer-case-decades-after-it-was-sent
ABC News (Australie), Snowtown 20 ans après la découverte des barils, 20 mai 2019 : https://www.abc.net.au/news/2019-05-20/can-snowtown-ever-shake-off-its-dark-past/11082778
ABC News (Australie), la libération conditionnelle de James Vlassakis confirmée, 15 septembre 2026 : https://www.abc.net.au/news/2026-09-15/snowtown-serial-killer-james-vlassakis-to-be-released/107155164
Irish Examiner, l'exécution du tueur de Mashhad, 17 avril 2002 : https://www.irishexaminer.com/world/arid-30046770.html
The New York Times, l'Iran exécute l'ouvrier qui a étranglé 16 femmes, 18 avril 2002 : https://www.nytimes.com/2002/04/18/world/iran-executes-worker-who-strangled-16-women-over-2-years.html
Associated Press, l'exécution d'Aileen Wuornos en Floride, 9 octobre 2002 : https://apnews.com/article/02cb5e52d50e756b8576d1b9a37f184a
The Daily Telegraph, les aveux de Guy Georges au procès, mars 2001 : https://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/france/1328168/Beast-of-Bastille-admits-to-killings.html
L'Humanité, le procès de Guy Georges, 2001 : https://www.humanite.fr/node/244164
Libération, Guy Georges sur le point de craquer, 24 mars 2001 : https://www.liberation.fr/societe/2001/03/24/guy-georges-sur-le-point-de-craquer_358996/
Le Figaro, aux origines du fichier d'empreintes génétiques, 17 août 2018 : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/08/17/01016-20180817ARTFIG00008-aux-origines-du-fichier-d-empreintes-genetiques-guy-georges-le-tueur-de-l-est-parisien.php
The Guardian (archives), la condamnation à mort de John Christie, 26 juin 2012 (archive de 1953) : https://www.theguardian.com/theguardian/2012/jun/26/archive-john-christie-death-sentence
The Daily Gazette (The Recorder), la belle-fille de Janet Fay à Amsterdam, par Bob Cudmore, octobre 2024 : https://www.dailygazette.com/the_recorder/news/lonely-hearts-killing-amsterdam/article_55034ec6-91a1-11ef-a6e6-1f9e24252b79.html
Le Rappel (Gallica, BnF), 19 mars 1922 (affaire Landru) : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7553417k
Wikipédia, Henri Désiré Landru : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_D%C3%A9sir%C3%A9_Landru
Wikipédia, Guy Georges : https://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Georges
Wikipédia, L'Affaire SK1 : https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Affaire_SK1
Wikipédia, Les Nuits de Mashhad : https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Nuits_de_Mashhad
Wikipédia, L'Étrangleur de Rillington Place : https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%89trangleur_de_la_place_Rillington
Wikipédia, Zodiac (film) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Zodiac_(film)
Wikipédia (en anglais), Zodiac Killer : https://en.wikipedia.org/wiki/Zodiac_Killer
Wikipédia (en anglais), Hwaseong serial murders : https://en.wikipedia.org/wiki/Hwaseong_serial_murders
Wikipédia (en anglais), Aileen Wuornos : https://en.wikipedia.org/wiki/Aileen_Wuornos
Wikipédia (en anglais), John Christie : https://en.wikipedia.org/wiki/John_Christie_(murderer)
Wikipédia (en anglais), Snowtown murders : https://en.wikipedia.org/wiki/Snowtown_murders
Wikipédia (en anglais), Saeed Hanaei : https://en.wikipedia.org/wiki/Saeed_Hanaei

Affiche du film Les Tueurs de la lune de miel
Affiche du film Les Tueurs de la lune de miel

#1 Les Tueurs de la lune de miel, une lettre tapée à la machine

Le 11 janvier 1949, à Amsterdam, une petite ville de l'État de New York, Mary Spencer ouvre une lettre de sa belle-mère, Janet Fay. Janet est une veuve d'Albany qui lui écrit souvent, et toujours à la main. Sauf que cette lettre-là est tapée à la machine. Une semaine plus tôt, Janet est partie pour Long Island avec son fiancé, un homme rencontré grâce à un club des cœurs solitaires, et avec la femme qu'il présente comme sa sœur. Avant de partir, elle a retiré plus de 4 000 dollars de ses comptes, et elle lui a tout confié.

Alors Mary convainc la police d'Albany de rechercher Janet, mais la piste s'arrête à Valley Stream, et pendant 7 semaines, personne ne la retrouve. Fin février 1949, au Michigan, près de Grand Rapids, une autre veuve, Delphine Downing, disparaît à son tour avec sa fille de 2 ans, Rainelle, alors que le couple qui loue une chambre chez elle, lui, est toujours là. L'homme s'appelle Raymond Fernandez, et la femme, Martha Beck. Le 1er mars 1949, dans la cave d'une maison du Queens, les policiers cassent un sol en béton, et dessous, il y a Janet. Le même jour, Delphine et Rainelle sont retrouvées dans la cave de leur propre maison.

Devant les policiers, Raymond parle de 17 meurtres, un chiffre que personne n'a jamais pu confirmer, et seule la mort de Janet est jugée. Le 8 mars 1951, le couple est exécuté à la prison de Sing Sing, et en 1970, Leonard Kastle en tire Les Tueurs de la lune de miel, le film qui leur donne leur surnom. Toute l'enquête est racontée dans l'affaire Janet Fay, avec le secret des lettres tapées à la machine, qui portaient bien la vraie signature de Janet. Cette signature, elle l'avait donnée sur des feuilles où était écrit "Surprise", parce qu'elle voulait faire une surprise à ses amis d'Albany.

Affiche du film Zodiac de David Fincher
Affiche du film Zodiac de David Fincher

#2 Zodiac, un message codé de 340 signes

Le 1er août 1969, le San Francisco Chronicle, le San Francisco Examiner et un journal de Vallejo reçoivent chacun une lettre, et celui qui les écrit revendique 2 attaques. La première a eu lieu le 20 décembre 1968, sur Lake Herman Road, près de Benicia, où Betty Lou Jensen, 16 ans, et David Faraday, 17 ans, ont été tués par balle. La 2e, dans la nuit du 4 au 5 juillet 1969, peu après minuit, sur le parking de Blue Rock Springs, à Vallejo, où Darlene Ferrin, 22 ans, a été tuée, alors que Michael Mageau, 19 ans, a survécu. Dans chaque lettre, il y a un tiers d'un message codé, et le 5 août, ce sont 2 habitants de Salinas, Donald et Bettye Harden, un couple qui n'a rien de cryptologue, qui le déchiffrent.

Pendant ce temps, il continue. Le 27 septembre 1969, au bord du lac Berryessa, il attaque Cecelia Shepard, 22 ans, qui meurt 2 jours plus tard, et Bryan Hartnell, 20 ans, qui survit, puis le 11 octobre, à San Francisco, il tue un chauffeur de taxi de 29 ans, Paul Stine. Le 8 novembre, le Chronicle reçoit un 2e message codé, de 340 signes, et celui-là, personne n'arrive à le lire. Il faut attendre décembre 2020 pour que 3 passionnés, David Oranchak, Sam Blake et Jarl Van Eycke, en viennent à bout, et le 11 décembre, le FBI confirme. Dans ce message, le tueur espère que la police s'amuse bien à essayer de l'attraper, et il écrit qu'il n'a pas peur de la chambre à gaz.

En 2007, David Fincher tire Zodiac des livres de Robert Graysmith, le dessinateur de presse du Chronicle, joué par Jake Gyllenhaal, avec Mark Ruffalo dans le rôle de l'inspecteur Dave Toschi. Le film suit la piste d'un suspect auquel Graysmith croit, un homme qui n'a jamais été inculpé et qui est mort en 1992. Toute l'affaire est racontée dans notre page sur les affaires criminelles qui fascinent. En 1974, dans une lettre, le Zodiac revendique 37 victimes, et aujourd'hui, le dossier est toujours ouvert, alors que le message de 340 signes, qu'il a fallu 51 ans pour lire, ne contient aucun nom.

Affiche du film L'Affaire SK1 sur la traque de Guy Georges
Affiche du film L'Affaire SK1 sur la traque de Guy Georges

#3 L'Affaire SK1, un ADN que la police avait déjà

Dans la nuit du 24 au 25 janvier 1991, à Paris, rue Delambre, dans le 14e arrondissement, Pascale Escarfail, 19 ans, est tuée. Pendant 3 ans, son meurtre reste isolé, jusqu'à ce que les mêmes crimes reviennent dans l'est et le sud de la capitale. En janvier 1994, c'est Catherine Rocher, 27 ans, puis Elsa Benady, 22 ans, en novembre, et Agnès Nijkamp, 33 ans, en décembre. En juillet 1995, c'est Hélène Frinking, 27 ans, et à l'automne 1997, Magali Sirotti, 19 ans, et Estelle Magd, 25 ans.

Sur plusieurs scènes, les enquêteurs relèvent des traces d'ADN, et au CHU de Nantes, le laboratoire d'Olivier Pascal les recoupe. L'inconnu reçoit un nom de code, SK1, parce que c'est la première empreinte génétique d'un tueur en série en France. Sauf que cet ADN, la police l'a déjà. Il a été prélevé en 1995, lors d'une garde à vue pour une autre affaire, mais à l'époque, il n'existe aucun fichier national où le comparer, au point que c'est cette affaire qui conduit à la création du fichier national des empreintes génétiques.

Le 26 mars 1998, à la sortie du métro Blanche, 2 policiers repèrent Guy Georges, et quelques minutes plus tard, ils l'arrêtent dans un Monoprix. Le 19 mars 2001, quand son procès s'ouvre devant la cour d'assises de Paris, il commence par nier. Le 27 mars, face à Élisabeth Ortega, une femme qui lui a échappé en 1995, il reconnaît les 7 meurtres, et le 5 avril 2001, il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, avec une période de sûreté de 22 ans.

Le film de Frédéric Tellier sort en janvier 2015, avec Raphaël Personnaz en jeune inspecteur et Nathalie Baye en avocate, et il est tourné dans la salle d'assises où Guy Georges a été jugé. Le décor est donc le vrai, à un détail près, puisque la cage de verre qu'on y voit n'existait pas à l'époque du procès.

Affiche du film Memories of Murder
Affiche du film Memories of Murder

#4 Memories of Murder, 10 femmes à Hwaseong

Le 15 septembre 1986, à Taean-eup, dans la région de Hwaseong, en Corée du Sud, Lee Wan-im, une femme de 71 ans, est tuée, et il faut 4 jours pour retrouver son corps. À l'époque, Hwaseong est une campagne peu peuplée, et la plupart des femmes tuées après elle sont retrouvées dans des ruelles mal éclairées ou au milieu des rizières. Jusqu'en avril 1991, 10 femmes de tous les âges y sont violées et tuées, et pour retrouver leur meurtrier, la police interroge plus de 21 000 suspects.

En juillet 1989, elle arrête un mécanicien de 22 ans, Yoon Seong-yeo, pour le meurtre d'une adolescente de 13 ans, tuée en septembre 1988, et il est condamné à la prison à vie. Pour les autres meurtres, personne n'est identifié, et en 2003, quand Bong Joon-ho tourne Memories of Murder avec Song Kang-ho, le film s'arrête sur cette impasse.

Sauf qu'en septembre 2019, des analyses ADN relancent l'affaire. Une trace retrouvée sur les sous-vêtements d'une victime correspond à un détenu qui purge déjà la prison à vie pour le meurtre de sa belle-sœur, en 1994. Il avoue 14 meurtres, mais comme la prescription est acquise, il ne peut plus être poursuivi. Selon la police, il serait l'auteur des 10 meurtres de Hwaseong, et le chef de la police régionale, Bae Yong-ju, reconnaît qu'en 1989, ses services ont frappé Yoon Seong-yeo pour lui arracher de faux aveux.

Le 17 décembre 2020, le tribunal de Suwon le déclare innocent, et le juge Park Jeong-je lui présente ses excuses au nom de la justice. À ce moment-là, Yoon Seong-yeo est sorti de prison depuis 11 ans.

Affiche du film Monster sur Aileen Wuornos
Affiche du film Monster sur Aileen Wuornos

#5 Monster, 7 automobilistes sur les routes de Floride

Le 13 décembre 1989, dans un bois de Floride, on retrouve le corps de Richard Mallory, 51 ans, le patron d'un magasin d'électronique de Clearwater, tué par balle 2 semaines plus tôt, le 30 novembre. Pendant l'année qui suit, jusqu'au 19 novembre 1990, 6 autres hommes, tous des automobilistes de 40 à 65 ans, sont tués ou disparaissent à leur tour.

Le 9 janvier 1991, dans un bar de motards du comté de Volusia, The Last Resort, la police arrête une femme recherchée pour port d'arme dissimulée, qui se fait appeler Lori Grody. En réalité, elle s'appelle Aileen Wuornos, et pour obtenir ses aveux, les enquêteurs retrouvent sa compagne, Tyria Moore, en Pennsylvanie. En échange de l'immunité, Tyria accepte de l'appeler plusieurs fois, sous la direction de la police, et le 16 janvier 1991, Aileen avoue. Elle affirme qu'elle s'est défendue, parce que d'après elle, Richard Mallory l'a frappée et violée.

Le 27 janvier 1992, avec le témoignage de Tyria, elle est reconnue coupable du meurtre de Richard Mallory, et le 9 octobre 2002, elle est exécutée par injection létale à la prison d'État de Floride. L'année suivante, Patty Jenkins sort Monster, avec Charlize Theron, qui reçoit l'Oscar de la meilleure actrice pour ce rôle, et Christina Ricci dans un rôle inspiré de Tyria Moore.

Au total, Aileen Wuornos reçoit 6 condamnations à mort, pour 7 hommes, et celui qui manque, c'est Peter Siems. Il n'a jamais été retrouvé, et pour sa mort, personne n'a jamais été poursuivi.

Affiche du film 10 Rillington Place sur John Christie
Affiche du film 10 Rillington Place sur John Christie

#6 10 Rillington Place, une maison de Notting Hill

Le 24 mars 1953, à Londres, dans le quartier de Notting Hill, un nouveau locataire, Beresford Brown, s'installe au 10 Rillington Place, dans l'appartement que l'ancien occupant vient de quitter. Dans la cuisine, derrière le papier peint d'un renfoncement, il découvre le corps de 3 femmes. Les policiers en trouvent 2 autres dans le jardin, et sous le plancher du salon, celui d'Ethel, la femme de l'ancien locataire, John Christie.

Cette maison, la justice la connaît déjà. En 1949, une jeune femme, Beryl Evans, et sa petite fille, Geraldine, y vivent avec Timothy Evans, le mari et le père, sous le même toit que John Christie. Quand les corps de Beryl et de Geraldine sont retrouvés dans la maison, c'est Timothy qu'on accuse, et il est condamné pour le meurtre de sa fille. Au procès, l'un des principaux témoins de l'accusation, c'est l'autre occupant de la maison, John Christie, et le 9 mars 1950, Timothy Evans est pendu à la prison de Pentonville.

Entre août 1943 et mars 1953, Christie a tué au moins 8 personnes, Ruth Fuerst, Muriel Eady, Beryl et Geraldine Evans, Ethel, Rita Nelson, Kathleen Maloney et Hectorina MacLennan. Il n'est jugé que pour le meurtre de sa femme, à partir du 22 juin 1953, et le 15 juillet, après avoir avoué qu'il avait tué Beryl, il est pendu à Pentonville, dans la prison où Timothy Evans a été pendu 3 ans plus tôt.

En 1971, Richard Fleischer tourne 10 Rillington Place, sorti en France sous le titre L'Étrangleur de Rillington Place, avec Richard Attenborough dans le rôle de Christie et John Hurt dans celui de Timothy Evans, et le tournage a lieu tout près de la vraie maison, au numéro 7. À ce moment-là, Timothy Evans a déjà reçu une grâce posthume, le 18 octobre 1966, après une enquête officielle, 16 ans après sa pendaison.

Affiche du film Landru de Claude Chabrol
Affiche du film Landru de Claude Chabrol

#7 Landru, 283 réponses à une petite annonce

Le 16 mars 1915, en pleine guerre, un homme de 45 ans qui signe Fremyet explique dans L'Écho de Paris qu'il a des économies et qu'il cherche à rencontrer une femme. Des femmes seules lui répondent, au point qu'au total, 283 femmes entrent en contact avec lui. Cet homme s'appelle Henri Désiré Landru. Sa première victime, Jeanne Cuchet, une lingère veuve de 39 ans, il l'a rencontrée au jardin du Luxembourg, et elle disparaît en 1915 avec son fils, André, 17 ans. À Vernouillet, il tue 4 personnes, et dans une villa de Gambais, il en tue au moins 7.

Parmi les familles qui cherchent une disparue, il y a Mlle Lacoste, la sœur de Célestine Buisson, qui écrit au maire de Gambais. Le 8 avril 1919, à Paris, une voisine de Mlle Lacoste le reconnaît à la sortie d'un magasin de faïences de la rue de Rivoli, au bras d'une amie, et grâce au vendeur, l'inspecteur Jules Belin remonte jusqu'à lui. Le 12 avril 1919, il l'arrête au 76 rue de Rochechouart, où il vit sous le nom de Lucien Guillet, et dans ses affaires, les inspecteurs trouvent un petit carnet avec 11 noms.

Le 7 novembre 1921, son procès s'ouvre devant la cour d'assises de Seine-et-Oise, à Versailles, et dans la salle d'audience, il y a le fourneau de la villa de Gambais. Le 30 novembre, Landru est condamné à mort pour 11 meurtres, autant que de noms dans son carnet, et à l'aube du 25 février 1922, il est guillotiné devant la prison de Versailles.

En 1963, Claude Chabrol tourne Landru, sur un scénario de Françoise Sagan, avec Charles Denner dans le rôle principal. Seulement, une femme de cette histoire est encore en vie quand le film sort, sa dernière maîtresse, Fernande Segret, et comme elle s'estime diffamée, elle attaque en justice et obtient 10 000 francs de dommages et intérêts.

Affiche du film Snowtown
Affiche du film Snowtown

#8 Snowtown, 6 barils dans la chambre forte d'une banque

Le 20 mai 1999, à Snowtown, une petite ville d'Australie-Méridionale, des policiers ouvrent la chambre forte d'une ancienne banque, et l'odeur est si forte qu'ils doivent porter des appareils respiratoires. À l'intérieur, il y a 6 barils remplis d'acide, avec les restes de 8 personnes. L'enquête établit 12 morts entre 1992 et 1999, dont 11 sont reconnues comme des meurtres, et une seule victime a été tuée à Snowtown même.

Le meneur s'appelle John Bunting. Il est reconnu coupable de 11 meurtres et condamné à la prison à vie sans possibilité de libération, comme Robert Wagner, reconnu coupable de 10 meurtres, alors que Mark Haydon, lui, est condamné pour avoir aidé à faire disparaître les corps. Avec les coordonnées bancaires et les allocations de leurs victimes, la bande a touché 97 200 dollars australiens.

Le plus jeune des 4, James Vlassakis, a 18 ans quand il participe au meurtre de son demi-frère, Troy Youde, en 1998. Il plaide coupable de 4 meurtres, et en 2002, il est condamné à la prison à vie, avec une peine de sûreté de 26 ans. Le film de Justin Kurzel, Snowtown, sort en Australie le 19 mai 2011, la veille du 12e anniversaire de la découverte, et le 15 septembre 2026, le commissaire chargé de réexaminer les décisions de libération conditionnelle rejette le recours du procureur général d'Australie-Méridionale. James Vlassakis va pouvoir sortir.

Affiche du film Les Nuits de Mashhad
Affiche du film Les Nuits de Mashhad

#9 Les Nuits de Mashhad, 16 femmes étranglées avec leur foulard

Entre l'été 2000 et l'été 2001, à Mashhad, dans le nord-est de l'Iran, à environ 900 kilomètres de Téhéran, des femmes sont retrouvées étranglées avec leur propre foulard, encore noué autour du cou. La plupart sont des prostituées, et certaines sont dépendantes à la drogue. Au total, 16 femmes sont tuées, et l'affaire devient celle du tueur à l'araignée.

En juillet 2001, la police arrête Saeed Hanaei, un ouvrier du bâtiment, ancien combattant de la guerre Iran-Irak, qui attirait les femmes chez lui, et il avoue les 16 meurtres. Pour se défendre, il affirme qu'il luttait contre la corruption des mœurs, et dans la ville, certains religieux conservateurs et des commerçants du bazar prennent sa défense. Le tribunal, lui, rejette cet argument, et il le condamne à mort par pendaison.

En 2022, Ali Abbasi tourne Holy Spider, sorti en France le 13 juillet 2022 sous le titre Les Nuits de Mashhad, avec Mehdi Bajestani dans le rôle de Saeed Hanaei, et à Cannes, Zar Amir Ebrahimi, qui joue une journaliste, reçoit le prix d'interprétation féminine.

Le vrai Saeed Hanaei, lui, a été exécuté 20 ans plus tôt, le 17 avril 2002, à l'aube, dans l'enceinte de la prison de Mashhad, devant un journaliste des médias d'État et des proches de victimes. Selon ce journaliste, juste avant de mourir, il aurait dit qu'il l'avait fait pour Dieu.

Avant les films, il y a eu les victimes

Chacun de ces films commence par une personne qui ne rentre pas chez elle, et par une famille ou des policiers qui la cherchent. Le 20 décembre 1968, sur Lake Herman Road, cette personne s'appelle Betty Lou Jensen, et elle a 16 ans.

Si vous préférez les séries et les documentaires, ils vous attendent dans notre page sur les histoires vraies de Netflix, et les tueurs reconnus coupables du plus grand nombre de meurtres sont dans celle sur les plus grands tueurs en série du monde. Et chaque mercredi et chaque dimanche, je vous raconte une nouvelle affaire en entier sur la chaîne YouTube Dark Stories, que vous pouvez aussi écouter dans le podcast Dark Stories.

L'affaire Janet Fay en vidéo ⬇️