Affaire Marion Ketter : ses mains dans une casserole
Le 2 juillet 1976, à Duisbourg, en Allemagne de l'Ouest, Marion Ketter, une petite fille blonde de 4 ans, descend retrouver ses copines sur l'aire de jeux du quartier de Laar, et elle ne remonte jamais chez ses parents. Pendant que des chiens et des hélicoptères la cherchent, 2 policiers font du porte-à-porte dans l'immeuble voisin, et un habitant leur parle d'un problème bien plus banal, des toilettes du palier bouchées depuis plusieurs jours. D'après le voisin qui vit sous les toits, ce sont les abats d'un lapin qu'il a abattu qui ont bouché les canalisations. Les policiers font quand même venir un plombier, et quand il ouvre les tuyaux, il en sort des entrailles qui n'ont rien de celles d'un lapin.
Marion Ketter, 4 ans, partie jouer
Marion grandit dans la Friesenstraße, une rue d'immeubles du quartier de Laar, où vivent ses parents, un couple de Duisbourg. Sur sa courte vie, la presse de l'époque a rapporté très peu de choses, si bien que de Marion, on connaît surtout cet après-midi du 2 juillet, quand elle fait ce que font tous les enfants de son âge quand il fait beau.
Laar est un quartier du nord de Duisbourg, au bord du Rhin, dans l'ouest de l'Allemagne, et ici, on vit au rythme de l'industrie, puisque juste à côté, dans le quartier de Bruckhausen, se dressent les hauts fourneaux de la Thyssen-Hütte. Cet été-là, le pays tout entier étouffe.
Sur l'aire de jeux, près de chez elle, on voit encore Marion jouer avec ses copines. Peu de temps après, elle n'est plus là.
Des toilettes bouchées
Quand une enfant de 4 ans s'éloigne d'une aire de jeux, en général, on la retrouve vite, chez une copine, dans une cage d'escalier ou au coin de la rue. Sauf que les heures passent, et les parents de Marion et leurs connaissances fouillent le quartier sans la trouver. Ils finissent par signaler sa disparition à la police, et les recherches prennent une autre ampleur. Des policiers fouillent les environs avec des chiens, des hélicoptères survolent Laar, et personne ne retrouve la petite fille blonde. Les policiers font donc ce qu'on fait toujours dans ce cas-là, ils interrogent tout le voisinage, porte après porte, en demandant si quelqu'un a vu Marion.
Dans l'immeuble voisin de celui des parents de Marion, 2 policiers tombent sur un habitant qui a un problème bien plus banal. Depuis plusieurs jours, l'un des cabinets de l'étage, ces toilettes communes qu'on trouve sur le palier dans beaucoup d'immeubles anciens, est bouché. Le voisin qui habite sous les toits lui a demandé de ne plus s'en servir pour le moment, et il lui a donné une explication. "J'ai abattu un lapin, et j'ai dû boucher les toilettes avec les abats, sans faire exprès."
Abattre un lapin chez soi, ça peut surprendre, mais ça n'a rien d'un crime. Sauf qu'une petite fille a disparu à quelques mètres de là, alors les policiers appellent un plombier. Quand il ouvre les canalisations, il en sort des entrailles, et ce ne sont pas celles d'un lapin.
Ce sont des organes humains, et ils sont tout petits.
Le voisin du dernier étage
L'homme qui vit sous les toits de cet immeuble s'appelle Joachim Kroll. Il a 43 ans, il vit seul, et quand les policiers lui parlent de ce qu'on vient de trouver dans les toilettes, il ne s'enfuit pas. Il les invite à entrer chez lui, et il leur propose même d'aller voir dans son congélateur.
Dans le congélateur, il y a des morceaux de chair humaine, rangés dans des sacs en plastique. Sur la cuisinière, il y a une casserole, et dans cette casserole, dans de l'eau salée avec des légumes, cuisent des morceaux du corps de Marion.
Parmi eux, il y a ses mains.
Le commissaire de permanence arrête aussitôt Joachim Kroll pour meurtre. Pendant ce temps, la nouvelle fait très vite le tour de la Friesenstraße, et une foule se rassemble devant l'immeuble. Tout le monde est sous le choc, les femmes sont terrifiées, et parmi les hommes, certains parlent ouvertement de faire justice eux-mêmes.
Ce qu'il voulait savoir
Le 4 juillet 1976, dans les locaux de la police de Duisbourg, Joachim Kroll raconte à 2 enquêteurs comment Marion est morte. Il l'a attirée dans sa mansarde, il a voulu l'agresser sexuellement, et comme elle criait et se débattait, il l'a étranglée.
Ensuite, il explique ce qu'il a cherché en découpant la petite fille. Il voulait "savoir à quoi ressemble un être humain de l'intérieur, et quel goût il a".
Des policiers qui découvrent qu'un homme a cuisiné une partie du corps de sa victime, ça paraît impossible, et pourtant, en Suède, le procureur de l'affaire du cannibale de Skara a décrit lui aussi ce genre de scène. À Duisbourg, en 1976, personne n'a encore jamais vu ça.
Un homme qui danse avec des poupées
Pour la police et le parquet, c'est un cas de cannibalisme comme il en existe très peu dans l'histoire criminelle allemande. Quelques jours plus tard, Marion est enterrée, des centaines de personnes l'accompagnent jusqu'à sa tombe, et c'est le pasteur de Laar, Dietrich Kohr, qui prononce les derniers mots. Pendant ce temps, les enquêteurs remontent la vie de l'homme du dernier étage.
Joachim Kroll a grandi loin de la Ruhr, à Hindenburg, en Haute-Silésie, une ville qui était allemande quand il y est né, au printemps 1933, et qui s'appelle aujourd'hui Zabrze, en Pologne. Son père est mineur, il a 8 frères et sœurs, et à l'école, il ne va que 5 ans, quand il y va, si bien que toute sa vie, il saura à peine lire et écrire. Ensuite, il est placé comme valet dans des fermes, et d'après ce qu'il dira aux enquêteurs, c'est là, quand un boucher lui apprend à tuer les vaches et les cochons, qu'il ressent ses premières excitations sexuelles, et qu'il s'en prend aussi aux animaux, dans les étables des paysans. Après la guerre, sa famille fait partie des réfugiés venus de l'Est, et elle s'installe en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. En 1955, Joachim vit chez son père à Bottrop, dans la Ruhr.
Au début des années 1960, il s'installe à Duisbourg, dans un foyer pour hommes célibataires, à Huckingen, et il nettoie les toilettes de l'entreprise Mannesmann. Un ancien voisin, Erich, se souvient qu'il collectionnait les poupées gonflables, et qu'il lui arrivait d'habiller des poupées grandeur nature comme des jeunes filles, puis de danser avec elles dans le couloir. Le gérant, lui, a remarqué que dans sa chambre, il y avait 4 télévisions, 3 magnétophones et 3 radios, et que souvent, plusieurs appareils marchaient en même temps. Pour les autres pensionnaires, c'est un homme qui ne boit jamais de bière et qui n'a pas grand-chose dans la tête, et au foyer, on finit par le mettre à la porte sans préavis, parce qu'il laisse sa chambre à l'abandon.
Il emménage donc à Laar, et il trouve une place à la Thyssen-Hütte, où il s'occupe d'une "Waschkaue", la grande salle où les ouvriers se changent et se lavent après leur poste. Ses collègues le trouvent effacé et un peu bizarre. Bernd Jägers, le policier qui l'interroge pendant des mois, le décrit comme un petit homme d'à peine plus de 1,60 m, chétif, mais incroyablement fort, et surtout renfermé et méfiant. Après son arrestation, un test lui donne un quotient intellectuel de 76, que les experts situent à la limite de la déficience. Pourtant, jusqu'à ce mois de juillet 1976, ce petit homme effacé n'a jamais eu affaire à la police.
Des galettes de pommes de terre
Pendant les 2 premières semaines, Joachim Kroll passe jusqu'à 9 heures par jour sur une chaise en bois, dans la salle d'interrogatoire du commissariat central de Duisbourg, avec ses pauses quand il le veut, assure le procureur. Au départ, il parle peu et il se ferme, et l'équipe chargée de l'interroger comprend vite que la manière forte ne mènera nulle part.
À la tête de cette équipe, il y a Bernd Jägers, un jeune policier de la police criminelle de Duisbourg, et il choisit une autre méthode. Il sait que Joachim adore réparer les mobylettes, alors il lui en parle, et Joachim s'aperçoit d'un coup que quelqu'un s'intéresse à lui. Le policier lui apporte des galettes de pommes de terre, son plat préféré, ou une part de gâteau, et au bout d'un moment, les 2 hommes se tutoient. "Nous sommes devenus ses personnes de référence, celles en qui il avait confiance", raconte Bernd Jägers. En cellule, à sa demande, les gardiens jouent aux cartes avec lui.
Quand la presse populaire l'apprend, elle le reproche durement aux policiers. Sauf que pour Bernd Jägers, c'est justement ce qui fait parler Joachim, parce qu'il l'a toujours traité "comme un être humain, pas comme un monstre". Joachim, lui, ne mesure pas du tout ce qui l'attend. En détention provisoire, il est persuadé qu'on va bientôt le laisser rentrer chez lui, une fois qu'on lui aura fait une opération qui le rendra inoffensif pour les femmes.
En à peine 2 semaines, Joachim Kroll avoue 7 meurtres. "Nous avons tout de suite été sûrs que ce n'était certainement pas son seul crime", se souvient Bernd Jägers.
Une reconstitution dans l'herbe haute
Le vendredi 16 juillet 1976, dans l'après-midi, une Ford Granada couleur crème s'arrête au bord des prairies du Rhin, à Rheinhausen, à 200 mètres du pont. À l'arrière, il y a Joachim Kroll, en chemise jaune, et 2 jeunes policiers le font descendre dans l'herbe haute, où une jeune commissaire stagiaire de 22 ans l'attend. Jusque-là, au sein de la commission spéciale Kroll, son travail consistait à classer les dossiers dans l'ordre chronologique, et ce jour-là, elle doit jouer le rôle d'une victime.
Cette victime s'appelle Klara Frieda Tesmer, une jeune femme blonde de 24 ans qui travaillait comme aide ménagère. Selon ses aveux, un soir de l'été 1959, après une tournée des bars dans la vieille ville de Duisbourg, Joachim Kroll l'a raccompagnée de l'autre côté du Rhin, et dans ces prés, comme elle repoussait ses avances, il l'a frappée à coups de poing, puis il l'a étranglée pendant qu'elle se débattait.
Devant les policiers, il refait les gestes, la main droite sur l'épaule droite de la jeune commissaire, la gauche sur son bras, et elle tombe dans l'herbe, avant que ses collègues ne les séparent. Tout autour, cachés dans les arbres et derrière les buissons, une trentaine de journalistes regardent la scène, parce que cette reconstitution-là est aussi organisée pour la presse, et elle est loin d'être la dernière.
Des dossiers sans coupable depuis 1955
Pendant 3 mois, Bernd Jägers et ses collègues emmènent Joachim Kroll sur plus de 100 lieux de crimes non élucidés, dans toute la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, parce qu'au commissariat, Joachim ne se souvient d'aucun nom de ville. "Mais une fois sur place, il pouvait tout de suite dire s'il était déjà venu, où exactement et comment il avait tué", explique Bernd Jägers. Pour les lieux de ses crimes, il a une mémoire presque photographique, et il donne des détails que seul le tueur peut connaître, alors pour les enquêteurs, ce ne sont pas de faux aveux.
Petit à petit, en rouvrant tous les vieux dossiers, les enquêteurs reconstituent une série qui commence 21 ans plus tôt. Selon la liste établie après ses aveux, la première victime s'appelle Irmgard Strehl. Elle a 19 ans, et en février 1955, son corps est retrouvé dans une grange, dans l'ancien arrondissement de Lüdinghausen. Joachim Kroll a 21 ans, et il vit encore chez son père, à Bottrop.
Un an plus tard, en 1956, à Kirchhellen, c'est une fillette de 12 ans, Erika Schuletter, qui est tuée. En 1959, il y a Klara Frieda Tesmer, dans les prés du Rhin, et la même année, dans un parc d'Essen, on retrouve Manuela Knodt, une adolescente de 16 ans. En 1962, 3 petites filles meurent à leur tour, Petra Giese, 13 ans, près de Dinslaken, Monika Tafel, 12 ans, à Walsum, et Barbara Bruder, 12 ans, à Burscheid, dont le corps n'a jamais été retrouvé. D'après ses aveux, Joachim Kroll viole ses victimes après les avoir tuées, et parfois, il découpe leur corps.
À chaque fois, les villes sont différentes, parfois à des dizaines de kilomètres les unes des autres, et à l'époque, rien ne permet aux enquêteurs de relier ces crimes entre eux. À cause d'une erreur judiciaire, un homme innocent passe même 3 ans en prison pour l'un de ces meurtres.
Une Coccinelle garée dans un pré
En août 1965, à Großenbaum, un quartier du sud de Duisbourg, un jeune homme de 25 ans, Hermann Schmitz, et son amie, Rita, sont garés dans un pré, dans une Coccinelle Volkswagen, pour passer un moment tous les 2. Selon ce que Joachim Kroll dira plus tard, il les a repérés, et c'est Rita qu'il veut.
Toujours selon ses aveux, il crève un pneu de la voiture avec son couteau. Hermann sort pour voir ce qui se passe, et l'homme le frappe avec son couteau. Grièvement blessé, Hermann réussit quand même à remonter dans la voiture, et Rita démarre, en klaxonnant et en faisant des appels de phares pour donner l'alerte. L'agresseur s'enfuit, et même si la police est prévenue tout de suite, elle ne retrouve aucune trace de lui. Hermann Schmitz meurt de ses blessures dans les bras de son amie. Sur la liste des victimes attribuées à Joachim Kroll, c'est le seul homme, et le seul meurtre qui n'est pas un crime sexuel.
Sur cette même liste, l'année suivante, en septembre 1966, Ursula Rohling, une jeune femme de 20 ans, est étranglée dans un parc de Marl. Le 22 décembre 1966, c'est une petite fille de 5 ans, Ilona Harke, qui est tuée, et des promeneurs retrouvent son corps dans le Feldbachtal, une vallée qui appartient à l'époque à Hückeswagen et qui dépend aujourd'hui de Remscheid. Après sa mort, à Lennep, dans la vitrine du grand magasin Karstadt, c'est une poupée qui porte les vrais vêtements d'Ilona.
Une fillette près du puits de mine
En 1967, pendant la dernière semaine de juin, une fillette de 11 ans, Gabriele, veut aller voir une copine. Elle habite avec ses parents près de la mine Prosper IV, et pour y aller, elle longe le petit ruisseau, près du puits, là où les enfants jouent toujours. À une centaine de mètres de chez elle, un homme l'aborde et lui montre un magazine pornographique. Aux enquêteurs, Joachim Kroll expliquera qu'il voulait exciter l'enfant autant qu'il était lui-même excité.
Des années plus tard, devenue éducatrice de jeunes enfants, Gabriele se souvient encore de tout. "Il parlait tout doucement, et moi, je lui ai dit, laisse-moi tranquille, mes parents te donneront plein d'argent." Mais l'homme se met à l'étrangler. "Il avait les mains si sales, si rugueuses." Gabriele perd connaissance, et si elle survit, c'est parce qu'à ce moment-là, c'est le changement d'équipe à la mine voisine, et que des mineurs approchent. L'homme la lâche et il s'en va, et l'état dans lequel il laisse Gabriele, sa mère, Margarete, ne l'a jamais oublié non plus. "Son cou était couvert de traces de strangulation, son visage était tout vert, elle était complètement bouleversée."
Invisible pendant 21 ans
Gabriele a survécu, mais d'autres n'ont pas eu sa chance. En juillet 1969, c'est une retraitée de 61 ans, Maria Hettgen, qui est tuée. Le 21 mai 1970, Jutta Rahn, une adolescente de 13 ans, est étranglée alors qu'elle rentre à pied de la gare. En 1976, 2 mois seulement avant Marion, c'est Karin Toepfer, 10 ans, qui est tuée à Voerde, au nord de Duisbourg.
Pendant toutes ces années, Joachim Kroll ne fait jamais parler de lui, et comme il n'a jamais été arrêté pour quoi que ce soit, aucun policier n'a de raison de penser à lui. Les victimes de la liste ont entre 4 et 61 ans, et à une exception près, ce sont toutes des femmes ou des filles. La première meurt en 1955 dans l'arrondissement de Lüdinghausen, la dernière en 1976 à Laar, et entre les 2, ces crimes restent invisibles pendant 21 ans, parce qu'à l'époque, l'ADN n'existe pas encore, et que rien ne permet de relier un meurtre à un autre de façon certaine. En Angleterre, il a fallu attendre l'ADN, en 2019, pour qu'on sache enfin que 2 femmes tuées en 1987 l'avaient été par le même homme, dans l'affaire David Fuller. En Allemagne, dans les années 1960, les familles des victimes n'ont même pas cette chance.
Au fil des interrogatoires, Joachim Kroll finit par se souvenir de 14 meurtres, avec plus ou moins de précision, et il dit qu'à un moment, il a arrêté de compter. Les enquêteurs, eux, parviennent à lui en attribuer sûrement 12. "Il nous a dit une fois en 1976 qu'il avait tué 20, peut-être même 30 personnes", raconte Bernd Jägers. "Je le crois encore aujourd'hui."
Une veste beige sur le visage
Le vendredi 5 octobre 1979, à 9 heures, plus de 3 ans après son arrestation, la salle 201 du tribunal de Duisbourg est pleine, et le juge Paul Georg Schimmann s'apprête à ouvrir le procès. Quand les gardiens font entrer Joachim Kroll, il a remonté sa veste beige sur son visage, si bien qu'on ne voit plus que le milieu de son front, et pendant 7 minutes, il reste immobile sur le banc des accusés, sous les flashs des photographes.
Sur les 14 meurtres dont il s'est souvenu, il est jugé pour 8 meurtres et une tentative de meurtre. Le procès est prévu pour durer 5 mois, mais il va durer 2 ans et demi, et ce, en partie parce que ses avocats obtiennent que leur client ne soit pas en état de comparaître plus de 2 heures et demie par jour. Entre-temps, Joachim Kroll revient sur certains de ses aveux, et Bernd Jägers doit venir témoigner à plusieurs reprises devant le tribunal.
Le 8 avril 1982, après 151 jours d'audience, le tribunal rend enfin son verdict. Pour les juges, Joachim Kroll savait ce qu'il faisait, et même s'il est revenu sur une partie de ses aveux, il est reconnu coupable de 8 meurtres et d'une tentative de meurtre. Il est condamné 9 fois à la prison à vie, la peine la plus lourde qui existe en Allemagne de l'Ouest, et on l'emmène à la prison de Rheinbach, près de Bonn. Bernd Jägers, lui, approuve ce verdict. "J'aurais trouvé dommage que Kroll finisse en psychiatrie." Après des mois d'interrogatoires et de galettes de pommes de terre, les 2 hommes ne se reverront jamais.
Des meurtres qui ne seront jamais jugés
Le 1er juillet 1991, à la prison de Rheinbach, Joachim Kroll meurt d'une crise cardiaque, à 58 ans, 9 ans après sa condamnation. Avec sa mort, les meurtres qu'il a avoués sans avoir été jugé pour eux ne le seront jamais, et c'est le cas du meurtre d'Ilona Harke, la petite fille de 5 ans du Feldbachtal, qui reste impuni.
En 2013, Bernd Jägers prend sa retraite, après 44 ans de service, et il est le dernier enquêteur de l'affaire encore en activité. Pour lui, c'est de loin l'affaire la plus spectaculaire de toute sa carrière. Pourtant, quelques années plus tard, un journaliste de la Ruhr constate que le pays a presque oublié Joachim Kroll, et c'est la presse locale qui, de temps en temps, revient sur les lieux de ses crimes, comme le quotidien de Remscheid l'a fait pour Ilona.
Marion avait 4 ans. Ce 2 juillet 1976, elle était juste descendue jouer avec ses copines.
L'affaire Marion Ketter en vidéo ⬇️



À lire aussi :
➡️ Affaire Sharaban K.
➡️ Affaire des cannibales de Garanhuns
Sources :
WAZ (Westdeutsche Allgemeine Zeitung), Thomas Richter, l'enquêteur Bernd Jägers revient sur l'affaire et le procès, 28 juin 2013 : https://www.waz.de/lokales/duisburg/article401784168/auf-du-und-du-mit-dem-menschenfresser-von-duisburg.html
Westfalenpost, dossier Akte NRW Wahre Verbrechen, le procès de Duisbourg, Martin Spletter : https://app.co-red.de/website/beilagen/Dossier/14/WP/15
Remscheider General-Anzeiger, True Crime Remscheid, le meurtre d'Ilona dans le Feldbachtal : https://www.rga.de/lokales/remscheid/true-crime-remscheid-serienmoerder-joachim-kroll-toetete-ilona-5-aus-wuppertal-im-feldbachtal-V3UQOLAQEVGOLL4VJNOYIC3XNM.html
Ruhrbarone, Thomas Meiser, le récit de l'enquête et du procès, 1er juillet 2016 : https://www.ruhrbarone.de/der-menschenfresser-von-duisburg/129644/
Wikipédia (en allemand), Joachim Kroll : https://de.wikipedia.org/wiki/Joachim_Kroll
Wikipédia (en anglais), Joachim Kroll : https://en.wikipedia.org/wiki/Joachim_Kroll
