Affaire Shari Smith : forcée d'écrire son propre testament


Le lundi 3 juin 1985, près de Columbia, en Caroline du Sud, le téléphone sonne enfin chez les Smith, 3 jours après la disparition de leur fille Shari, 17 ans, dont la voiture est restée devant la boîte aux lettres, le moteur allumé et la portière ouverte. Au bout du fil, un homme dit que c'est lui qui l'a enlevée, et au lieu de réclamer une rançon, il décrit les vêtements qu'elle porte, puis il annonce une lettre d'elle dans le courrier du lendemain. Les enquêteurs interceptent l'enveloppe avant que le facteur la dépose, et à l'intérieur, il y a 2 pages écrites à la main par Shari. Cette lettre, elle l'a intitulée "Dernières volontés et testament".
Une portière restée ouverte
Depuis le bureau qu'il a installé à la maison, Bob regarde de nouveau par la fenêtre. La voiture est toujours là, tout au bout de l'allée de 230 mètres qui mène chez eux, la portière du conducteur est ouverte, et Shari n'est nulle part. Il descend l'allée bordée d'arbres jusqu'à la route. Le moteur tourne encore, et à l'intérieur, il y a son sac à main et ses affaires. Au début, Bob pense que Shari a simplement traversé la route pour aller dans les bois. Ça peut paraître étrange, mais Shari a une forme rare de diabète, qui l'oblige à boire de grandes quantités d'eau, et il lui arrive de devoir trouver un coin à l'abri très vite. Bob a beau chercher, il ne la trouve pas, et il commence à trembler.
42 minutes plus tard, des policiers sont assis dans le salon des Smith. Une adolescente de 17 ans qui disparaît à quelques jours de la fin du lycée, pour eux, c'est souvent une fugue, et au fond, c'est assez logique, ça arrive tout le temps. Pourtant, Shari ne s'éloigne jamais longtemps sans son traitement, et son sac est resté dans la voiture. Sa mère, Hilda, balaie l'idée de la fugue tout de suite. "Je suis sa maman. Je connais mon enfant !" La fête de fin d'études qui se préparait devient une battue, avec des centaines de bénévoles, la police locale, la police de l'État, puis le FBI. Une voiture vide, avec les affaires de la jeune femme encore à l'intérieur, c'est aussi ce que retrouvera une famille de Pennsylvanie, des années plus tard, sur le parking d'un magasin, dans l'affaire Jessica Padgett.
Mais quelque part, un homme sait déjà exactement ce que Shari porte ce jour-là.
Shari Smith, la plus drôle de sa promo
Sur la photo de fin d'année que son père garde précieusement, Shari a les yeux qui rient et un grand sourire. Au lycée, ses camarades l'ont élue la plus drôle de la classe, et aussi la plus talentueuse, parce que Shari chante, et pour son père, elle a "une voix magnifique", si bien qu'elle rêve d'en faire son métier. À la maison, c'est la plus câline, et c'est justement parce qu'elle n'est pas venue le serrer dans ses bras ce vendredi-là que Bob s'est inquiété aussi vite.
Les Smith ont 3 enfants, Dawn, l'aînée, Shari, et leur fils, Robert. Bob et Hilda se sont installés à la campagne, en dehors de Columbia, pour élever leurs enfants au grand air et en sécurité, et la foi tient une place immense dans leur vie. Le jour où Shari disparaît, ils s'accrochent d'ailleurs tout de suite à un verset de la Bible, celui de l'épître aux Romains qui dit que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu.
Ce dernier vendredi de mai, la plupart des amis de Shari font leurs valises pour le voyage de fin d'études. Chez les Smith, le week-end passe sans la moindre nouvelle, et Bob et Hilda restent près du téléphone, jusqu'au lundi 3 juin, où il sonne enfin.
Un appel sans rançon
Au bout du fil, un homme dit que c'est lui qui a enlevé Shari. D'habitude, quand on enlève l'enfant d'une famille aisée, c'est pour réclamer une rançon, alors c'est ce que tout le monde attend. Sauf que lui ne demande rien. Pour prouver qu'il dit vrai, il décrit froidement les vêtements que porte Shari, avec des détails que seuls elle et son ravisseur peuvent connaître, puis il annonce aux Smith qu'ils vont recevoir une lettre de leur fille, dans le courrier du lendemain.
Le premier appel n'est pas enregistré, donc la famille note tout ce qu'il dit. Le même jour, le shérif adjoint du comté de Lexington demande l'aide du FBI, et à partir de là, la maison ne leur appartient plus. Des policiers et des agents fédéraux s'installent dans le salon et dans le jardin, ils coordonnent les recherches, ils mettent le téléphone sur écoute, et quand Hilda va faire les courses ou que Robert va au basket, un agent les accompagne. "Pour la première fois de ma vie de père, de protecteur de ma famille, je n'étais plus maître chez moi", dit Bob.
D'habitude, dans ce genre d'histoire, le téléphone sert à appeler au secours, comme le fera, des années plus tard dans l'Ohio, une femme attachée qui chuchote pendant 17 minutes au 911, dans l'affaire Shawn Grate. Chez les Smith, c'est le contraire, parce que c'est le ravisseur lui-même qui compose le numéro, encore et encore. Le lendemain, comme il l'a annoncé, il y a bien dans le courrier une enveloppe adressée aux Smith.
Une lettre intitulée testament
Les enquêteurs n'attendent pas que le facteur la dépose. Ils interceptent l'enveloppe dans le courrier, et à l'intérieur, il y a 2 pages écrites à la main par Shari. La lettre s'intitule "Dernières volontés et testament".
Shari s'adresse à toute sa famille, et elle les rassure. "Je serai avec mon Père maintenant", écrit-elle, avec une majuscule, parce qu'elle parle de Dieu. "S'il vous plaît, ne devenez pas durs, ne vous mettez pas en colère. Tout concourt au bien de ceux qui aiment le Seigneur." C'est le verset que ses parents se répètent depuis le vendredi, et leur fille, de là où elle est, l'a choisi elle aussi. Elle leur demande encore de ne jamais laisser ce qui lui arrive gâcher leur vie, et d'après la presse locale de l'époque, elle demande aussi que son cercueil soit fermé.
En lisant ces mots, on comprend qu'au moment de les écrire, Shari sait qu'elle va mourir, et que malgré ça, elle pense d'abord à consoler les siens. Pour ses parents, c'est insupportable, parce que cette lettre est à la fois la preuve qu'elle était vivante quand elle l'a écrite, et la preuve que l'homme qui la retient ne compte pas la laisser partir.
Les enquêteurs envoient la feuille au laboratoire, parce que sous les mots de Shari, il y a autre chose, que personne ne voit à l'œil nu.
"Nos âmes ne font plus qu'une"
Pendant ce temps, l'homme continue d'appeler. Sa voix a l'air déformée, sans doute par un appareil électronique, et à partir de maintenant, les appels sont repérés et enregistrés. Il raconte à quelle heure et comment il a enlevé Shari, il dit qu'elle a "la crainte de Dieu en elle", et un jour, il prononce une phrase qui glace la famille. "Shari fait maintenant partie de moi. Physiquement, mentalement, émotionnellement, spirituellement, nos âmes ne font plus qu'une."
Pour essayer de savoir à qui ils ont affaire, les enquêteurs font venir un profileur du FBI, John Douglas. L'homme qu'il imagine a la trentaine, peut-être un peu moins, il est blanc, plutôt en surpoids, il vit seul, et il est intelligent. Comme il déforme sa voix, il doit s'y connaître en électronique, et pour John Douglas, un homme comme lui a sans doute déjà agressé des femmes, ou essayé d'en enlever une. Pour John Douglas, il suit une sorte de script, pour garder la famille le plus longtemps possible au téléphone, parce qu'il veut avoir l'air plus malin que tout le monde. Le mercredi 5 juin, il rappelle, et cette fois, il commence par 2 mots. "Écoutez bien."
Derrière un bâtiment blanc
Ce qu'il dicte ensuite, c'est un itinéraire, aussi précis qu'un plan. Il faut prendre la route 378 vers l'ouest jusqu'au rond-point, puis la sortie Prosperity, rouler environ 2,4 kilomètres, tourner à droite au panneau du Moose Lodge numéro 103, faire encore 400 mètres, puis tourner à gauche au bâtiment blanc et aller dans le jardin, derrière. "6 pieds plus loin, nous attendons. Dieu nous a choisis."
Les policiers suivent ses indications jusqu'au comté de Saluda, le comté voisin, à environ 26 kilomètres de chez les Smith. Derrière le bâtiment, exactement là où il l'a dit, il y a le corps de Shari.
Avec la chaleur du début de l'été, le corps est déjà trop abîmé pour que le médecin légiste puisse dire comment elle est morte, ni si elle a subi des violences sexuelles. Il pense qu'elle a été étouffée, ou qu'elle est morte de déshydratation, à cause de sa maladie, et pour John Douglas, Shari a probablement été tuée environ 12 heures après son enlèvement. Pendant que des centaines de personnes la cherchaient, pendant que ses parents attendaient près du téléphone, et pendant que la lettre voyageait dans le courrier, Shari était donc sans doute déjà morte.
Bob et Hilda ont du mal à croire encore que tout concourt au bien. Pour l'homme au téléphone, rien n'est terminé, et maintenant, c'est à Dawn qu'il veut parler.
Une sœur au bout du fil
Dawn est la grande sœur de Shari, et elle lui ressemble beaucoup. Pendant les 3 semaines qui suivent, l'homme appelle et demande à lui parler. Il lui explique qu'il a donné à Shari le choix entre 3 façons de mourir, une balle, une surdose de drogue ou l'étouffement, et que d'après lui, elle a choisi l'étouffement. Il l'a attachée au montant d'un lit avec un fil électrique, et il lui a entouré la tête de ruban adhésif jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus respirer. Il décrit aussi les actes sexuels qu'il lui a imposés, puis il insiste pour que Dawn transmette tout ça au coroner, pour qu'il sache exactement comment Shari est morte, et dans un autre appel, il discute même avec elle de l'organisation des obsèques.
N'importe qui raccrocherait. Sauf que John Douglas pense que l'homme pourrait bien viser Dawn, justement parce qu'elle ressemble à sa sœur, et il lui demande de rester en ligne le plus longtemps possible, pour gagner du temps. Dawn accepte tout de suite. "Je ferai tout pour aider à attraper l'assassin de ma sœur."
À un moment, l'homme cesse d'appeler. Pour le pousser à se manifester, la police fait connaître une cérémonie en mémoire de Shari, sur sa tombe, et peu après, au téléphone, l'homme menace Dawn. "Dieu veut que tu rejoignes Shari Faye." Le vendredi 14 juin, 2 semaines jour pour jour après Shari, à 16h, c'est de l'autre côté de Columbia qu'il réapparaît.
Une petite fille sous la fenêtre
Dans le comté de Richland, les Helmick louent un mobile home dans le parc de Shiloh. Debra May, une petite fille blonde de 9 ans et demi, y vit avec ses parents et son petit frère de 3 ans, et cet après-midi-là, Debra et son frère jouent dans le jardin, juste sous la fenêtre de devant du mobile home.
Depuis la fenêtre de son propre mobile home, un voisin voit une voiture argentée entrer à toute vitesse dans le parc. Elle passe devant chez les Helmick, puis devant chez lui, fait demi-tour, et s'arrête tout près des enfants. Un homme en descend, avec ce qui ressemble à un sac blanc à la main. Il marche vers eux, il attrape Debra par la taille, et il repart en courant vers sa voiture.
Debra hurle, elle donne des coups de pied, et quand il la jette à l'intérieur, elle continue de se débattre, au point qu'elle frappe le plafond de la voiture avec ses pieds. Le voisin sort en courant pour arrêter la voiture. L'homme accélère et quitte le parc, et le voisin court prévenir le père de Debra. Il est arrivé à une douzaine de mètres de la voiture, assez près pour voir que c'est une plaque de Caroline du Sud, mais pas assez pour la lire en entier, si bien qu'il n'en a lu qu'une seule chose, la première lettre, un D.
Debra May, 8 jours d'attente
Il y a maintenant 2 jeunes filles blondes enlevées en plein jour, un vendredi en fin d'après-midi, devant chez elles, et à la police, personne n'a besoin qu'on fasse le lien. Les enquêteurs attendent l'appel, et pendant 8 jours, les Helmick vivent ce que les Smith ont vécu.
8 jours après l'enlèvement, c'est chez les Smith que le téléphone sonne, et comme la première fois, l'homme commence par "Écoutez bien". Il faut prendre la route 1 vers l'ouest, tourner à gauche à Peach Festival Road, rouler un peu plus de 5 kilomètres à travers Gilbert, puis prendre le dernier chemin de terre avant le panneau stop de Two Notch Road, passer la chaîne et le panneau "propriété privée", puis faire une cinquantaine de mètres, et encore une dizaine sur la gauche. "Debra Mae attend. Que Dieu nous pardonne à tous."
Le 22 juin, les policiers retrouvent son corps à l'endroit indiqué, dans le comté de Lexington. Debra porte encore son débardeur, son short et sa culotte en coton, mais par-dessus, il y a une culotte de bikini en soie, une taille adulte. Le corps est trop décomposé pour savoir ce qu'elle a subi. Dans ses cheveux, il reste des traces de colle, compatibles avec celle d'un ruban adhésif.
Comme Shari, Debra a sans doute été étouffée, et l'homme qui a fait ça est toujours dehors, avec une voiture argentée dont la plaque commence par un D.
Des chiffres en creux sur une feuille
Pendant tout ce temps, au laboratoire, la feuille de Shari a parlé. Quand on écrit sur un bloc-notes, la pression du stylo laisse des marques en creux sur la page du dessous, et ces marques ne se voient pas à l'œil nu. Des scientifiques du FBI passent la lettre dans un appareil électrostatique, qui fait ressortir ce qui a été écrit sur la feuille du dessus, et sous les mots de Shari, il y a un numéro de téléphone, presque complet.
Il en manque une partie, alors les enquêteurs le complètent. C'est un numéro de l'Alabama, et pourtant, en remontant sa piste, ils arrivent jusqu'à une maison de Caroline du Sud, à environ 24 kilomètres de chez les Smith. Elle appartient à un couple, Ellis et Sharon Sheppard, qui n'ont rien à voir avec les enlèvements, puisqu'à ce moment-là, ils étaient en vacances. Pendant leur absence, quelqu'un gardait leur maison.
En même temps, un appel anonyme oriente les enquêteurs vers le même homme. Le shérif adjoint montre aux Sheppard la description du suspect, et il leur fait écouter les enregistrements. Les Sheppard reconnaissent la voix, et ils se souviennent d'un détail. Depuis leur retour de vacances, l'homme qui gardait la maison a l'air nerveux, il a perdu du poids, et il ne se rase plus.
Ellis et Sharon se regardent, et ils prononcent le même nom, presque en même temps.
Une deuxième plaque dans le coffre
"C'est Larry Gene Bell." Il est assistant électricien, et c'est lui qui gardait la maison des Sheppard pendant leurs vacances. Le jeudi 27 juin 1985, les policiers l'arrêtent à un barrage, au volant d'une Buick Riviera grise de 1978. La plaque fixée sur la voiture ne commence pas par un D. Sauf que dans le coffre, il y a une deuxième plaque, et sur la carte grise de la voiture, c'est celle-là qui est enregistrée, DCE 604.
Dans sa chambre, les enquêteurs trouvent un sac rempli de culottes de femme en soie, du même genre que celle qu'on a retrouvée sur le corps de Debra, et chez ses parents, d'autres éléments le relient à Shari. Le voisin des Helmick le reconnaît comme l'homme qui a emporté la fillette, et une femme le reconnaît comme celui qu'elle a vu près de chez les Smith au moment de l'enlèvement. Quand les enquêteurs ouvrent son passé, ils y trouvent exactement ce qu'avait imaginé John Douglas, parce qu'en 1975, Larry Gene Bell a déjà essayé d'enlever une jeune femme en la menaçant d'une arme, qu'en 1976, il a reconnu devant un juge des coups et blessures aggravés, et qu'en Caroline du Nord, il a aussi menacé une jeune fille.
Face aux enquêteurs, il ne reconnaît rien. John Douglas lui demande seulement à quel moment il a commencé à se sentir mal, et Bell répond que c'est quand il a vu le cimetière. Ensuite, il dit une phrase, la seule qui ressemble à un aveu. "Tout ce que je sais, c'est que le bon Larry Gene Bell n'aurait pas pu faire ça, mais que le mauvais Larry Gene Bell, lui, aurait pu."
Les policiers font venir Hilda et Dawn au centre de détention, face à lui, et ce jour-là, Hilda lui pardonne, en le regardant dans les yeux.
Un procès à 160 kilomètres de chez eux
À Columbia, tout le monde connaît l'affaire, alors le procès pour le meurtre de Shari est déplacé à Moncks Corner, dans le comté de Berkeley, à 160 kilomètres de là. En 1986, Bob et Hilda passent 2 semaines dans une chambre de motel, loin de leurs amis. À la barre, le juge et l'avocat de la défense coupent souvent Bob au milieu de ses réponses, et lui qui vient de perdre sa fille a l'impression que c'est lui qu'on juge.
La défense ne conteste presque plus l'enlèvement. Elle demande que Bell soit déclaré coupable mais atteint de troubles mentaux, alors que pour l'accusation, il simule. Bell témoigne pendant des heures, au point que sa déposition remplit environ 500 pages, et ses réponses partent dans tous les sens. Il se dispute avec le procureur, il se lève 2 fois pendant la plaidoirie de son propre avocat pour protester contre une audience le jour du sabbat, et le juge finit par le faire sortir de la salle. Pendant son témoignage, il demande même Dawn en mariage. Pourtant, il explique lui-même que simuler la maladie mentale est une pratique qu'il connaît, et que manipuler les médecins "peut sauver quelqu'un de la chaise électrique". Dawn, elle, raconte qu'elle ne sort plus jamais seule de chez elle.
Larry Gene Bell est reconnu coupable de l'enlèvement et du meurtre de Shari, et il est condamné à mort. En mars 1987, dans le comté de Pickens, un second jury le condamne à mort pour l'enlèvement et le meurtre de Debra. À la sortie du premier procès, Hilda pleure dans la voiture de police. On lui dit que c'est fini, mais Shari, elle, ne revient pas.
Des bougies devant la prison
Les recours durent 11 ans. Bell choisit la chaise électrique plutôt que l'injection, parce qu'il veut, dit-il, "être plus vite avec ses victimes". Le vendredi 4 octobre 1996, à 1h12 du matin, il est déclaré mort. Dans la salle, il y a l'oncle de Shari, Rick Cartrette, et le père de Debra, Donnie Helmick. "Notre famille lui a pardonné", dit l'oncle de Shari.
Bob et Hilda sont restés chez eux, devant la télévision, et ils prient pour lui. Bob a même de la peine pour ses parents, parce que c'était leur enfant. Pour eux, cette exécution ne referme rien, puisqu'elle ne ramène pas Shari. Ce qui les touche, ce soir-là, ce sont les images des amis de leur fille, rassemblés devant les grilles de la prison avec des bougies allumées, simplement pour se souvenir d'elle. "On veut juste qu'on se souvienne de Shari", dit Hilda.
Environ un an après la mort de sa sœur, Dawn devient Miss Caroline du Sud, et elle termine deuxième au concours de Miss America. Des années plus tard, elle parcourt les États-Unis pour parler aux familles frappées par un drame. Pendant tout ce temps, une autre famille attend une réponse, celle de Sandee Cornett, une jeune femme de 26 ans de Caroline du Nord, disparue en novembre 1984, 6 mois avant Shari. En février 2025, presque 30 ans après l'exécution, la police de Charlotte annonce enfin qu'elle considère Larry Gene Bell comme l'homme qui l'a enlevée et tuée, et qu'il aurait été poursuivi s'il était encore en vie. Sandee, elle, n'a jamais été retrouvée.
Shari avait 17 ans. Le jour où elle a disparu, sa voiture est restée devant la boîte aux lettres, le moteur allumé.
L'affaire Shari Smith en vidéo ⬇️

À lire aussi :
Sources :
Cour suprême de Caroline du Sud, State v. Bell (meurtre de Shari Smith), 24 août 1987 : https://www.courtlistener.com/opinion/1323313/state-v-bell/
Cour suprême de Caroline du Sud, State v. Bell (meurtre de Debra Mae Helmick), 26 février 1990 : https://www.courtlistener.com/opinion/1242897/state-v-bell/
Cour d'appel fédérale du 4e circuit, Bell v. Evatt, 18 décembre 1995 : https://www.courtlistener.com/opinion/710054/larry-gene-bell-v-parker-evatt-commissioner-south-carolina-department-of/
UPI, l'exécution du meurtrier de Shari Smith et de Debra Helmick, 4 octobre 1996 : https://www.upi.com/Archives/1996/10/04/Man-who-killed-two-executed/1199844401600/
Prison Fellowship, le témoignage de Bob et Hilda Smith, 2006 : https://web.archive.org/web/20070927062127/http://www.prisonfellowship.org/article.asp?ID=224
Fox News, John Douglas revient sur l'affaire, 27 février 2022 : https://www.foxnews.com/entertainment/mindhunter-netflix-john-douglas-larry-gene-bell-book
A&E, le profileur John Douglas et l'affaire Shari Smith, 26 janvier 2022 : https://www.aetv.com/articles/john-douglas-shari-smith
