Affaire Yuna et Minu Jo : 4 ans cachés dans des valises
Le 11 août 2022, devant une maison de Clendon Park, dans le sud d'Auckland, en Nouvelle-Zélande, une famille déballe le lot qu'elle vient de remporter aux enchères sur internet pour environ 400 dollars, le contenu d'un box de stockage abandonné. Au milieu des cartons et des meubles, il y a 2 valises, et l'odeur qui s'en dégage est si forte que la famille ouvre la première dehors. Sous plusieurs couches de sacs plastiques nouées, il y a le corps d'un enfant, et dans la seconde valise, il y en a un autre. Le box a été loué en juin 2018, et depuis, pendant près de 4 ans, quelqu'un en a payé le loyer.
Un lot acheté aux enchères
La maison est sur Moncrieff Avenue, à Clendon Park, et le lot, payé environ 400 dollars, vient du centre Safe Store de Papatoetoe, à quelques kilomètres de là. Quand un client arrête de payer la location de son box, l'entreprise finit par vendre ce qu'il contient, et c'est comme ça que ces cartons, ces meubles et ces 2 valises se sont retrouvés en vente sur Trade Me, le grand site d'enchères du pays. Les acheteurs ne savent jamais vraiment ce qu'ils vont trouver, alors ouvrir les cartons un par un, c'est un peu le principe.
Sauf qu'il se dégage des 2 valises une odeur si forte que la famille ouvre la première dehors, devant la maison. Sous plusieurs couches de sacs plastiques nouées, il y a le corps d'un enfant, et dans la seconde valise, il y en a un autre. La famille appelle aussitôt la police. Une découverte pareille, personne n'y est préparé, et en France, dans l'affaire Dominique Cottrez, c'est un homme qui creuse un bassin au fond d'un jardin qui tombe lui aussi, par hasard, sur des sacs plastiques, avec à l'intérieur des corps de bébés, cachés là depuis plus de 10 ans.
Le jour même, une enquête pour homicide est ouverte. Les 2 corps sont emballés de la même façon, et ils sont dans un tel état que les enquêteurs ne peuvent dire tout de suite ni qui sont ces enfants, ni depuis combien de temps ils sont là. Il faut attendre le 26 août pour que la police donne une première estimation, et d'après elle, les 2 enfants pourraient être morts depuis 4 ans.
Sur le contrat du box, il y a une date. Il a été loué le 28 juin 2018, et depuis, pendant près de 4 ans, quelqu'un a payé le loyer.
Un couple que la paroisse envie
En 1993, une adolescente de 13 ans arrive de Corée du Sud avec sa famille pour s'installer en Nouvelle-Zélande. Elle s'appelle Ji Eun Lee, mais très vite, à Auckland, tout le monde l'appelle Jasmine. En 1998, son père meurt, alors à 18 ans, elle repart en Corée pour ses études à l'université, avant de revenir à Auckland.
Jasmine fréquente une église coréenne de la ville, où elle enseigne le catéchisme aux enfants le dimanche, et c'est là qu'elle rencontre Ian Jo, qui s'occupe du groupe des jeunes. Ils se marient en 2006, et pour la mère de Jasmine, Choon Ja Lee, ce couple fait l'envie de toute la paroisse. Ian travaille à l'aéroport international d'Auckland, où il occupe plusieurs postes au fil des années, et c'est lui qui fait vivre la famille. Jasmine, elle, travaille dans l'hôtellerie, jusqu'à la naissance de leur premier enfant.
Yuna naît en septembre 2009, et à partir de là, Jasmine arrête de travailler pour rester à la maison. Minu arrive en mars 2012, et la famille vit à Papatoetoe, un quartier du sud d'Auckland. Seulement, depuis la mort de son père, selon son avocate, Jasmine souffre de troubles psychiques, et ça, à l'église, personne ne le voit.
Yuna et Minu, les enfants de Papatoetoe
En 2014, Mary Robertson voit arriver toute la famille à l'école primaire de Papatoetoe South. Elle enseigne là depuis des années, elle y passera 41 ans de sa carrière, et ce jour-là, Yuna a 5 ans, Minu en a 3, et ce sont le père et la mère, ensemble, qui accompagnent les enfants.
Yuna est une petite fille très sérieuse, sage et bien élevée, qui a un petit groupe d'amies très proches, et les enseignants s'attachent vite à elle. Minu, lui, est né avec une fente palatine, et il garde un trouble de la parole. Pourtant, quand il commence l'école, c'est un "magnifique petit garçon joyeux et pétillant". Quant aux parents, ils sont présents, attentifs, au point que pour Mary Robertson, Jasmine et Ian sont "2 de ses parents préférés" de toute sa carrière. À l'école comme à l'église, personne n'a la moindre raison de s'inquiéter pour Yuna et Minu, parce qu'aux yeux de tous, ce sont 2 enfants heureux, dans une famille unie.
Mais en 2017, Mary Robertson voit Minu changer. Le petit garçon pétillant se renferme sur lui-même, et à la maison, son père vient d'apprendre qu'il a un cancer.
Un message pour faire revenir Ian
Ian Jo est atteint d'une forme agressive de cancer de l'œsophage. Il part se faire soigner en Corée du Sud, où le traitement ne marche pas, et quand il revient, il est très affaibli. Jasmine ne veut pas que les enfants le voient dans cet état, alors elle ne les emmène pas à l'hôpital, et quand il est transféré en soins palliatifs, c'est le frère d'Ian, Jimmy, qui doit la convaincre de laisser Yuna et Minu aller voir leur père.
Pendant ces mois-là, la mère de Jasmine, Choon Ja, vient l'aider et s'occupe des enfants. À plusieurs reprises, sa fille lui dit qu'elle ne pourra pas vivre sans son mari, qu'elle n'a plus aucune envie de vivre, et qu'elle "mourra avec les enfants". À la conseillère des soins palliatifs, Jasmine dit qu'elle voudrait que "tout soit fini", et elle lui parle souvent de mettre fin à ses jours, et à ceux de son mari.
Un jour, Ian quitte le service de soins palliatifs sans prévenir, et ses proches ont peur qu'il se tue en voiture, près du parc régional de Duder, au bord de la mer, à l'est d'Auckland. Jasmine lui envoie un message pour le faire revenir, en lui écrivant que s'il meurt, elle et les enfants mourront aussi. Ian revient, et plus tard, Jasmine expliquera à des psychiatres que c'était une menace en l'air, seulement pour le protéger. En novembre 2017, Ian Jo meurt.
Un secret gardé aux enfants
Pendant plusieurs jours, Jasmine ne dit rien à Yuna et à Minu. Elle se rend à l'école, et elle explique à Mary Robertson qu'elle veut d'abord emmener les enfants sur la Gold Coast, en Australie, avant de leur annoncer que leur père est mort. L'école lui propose son aide, Jasmine la refuse, et elle prévient que les enfants ne reviendront pas en classe d'ici la fin de l'année.
Fin novembre, la conseillère des soins palliatifs la voit une dernière fois. Jasmine a l'air calme, posée, et pourtant, elle n'a toujours pas dit aux enfants ce qui est arrivé à leur père.
Ian avait une assurance-vie, et Jasmine touche environ 330 000 dollars néo-zélandais. Avec cet argent, elle n'a plus besoin de travailler pendant un long moment, et pour une veuve avec 2 jeunes enfants, c'est plutôt une chance. Sauf que Jasmine annonce à sa mère qu'elle veut dépenser cet argent, et ensuite mourir avec les enfants. Par précaution, Choon Ja Lee jette tous les produits toxiques qu'elle garde pour le jardin.
Des vacances au Hilton
Environ un mois après la mort d'Ian, Jasmine part en Corée du Sud avec Yuna et Minu, pour 2 mois. Ils logent dans des hôtels 5 étoiles, et la note atteint environ 32 000 dollars. Au moment où ils partent pour la Corée, Choon Ja Lee voit ses petits-enfants pour la dernière fois.
Au retour, Jasmine les emmène sur la tombe d'Ian, puis sur la Gold Coast, et là-bas, elle confie à une amie de longue date qu'elle aurait voulu mourir avec les enfants dans l'avion, et qu'elle aurait préféré que ce soient les enfants qui meurent plutôt que son mari. En avril 2018, la petite famille passe quelques jours au Hilton de Taupō, au bord du grand lac, avec ses sources chaudes, et le 26 avril, des membres de la famille voient Yuna et Minu pour la dernière fois. En mai, ils repartent sur la Gold Coast, dans un autre Hilton, et à ce moment-là, Jasmine a déjà coupé les ponts avec sa famille et ses amis, alors que Yuna et Minu ne vont plus à l'école.
En juin, c'est Queenstown, encore un Hilton, et des restaurants. Partout, Jasmine achète aux enfants les plats qu'ils aiment, et elle choisit des activités pour eux.
Le samedi 23 juin 2018, ils rentrent de Queenstown à Papatoetoe. Le lundi 25 et le mardi 26 juin, le compte en banque de Jasmine n'enregistre aucune dépense.
Un trophée sur Minecraft
Le mercredi 27 juin 2018, à 10h53, dans la maison de Papatoetoe, quelqu'un se connecte à la PlayStation des enfants avec le profil de Minu, HeroMinu, et sur Minecraft, le profil débloque un trophée. À 12h07, c'est le profil de Yuna, PrincessYuna35, qui se met à jour à son tour.
Au même moment, à 12h07, Jasmine est au bureau de poste du centre de Manukau, où elle achète une enveloppe à 3,50 dollars, et 16 minutes plus tard, elle paie un envoi suivi par coursier. Dans cette enveloppe, d'après l'accusation, il y a une demande de changement de nom, qu'elle fait certifier le jour même. À 12h45, elle est au magasin de bricolage Mitre 10 de Manukau, où elle achète des sacs poubelles, du papier bulle et du ruban adhésif.
Ce qui se passe ensuite dans la maison, on ne le connaît que par ce que Jasmine racontera plus tard. L'année précédente, son médecin lui a prescrit de la nortriptyline, un antidépresseur, parce qu'elle n'arrivait plus à dormir. Elle dissout des comprimés dans du jus d'orange, elle donne un verre à Yuna et un verre à Minu, et les 2 enfants s'endorment. Ensuite, elle en prend elle aussi, pour mourir avec eux, et c'est elle seule qui se réveille.
Quand on les retrouve, 4 ans plus tard, Yuna et Minu portent des tee-shirts à manches longues et leurs doudounes. En mars, Jasmine a acheté à Minu un lot de slips avec un jour de la semaine sur chacun.
Sur celui qu'il porte, il est écrit "Wednesday", mercredi.
3 couches de plastique
Le jeudi 28 juin, Jasmine s'inscrit pour passer le permis de conduire, elle achète une valise et un adaptateur électrique de voyage, et elle paie 497 dollars pour louer un box au centre Safe Store de Papatoetoe. Le lendemain, le vendredi 29 juin, elle passe son examen de conduite, elle achète un ticket de Loto à 20 dollars, et elle passe environ 2h30 dans un salon de coiffure d'Albany, au nord d'Auckland, où elle dépense 900 dollars.
Le samedi 30 juin, elle retourne chez Mitre 10 pour acheter d'autres sacs plastiques et un cadenas, et dans la journée, elle se rend 3 fois au centre Safe Store, au box 456. Avant d'emporter ses enfants, seule, elle enveloppe chacun d'eux dans 3 couches de sacs plastiques, et elle fait un nœud à chaque couche. Elle met chaque enfant dans une valise, elle ferme la valise à clé, puis elle l'emballe dans un dernier sac, qu'elle scelle avec du ruban adhésif.
Dans le mois qui suit, des déménageurs vident la maison de Papatoetoe et apportent les meubles et les cartons de la famille dans le même box. La demande de changement de nom aboutit, et Ji Eun Lee devient officiellement Hakyung Lee. Avec un passeport à ce nouveau nom, elle monte en juillet 2018 dans un avion pour la Corée du Sud, en classe affaires.
À Papatoetoe, au fond du box 456, au milieu des meubles de la famille, il y a 2 valises fermées à clé.
"Maman, je n'ai pas d'enfants"
En décembre 2018, à Hamilton, à 1h30 de route au sud d'Auckland, Choon Ja Lee n'a plus de nouvelles de sa fille depuis un an. Elle finit par aller voir la police d'Auckland, qui vérifie auprès des services de l'immigration, et la réponse arrive vite, Jasmine a quitté la Nouvelle-Zélande. 4 jours plus tard, Choon Ja se présente au commissariat de Hamilton. Pourtant, pour Yuna et Minu, aucune vérification n'est faite, et selon le sergent-détective Ryan Singleton, c'est peut-être parce que leurs noms et leurs dates de naissance n'ont pas été donnés correctement.
En Corée, Hakyung Lee vit sous son nouveau nom. En 2021, elle rencontre un homme sur une application de rencontres, qu'elle accusera plus tard de l'avoir harcelée et d'avoir essayé de l'étrangler. En mars 2022, elle est admise dans un hôpital psychiatrique de Séoul. Dans son dossier d'admission, elle affirme avoir avalé un jour 170 somnifères, et s'être planté un couteau dans le cou 8 fois une autre fois, ce que les autorités néo-zélandaises n'ont jamais pu vérifier. Aux psychiatres, elle dit qu'elle n'a pas d'enfants.
En juin 2022, l'hôpital cherche à joindre un proche, et c'est par un pasteur de Hamilton que Choon Ja apprend où est sa fille. Elle prend l'avion pour la Corée, et elle lui pose la seule question qui compte, où sont les enfants. Sa fille lui répond "Maman, je n'ai pas d'enfants". Un billet de retour est acheté pour qu'elles rentrent en Nouvelle-Zélande, mais Hakyung Lee ne monte pas dans l'avion. Depuis l'hôpital, elle n'arrive plus à payer le box de Papatoetoe, et son contenu est mis aux enchères sur Trade Me.
Un aller simple pour Auckland
Le 22 août 2022, 11 jours après la découverte, la police néo-zélandaise fait savoir que la mère des 2 enfants est partie en Corée du Sud en 2018, et le 15 septembre, à Ulsan, une ville portuaire du sud-est de la Corée, Hakyung Lee est arrêtée. D'habitude, il faut des mois, parfois des années, pour renvoyer quelqu'un d'un pays à l'autre, sauf qu'elle accepte par écrit de rentrer en Nouvelle-Zélande, et la Haute Cour de Séoul donne son accord, puis le ministre de la Justice.
Le lundi 28 novembre 2022, à l'aéroport d'Incheon, près de Séoul, elle est remise à 3 policiers néo-zélandais. Pendant les 11 heures de vol, le sergent-détective Sung Kyu Hwang, qui parle coréen, est assis à côté d'elle. Elle lui dit qu'elle s'est portée volontaire pour rentrer, et que sa priorité, ce sont les obsèques des enfants. Elle lui dit aussi qu'elle les a laissés dans un orphelinat, puis qu'elle sait qui a fait ça, mais que ça n'a plus d'importance, et qu'elle veut mourir en Nouvelle-Zélande, près de sa famille.
Le 29 novembre, elle atterrit à Auckland, et le lendemain, devant le tribunal de district de Manukau, elle est inculpée des 2 meurtres, avant de plaider non coupable le 14 décembre. En mars 2023, elle dit à un psychiatre "Je suis une mère, c'est bien la preuve", et en avril, à l'audience, elle crie "Ce n'est pas moi, c'est la vérité", avant que les agents de sécurité la fassent sortir de la salle.
Jusque-là, la loi interdit de publier le nom des 2 enfants des valises, et il faut attendre septembre 2023 pour que la coroner Tania Tetitaha lève cette interdiction. Pour tout le pays, ils ont enfin un nom, Yuna Jo, 8 ans, et Minu Jo, 6 ans.
Une mère face aux jurés
Le 8 septembre 2025, à la Haute Cour d'Auckland, le juge Geoffrey Venning demande à Hakyung Lee comment elle plaide, et comme elle ne répond pas, c'est le juge qui enregistre un plaidoyer de non-culpabilité. Elle a choisi de se défendre seule, avec 2 avocats commis d'office à ses côtés, Lorraine Smith et Chris Wilkinson-Smith, et elle suit le procès depuis une autre salle, avec un interprète, la tête baissée, ses longs cheveux devant le visage.
Dès l'ouverture, elle reconnaît avoir causé la mort de Yuna et de Minu, et avoir caché leurs corps, si bien que toute la question est de savoir si elle était aliénée au sens de la loi, et donc pénalement irresponsable. Au Québec, dans l'affaire Guy Turcotte, c'est sur cette même question qu'un premier jury déclare non criminellement responsable un père qui a tué ses 2 enfants. La procureure Natalie Walker rappelle aux jurés qu'en Nouvelle-Zélande, chacun est présumé sain d'esprit jusqu'à preuve du contraire. Ce que Yuna et Minu ont vécu ce jour-là dans la maison, personne ne peut le dire avec certitude, parce qu'après 4 ans dans les valises, le médecin légiste ne sait pas si le médicament les a tués, ou s'il les a seulement endormis avant qu'on les tue autrement. Les analyses parlent d'un homicide "par un moyen non précisé, associé à un antidépresseur", et pour l'accusation, les 2 enfants ont peut-être été étouffés.
Pour la psychiatre de la défense, la docteure Yvette Kelly, Hakyung Lee souffrait d'une dépression majeure, avec des idées délirantes, au point qu'elle se croyait responsable de la mort de son père, de celle de son mari, et de la fente palatine de son fils, et elle pensait que sans parents, ses enfants auraient un sort "pire que la mort". Le psychiatre de l'accusation, le docteur Erik Monasterio, reconnaît un deuil complexe et prolongé, mais il ne relève aucune psychose, et pour lui, tout ce qu'elle a organisé après la mort des enfants montre qu'elle était capable de tâches complexes.
Natalie Walker reprend ensuite devant Yvette Kelly la chronologie du 27 juin, la PlayStation à 12h07, l'enveloppe à 12h07, les sacs à 12h45. La psychiatre admet qu'elle ne connaissait pas l'heure de la PlayStation, puis elle accepte que l'accusée pensait déjà à changer de nom avant la mort des enfants, et qu'une telle préméditation serait "certainement accablante".
Yuna et Minu Jo, 8 et 6 ans
Le 23 septembre 2025, après un peu moins de 3h30 de délibéré, les 6 hommes et les 6 femmes du jury rejettent la thèse de la folie, et Hakyung Lee est reconnue coupable des meurtres de Yuna et de Minu.
Le 26 novembre, dans le box des accusés, Hakyung Lee garde la tête baissée pendant qu'une avocate de l'accusation lit en coréen puis en anglais la déclaration de Choon Ja Lee, qui parle d'une douleur qui "lui traverse les os", de sa honte d'être devenue "la mère d'une meurtrière", et de son regret de ne pas avoir emmené sa fille chez le psychologue qu'une amie lui avait conseillé. Le frère d'Ian, Jimmy, écrit que son frère lui avait demandé de protéger les enfants, et que de sa peine à lui, il ne pourra jamais sortir. Le juge Geoffrey Venning condamne Hakyung Lee à la prison à vie, avec une période de sûreté de 17 ans, et il ordonne qu'elle soit d'abord soignée comme patiente spéciale, en milieu psychiatrique. Selon un rapport psychiatrique actualisé cité par le juge, elle souffrait probablement à l'époque d'une dépression atypique et d'une réaction de deuil prolongé, mais pour lui, elle a tué ses enfants "de façon délibérée et calculée".
Hakyung Lee fait appel de sa peine, et en septembre 2026, les 3 juges de la Cour d'appel lui donnent en partie raison. Elle reste condamnée à perpétuité, mais elle pourra demander à sortir au bout de 10 ans, et non plus de 17, parce que les juges comparent sa peine à celle de Lauren Dickason, une mère qui a tué ses 3 filles à Timaru en 2021, et que l'écart leur paraît trop grand. Pour eux, la maladie mentale de Hakyung Lee a été le facteur "dominant", et sans elle, les enfants seraient vivants.
Yuna avait 8 ans, et Minu en avait 6. Quand on l'a sorti de sa valise, il portait encore son slip du mercredi.
L'affaire Yuna et Minu Jo en vidéo ⬇️



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Sources :
RNZ, la Cour d'appel réduit la période de sûreté de 17 à 10 ans, 3 septembre 2026 : https://www.rnz.co.nz/news/crime-and-justice/1245767/hakyung-lee-who-killed-her-children-has-non-parole-period-cut-from-17-to-10-years
ABC News, la condamnation à la prison à vie et les déclarations des familles, 26 novembre 2025 : https://www.abc.net.au/news/2025-11-26/mother-sentenced-life-in-prison-new-zealand-suitcase-murders/106053690
NZ Herald, le verdict et la chronologie de juin 2018 présentée au procès, 23 septembre 2025 : https://www.nzherald.co.nz/nz/crime/suitcase-murder-trial-auckland-mum-hakyung-lee-guilty-of-killing-children/PPMC662CXVCJPGZINHQQZ4BNVU/
ABC News, les plaidoiries et les derniers jours des enfants, 22 septembre 2025 : https://www.abc.net.au/news/2025-09-22/hakyung-lee-trial-week-three/105801212
1News, les témoignages qui ont fait pleurer les jurés, 23 septembre 2025 : https://www.1news.co.nz/2025/09/23/suitcase-killings-the-desperately-sad-evidence-that-brought-the-jury-to-tears/
ABC News, la première semaine du procès, 12 septembre 2025 : https://www.abc.net.au/news/2025-09-12/week-one-trial-hakyung-lee-case/105757948
Wikipédia (en anglais), meurtres de Yuna et Minu Jo : https://en.wikipedia.org/wiki/Murders_of_Yuna_and_Minu_Jo
