Affaire Helle Crafts : passée dans une broyeuse à bois


Le 18 novembre 1986, juste avant une grosse tempête de neige, 2 collègues déposent Helle Crafts, une hôtesse de l'air de Pan Am et maman de 3 enfants, devant sa maison de Newtown, dans le Connecticut, et après ce soir-là, plus personne ne la revoit. 2 nuits plus tard, vers 3h30, sous la neige et le grésil, un employé municipal qui déneige River Road, au bord du lac Zoar, voit sur le bas-côté un camion de location tous feux éteints, avec une grosse broyeuse à bois attachée à l'arrière. Quand il repasse 2 heures plus tard, le camion est toujours là, l'arrière ouvert, avec des copeaux à l'intérieur et sur le bord de la route.
Helle, première de sa promotion
Le jour où Pan Am vient recruter des hôtesses de l'air dans la région de Copenhague, 200 jeunes femmes se présentent, et la compagnie n'en garde que 8. Helle Lorck Nielsen en fait partie, alors Pan Am l'envoie en formation à Miami, et à la fin, c'est elle qui termine première de sa promotion.
Il faut dire qu'Helle a toujours eu envie d'ailleurs. Elle est née le 7 juillet 1947 à Charlottenlund, juste au nord de Copenhague, au Danemark, et c'est une fille unique, joyeuse et ouverte, une de ces rares élèves qui aiment vraiment aller en classe. Partout où elle passe, elle se fait des amis, et les langues lui viennent si facilement qu'adolescente, elle parle déjà le français et l'anglais, et qu'elle comprend l'allemand, le norvégien et le suédois.
Très vite, le Danemark lui paraît trop petit. Elle part faire ses études en Angleterre, puis elle devient jeune fille au pair en France, et c'est là qu'elle trouve son premier poste d'hôtesse de l'air, à la compagnie Capital Airways. Depuis Bruxelles ou Francfort, elle s'envole souvent vers l'Afrique, et ce qu'elle aime par-dessus tout, c'est découvrir de nouveaux endroits.
À Miami, pendant sa formation, Helle loge dans un petit motel près de l'aéroport, où vivent surtout des équipages. Le soir, les hôtesses et les pilotes se retrouvent, on discute, on fait connaissance, et le 24 mai 1969, alors qu'elle attend un vol, Helle y rencontre un pilote de 31 ans. Il s'appelle Richard Crafts.
Un pilote déjà fiancé
Richard a grandi à Darien, une ville très aisée du Connecticut, où son père a fait fortune dans les affaires. À l'école, il ne brille pas, alors il abandonne l'université et, en 1956, il s'engage dans les Marines. C'est là qu'il apprend à piloter, et pendant plusieurs années, il vole en Asie du Sud-Est pour Air America, une compagnie liée à la CIA, avant d'être embauché en 1968 par Eastern Air Lines, l'une des plus grandes compagnies américaines de l'époque.
Quand il rencontre Helle, Richard est déjà fiancé à une autre femme, et autour de lui, il n'y a presque que des hôtesses de l'air. Helle le sait, et elle continue de le voir quand même. Pendant des années, ils se quittent et se retrouvent, ils se disputent, parfois devant tout le monde, et ses amies n'arrivent pas à comprendre ce qu'elle lui trouve.
En 1975, Helle tombe enceinte. En novembre, ils se marient dans le New Hampshire, et l'année suivante, ils achètent une maison de plain-pied à Newtown, au 5 Newfield Lane.
Des bleus sur le visage
Newtown est une petite ville au milieu des bois de la Nouvelle-Angleterre, à un peu plus d'une heure de route de New York, et c'est là, dans la maison de Newfield Lane, que la famille s'agrandit. Helle a 3 enfants, Andrew, Thomas et Kristina, et après chaque naissance, elle reprend ses vols chez Pan Am. Pour garder les enfants quand elle est loin, la famille engage une jeune fille au pair de 19 ans, Dawn Marie Thomas.
Avec un pilote de ligne et une hôtesse de l'air, on imagine une famille qui ne manque de rien. Sauf qu'à la maison, c'est Richard qui contrôle l'argent, et c'est Helle qui paie les courses et les factures, pendant que lui dépense le sien dans les armes, au point qu'il en a des dizaines, et même des grenades, de quoi équiper une cinquantaine d'hommes.
En 1982, Richard devient policier auxiliaire bénévole à Newtown, et il prend ce rôle tellement au sérieux qu'il installe dans sa propre voiture, une Ford Crown Victoria, des radios, des gyrophares et une sirène. En 1984, on lui découvre un cancer du côlon, et ses médecins ne lui donnent que 2 % de chances de survie, mais il s'en sort, et en 1986, la police de la ville voisine, Southbury, l'embauche même à temps partiel.
Il lui arrive aussi de disparaître plusieurs jours sans dire où il va. Et plusieurs fois, les amies d'Helle la voient arriver avec des bleus sur le visage, au point que l'une d'elles dira plus tard aux policiers que Richard la frappait.
Des appels vers un numéro inconnu
En 1986, en regardant les factures de téléphone, Helle tombe sur des appels longue distance vers un numéro qu'elle ne connaît pas. Elle sait depuis le début de son mariage que Richard la trompe, et pendant des années, elle l'a supporté, peut-être pour les enfants. Sauf que cette fois, quand elle lui parle de ces appels, il se met en colère.
Pendant l'été, Helle prend donc une avocate spécialisée dans les divorces, et elle engage un détective privé, un ancien policier du Connecticut qui s'appelle Keith Mayo. Un jour, Keith Mayo photographie Richard en train d'embrasser une autre hôtesse de l'air devant chez elle, dans le New Jersey, et pour Helle, cette fois, c'est fini.
Fin juillet, elle part quelques jours au Danemark pour les 80 ans de sa mère, Elisabeth, et à l'automne, elle prépare son divorce. Mais elle a peur, et elle ne le cache ni à ses amies ni à son avocate. S'il lui arrive quelque chose, il ne faudra surtout pas croire à un accident.
La nuit de la tempête
Le 18 novembre 1986, l'avion d'Helle se pose à New York après le long vol depuis Francfort. Elle prend la route du Connecticut avec 2 autres hôtesses, qui la déposent à Newtown juste avant que la tempête n'éclate. Ce soir-là, le vent couche des arbres sur les lignes électriques, et dans tout le secteur, le courant est coupé pendant des heures.
Dawn Marie Thomas, elle, travaille ce soir-là dans un McDonald's de Danbury, et elle ne rentre que vers 2h du matin. Quelques heures plus tard, le 19 novembre, vers 6h, Richard vient la réveiller. Comme il n'y a plus d'électricité, il veut emmener tout de suite les enfants chez sa sœur, Karen, à Westport, et il lui explique qu'Helle prend sa propre voiture et qu'ils la retrouveront là-bas. Pour Dawn, c'est bizarre, parce qu'avec la tempête, on n'y voit presque rien sur la route. Mais elle s'habille, Richard réveille les 3 enfants à 6h30, et ils partent pour Westport.
Là-bas, il dépose Dawn et les enfants, et il repart presque aussitôt. Helle devait arriver avant eux, sauf qu'elle n'arrive jamais chez Karen. Richard ne revient chercher tout le monde qu'à 19h, et à la maison, Helle n'est toujours pas là. Le soir, quand Dawn lui demande où elle est, il répond qu'il n'en sait rien. Le lendemain, elle repose la question, et la réponse a changé, puisque cette fois, Helle est partie au Danemark, parce que sa mère est malade.
Dans les jours qui suivent, Dawn remarque une grosse tache sombre sur la moquette bleue de la chambre des parents, et Richard lui explique qu'il a renversé du kérosène. Peu après, des morceaux de moquette ont été découpés, et ils ont disparu. Le 21 novembre, Richard lui dit qu'Helle rentrera le 24.
Elle ne rentre pas.
Un coup de fil au Danemark
À l'aéroport Kennedy, sur le parking des employés de Pan Am, la voiture d'Helle n'a pas bougé, et ses collègues s'inquiètent, parce que ça ne lui ressemble pas de ne pas donner de nouvelles. Autour de Richard, les histoires se multiplient. À un voisin, il dit qu'Helle est partie en Allemagne, à d'autres, qu'il ne sait pas où elle est, et à une amie, qu'elle serait aux Canaries avec sa meilleure amie.
Le 29 novembre, une amie d'Helle, Leena Johanson, finit par trouver le numéro de sa mère au Danemark, et elle l'appelle. Elisabeth Nielsen n'est pas à l'hôpital, elle va très bien, et elle n'attend pas sa fille avant le mois d'avril. Pour Leena, c'en est trop, et elle va voir la police, et elle répète la phrase qu'Helle lui a confiée début novembre. Le 1er décembre, c'est Keith Mayo qui appelle le commissariat de Newtown, pour dire que sa cliente a disparu et qu'il a peur qu'elle ait été tuée.
Au commissariat de Newtown, tout le monde connaît Richard, puisque ça fait 4 ans qu'il y est policier auxiliaire. Au début, personne ne s'affole, et c'est assez logique, parce que la plupart des adultes qu'on signale disparus finissent par réapparaître, et qu'une femme en plein divorce peut très bien avoir eu besoin de partir quelques jours. Le 2 décembre, quand les policiers l'interrogent, Richard leur dit simplement que le 18 novembre au soir, Helle avait l'air heureuse, et qu'il ne l'a ni vue ni entendue depuis le 19.
Le 4 décembre, il accepte de passer au détecteur de mensonges, et il réussit le test. Devant un tribunal, ça ne prouve rien, mais pour les enquêteurs, ça compte, et cette fois, ça joue contre les amies d'Helle, puisque l'un d'eux écrit dans son rapport une phrase. "D'après le test et mes nombreuses conversations avec M. Crafts, il ne sait pas où se trouve sa femme."
Une moquette découpée en morceaux
Le 11 décembre, le lieutenant Michael DeJoseph et l'inspecteur Robert Tvardzik le convoquent à nouveau, et Richard arrive à 21h20, en uniforme, en sortant de son service à Southbury. Les 2 policiers lui parlent du détective, de la femme du New Jersey et de la moquette, et Richard a réponse à tout. Il a renversé du kérosène, il a découpé la moquette en morceaux parce que c'est plus facile à enlever, et il l'a jetée à la décharge. S'il a raconté des histoires différentes, c'est parce qu'il ne voulait pas avouer que sa femme était partie sans lui dire où.
Keith Mayo, lui, n'y croit pas une seconde. Pendant plusieurs jours, avec quelques volontaires, il fouille la décharge de Canterbury, où partent les ordures de Newtown, et il finit par trouver un morceau de moquette presque identique. Seulement, au laboratoire de la police d'État, le docteur Henry Lee n'y trouve aucune trace de sang. Le 17 décembre, le quotidien de Danbury, The News-Times, parle pour la première fois de la disparition, et pour le chef de la police de Newtown, Louis Marchese, c'est toujours "une affaire de personne disparue". Mais la pression monte, et le procureur de Danbury, Walter Flanagan, finit par confier l'enquête à la police d'État du Connecticut.
Les nouveaux enquêteurs commencent par la carte bancaire de Richard, et ils tombent sur 2 achats. Le 13 novembre 1986, 5 jours avant le retour d'Helle, il a acheté un grand congélateur Westinghouse dans un magasin de Danbury, pour 375 dollars, et il est passé le chercher le 17 novembre. À Hong Kong, dans l'affaire Abby Choi, l'accusation affirme elle aussi que du matériel avait été acheté quelques jours avant la disparition de la victime.
À la même période, Richard a aussi payé 900 dollars à un loueur de matériel, Darien Rentals.
Une perquisition le jour de Noël
Pour Noël, Richard est parti en Floride avec les enfants, et pour les enquêteurs, c'est le moment d'entrer dans la maison. Le jour de Noël 1986, ils poussent la porte du 5 Newfield Lane avec le docteur Henry Lee, le chef du laboratoire de la police d'État, et à l'intérieur, tout est sens dessus dessous. Il y a des vêtements sales partout, de la vaisselle dans l'évier, des matelas posés à même le sol du salon, et les moquettes ont été arrachées. Ils trouvent bien un congélateur, vide, mais ils comprennent vite que c'est l'ancien, et que le neuf, celui du 17 novembre, n'est plus là.
Pendant plusieurs jours, ils passent la maison au peigne fin, et ils emportent 108 objets, dont tout un arsenal, des serviettes et un matelas taché. Quand le docteur Lee vaporise du luminol, du sang apparaît à plusieurs endroits, et sur certaines serviettes, c'est du sang de groupe O, le même que celui d'Helle.
Les enquêteurs apprennent enfin ce que Richard a loué chez Darien Rentals. C'est une très grosse broyeuse à bois, une machine qui réduit des branches entières en copeaux.
Un camion sur River Road
Le 30 décembre 1986, 2 inspecteurs de la police d'État, Patrick McCafferty et T.K. Brown, vont voir un employé municipal de Southbury, Joseph Hine, qui a déneigé les routes pendant les nuits de tempête. Joseph a 37 ans, et la nuit du 20 au 21 novembre, il s'en souvient très bien.
Cette nuit-là, vers 3h30, il passe la lame sur River Road, la route qui longe le lac Zoar, là où la rivière Housatonic s'élargit entre Newtown et Southbury, et où les gens du coin viennent pêcher. La neige et le grésil tombent toujours, et sur le bas-côté, Joseph voit un camion de location U-Haul, tous feux éteints, avec une grosse broyeuse à bois attachée à l'arrière. Un homme est debout près de la portière, et il lui fait signe de passer.
Quand Joseph repasse dans l'autre sens, à 5h30, le camion est toujours là, sans personne autour, mais l'arrière est ouvert, et il voit des copeaux à l'intérieur et sur le bord de la route. Sur le moment, il se dit qu'il faut être drôlement bizarre pour broyer du bois en pleine nuit, au milieu d'une tempête. Les inspecteurs lui demandent aussitôt de les emmener exactement à cet endroit.
Une enveloppe dans les copeaux
Au bord de l'eau, il y a des tas de copeaux de bois, mêlés à des petits morceaux de plastique vert. L'inspecteur Brown se met à genoux et fouille, et sous les débris, il trouve des bouts de papier déchiquetés, puis du courrier. À travers la petite fenêtre d'une enveloppe, il lit un nom et une adresse, "Miss Helle L. Crafts, 5 Newfield Lane, Newtown, Connecticut".
Dans l'heure, la police scientifique boucle le secteur. L'eau est si froide que les plongeurs ne peuvent pas y rester longtemps, alors la police fait baisser le niveau de la rivière au barrage, en amont, et pendant près de 2 semaines, les équipes cherchent dans la boue glacée, jusqu'aux genoux. Au fond de l'eau, elles retrouvent une tronçonneuse Stihl dont le numéro de série a été limé, et au bord du lac, elles finissent par retrouver ce qui reste d'Helle.
Il ne reste presque rien. Le docteur Lee compte 2 660 cheveux blonds décolorés, 69 éclats d'os, 5 gouttes de sang, 2 dents, un morceau de crâne, environ 85 grammes de tissus, une partie de doigt, un ongle encore couvert de vernis rose et un morceau d'ongle de pied. L'une des dents porte une couronne en métal, et un dentiste légiste, le docteur Constantine Karazulas, la compare aux radios des dents d'Helle prises entre 1980 et 1986. C'est sa deuxième prémolaire, en bas à gauche. Le reste de son corps, lui, ne sera jamais retrouvé, comme dans l'affaire Lauren Giddings, en Géorgie.
Au laboratoire, les experts arrivent aussi à faire réapparaître le numéro de série de la tronçonneuse. Or quand Helle a engagé Keith Mayo, elle lui a confié une boîte de papiers de son mari, et dans cette boîte, il y a un ticket de caisse du 9 janvier 1981, avec le même numéro de série. Keith Mayo le donne aux policiers, et ce ticket est au nom de Richard Crafts.
Une maison encerclée
Le 13 janvier 1987, grâce à la dent, le médecin légiste de l'État signe le certificat de décès d'Helle Crafts, et le soir même, des policiers encerclent la maison de Newfield Lane. Ils appellent Richard au téléphone pour qu'il sorte, et il leur répond qu'il est fatigué et qu'il s'en occupera le lendemain matin. Comme ses 3 enfants dorment à l'intérieur, les négociations durent des heures, jusqu'à ce qu'il finisse par se rendre. Les enfants partent chez sa sœur, Karen, et son mari, David Rodgers, à Westport.
Selon l'accusation, Richard aurait frappé Helle à la tête avec sa lampe torche de policier, puis il aurait gardé son corps dans le grand congélateur jusqu'à ce qu'il gèle. Il l'aurait ensuite découpé à la tronçonneuse, sur un terrain qu'il possède à Newtown, avant de passer les morceaux dans la broyeuse, au bord du lac Zoar. Dans le camion U-Haul, les enquêteurs ont d'ailleurs retrouvé un fragment d'os, et pour un spécialiste du bois, un copeau trouvé à l'intérieur porte les mêmes marques qu'un copeau ramassé au bord du lac.
Pendant que les équipes fouillaient le lac, David Rodgers a entendu son beau-frère lui dire une phrase. "Qu'ils plongent, il n'y a pas de corps. Il n'existe plus."
Un juré contre 11
Dans la région de Newtown, tout le monde parle de l'affaire, si bien que le procès est déplacé, et il s'ouvre en mai 1988 à New London, à l'autre bout du Connecticut. Jamais encore, dans cet État, on n'a jugé un meurtre sans le corps de la victime, et l'accusation doit donc prouver 2 choses, qu'Helle est morte, et que c'est son mari qui l'a tuée. Le procureur Walter Flanagan fait venir les experts un par un. Henry Lee explique que les os, les tissus, les cheveux et les copeaux ont été coupés par la même machine, et un second dentiste légiste, le docteur Lowell Levine, confirme que la dent était bien celle d'Helle. Richard, lui, vient à la barre pour se défendre, et il nie avoir tué sa femme.
Le 23 juin 1988, les 12 jurés se retirent pour délibérer, et les jours passent. Dans les couloirs, on murmure qu'ils sont 11 contre 1, et c'est vrai, puisqu'un seul juré, Warren Maskell, veut acquitter Richard. Le 15 juillet, au 17e jour, il refuse de continuer, si bien qu'à 21h27, le juge doit déclarer le procès nul. Une centaine de témoins sont venus à la barre, environ 650 pièces ont été montrées aux jurés, et tout est à refaire.
Helle Crafts, 3 ans après la tempête
Le 7 septembre 1989, le second procès s'ouvre à Norwalk, une autre ville du Connecticut, devant le juge Martin Nigro, avec les mêmes témoins et les mêmes preuves, et cette fois, Richard ne témoigne pas. À la barre, la mère d'Helle, Elisabeth Nielsen, 83 ans, venue du Danemark, raconte que sa fille unique lui avait dit qu'elle n'avait plus confiance en son mari, et que depuis la nuit de la tempête, elle n'a plus jamais eu de ses nouvelles.
Le 21 novembre 1989, presque 3 ans jour pour jour après cette nuit-là, au 4e jour de délibéré, les 11 hommes et la femme du jury déclarent Richard Crafts coupable du meurtre d'Helle. Pour la première fois, dans le Connecticut, un homme est condamné pour meurtre sans que le corps de sa victime ait été retrouvé. "Écrivez qu'elle était une bonne mère", demande un juré aux journalistes. En janvier 1990, le juge condamne Richard Crafts à 50 ans de prison, en relevant qu'il ne montre aucun remords, et en juillet 1993, la Cour suprême du Connecticut confirme sa condamnation.
Richard Crafts n'a jamais avoué, et il a toujours dit qu'il était innocent. Pourtant, il ne fait pas ses 50 ans, parce qu'à l'époque, la loi permettait de réduire la peine pour bonne conduite et pour le travail en prison, et cette loi a changé depuis. Après plus de 30 ans derrière les barreaux, il part dans un foyer de réinsertion de Bridgeport, et le 29 janvier 2020, à 82 ans, il est transféré dans un centre pour anciens combattants sans abri, toujours à Bridgeport, sous le contrôle d'un agent de probation. Selon l'administration pénitentiaire du Connecticut, il devait être libre définitivement en juin 2020, et depuis, on ne sait plus rien de lui. Les 3 enfants d'Helle, eux, ont grandi chez leur tante, à Westport.
Helle avait 39 ans. Elle avait prévenu tout le monde, et ce sont ses amies qui ont refusé de croire au voyage au Danemark.
L'affaire Helle Crafts en vidéo ⬇️

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Sources :
UPI, verdict du second procès à Norwalk, 21 novembre 1989 : https://www.upi.com/Archives/1989/11/21/Ex-pilot-convicted-of-wood-chipper-disposal-of-wife/9824627627600/
The Newtown Bee, retour sur l'affaire 10 ans après, 22 novembre 1996 : https://www.newtownbee.com/08111999/notorious-crafts-murder-shook-newtown-ten-years-ago/
The Newtown Bee, Richard Crafts transféré dans un centre pour anciens combattants, 30 janvier 2020 : https://www.newtownbee.com/01302020/richard-crafts-moved-to-homeless-shelter-for-veterans/
Associated Press (WHDH), libération anticipée de Richard Crafts, 1er février 2020 : https://whdh.com/news/man-who-put-wife-in-wood-chipper-released-from-prison-early/
Crime Library (Mark Gado), récit complet de l'enquête, archive de 2013 : https://web.archive.org/web/20130310161906/http://www.trutv.com/library/crime/notorious_murders/family/woodchipper_murder/13.html
Wikipédia (en anglais), meurtre d'Helle Crafts : https://en.wikipedia.org/wiki/Murder_of_Helle_Crafts
