Affaire famille Lawson : massacrés le jour de Noël 1929

Tombe de la famille Lawson au cimetière Browder, à Germanton, affaire famille Lawson
Tombe de la famille Lawson au cimetière Browder, à Germanton, affaire famille Lawson

Le 25 décembre 1929, près de Germanton, en Caroline du Nord, Elisha Lawson rentre de la chasse dans la neige, et son chemin passe devant la ferme de son frère Charlie, où un jour de Noël, il s'attend à trouver une maison pleine d'enfants. Il voit du sang en passant, il s'approche, et dans la maison, il découvre sa belle-sœur, Fannie, sa nièce Marie, 17 ans, les 2 petits garçons et le bébé, tous morts. Le matin même, Marie a préparé un gâteau aux raisins à 2 étages pour le repas de famille, et quand les voisins font le compte, il manque encore 3 personnes à la ferme.

Une ferme à soi sur Brook Cove Road

En 1927, Charlie Lawson devient enfin propriétaire de sa propre ferme, sur Brook Cove Road, près de Germanton, et pour un cultivateur de tabac du comté de Stokes, c'est le travail de toute une vie. Charles Davis Lawson, que tout le monde appelle Charlie, est le fils de Gus Lawson, et il a grandi près de Lawsonville, dans le nord du comté, dans une famille de métayers. Un métayer cultive la terre d'un autre et lui cède une partie de sa récolte en échange, et dans cette Caroline du Nord rurale des années 1920, devenir propriétaire, c'est le rêve de beaucoup de familles, sauf que très peu y arrivent.

En 1911, Charlie a épousé Fannie Manring, la fille de John Manring, un habitant du township de Peter's Creek, et le couple a eu 8 enfants. Le troisième, William, né en 1914, est mort de maladie en 1920. En 1918, la famille s'est installée dans les environs de Germanton, sur les terres des Browder, et pendant des années, les Lawson ont travaillé la terre des autres, jusqu'à ce que Charlie ait mis assez d'argent de côté pour acheter la sienne.

La ferme de Brook Cove Road est une vieille maison d'environ 200 ans, un peu délabrée, mais elle est à eux, et elle se trouve tout près des fermes des frères de Charlie, Marion, George et Elisha. Le dimanche, toutes ces familles se retrouvent à l'église méthodiste de Palmyra, où elles peuvent aller à pied, et elles vivent assez près les unes des autres pour se voir tous les jours. C'est dans cette maison que les Lawson s'apprêtent à fêter Noël 1929.

Marie Lawson et les petits

Pendant l'été 1929, Fannie, qui a 37 ans, met au monde son huitième enfant, une petite fille qu'elle appelle Mary Lou. La même saison, son amie la plus proche, la femme de leur voisin Hill Hampton, a elle aussi un bébé, et selon sa petite-fille, c'est sans doute ce qui rapproche autant les 2 femmes, au point que la veille de Noël, elles préparent ensemble les gourmandises du lendemain.

Dans la maison de Brook Cove Road, Fannie élève 7 enfants. L'aînée, Marie, a 17 ans, et après elle vient Arthur, 16 ans, le seul grand garçon de la famille, puis Carrie, 12 ans, et Maybell, 7 ans. Les 2 plus jeunes garçons, James et Raymond, ont 4 ans et 2 ans, et depuis l'été, il y a aussi le bébé, Mary Lou.

Marie fréquente un garçon du coin, Charlie Wade Hampton, qui est de la même famille que Hill Hampton, et les 2 familles se connaissent bien, parce qu'elles vont à la même église et que les mères sont amies. C'est à ce moment-là, au début du mois de décembre 1929, que Charlie Lawson annonce à toute la famille, Marie comprise, qu'ils vont en ville.

Un portrait chez le photographe

Environ 2 semaines avant Noël, Charlie conduit toute la famille à Winston-Salem, la grande ville de la région, et une fois là-bas, il demande à chacun de choisir des vêtements neufs. Pour des cultivateurs de 1929, habiller 9 personnes de neuf, c'est une dépense énorme, le genre de chose qu'une famille comme les Lawson ne fait presque jamais. Sauf que Charlie a prévu autre chose, et une fois que tout le monde a ses nouveaux habits sur le dos, il emmène sa femme et ses enfants dans le studio d'un photographe, pour un portrait de famille.

Ce portrait existe toujours. Debout, au fond, il y a Arthur, Marie et leurs parents, et Fannie tient dans ses bras la petite Mary Lou, qui a 4 mois. Devant eux, assis, il y a les 4 autres enfants, James, Maybell, Raymond et Carrie, dans leurs vêtements tout neufs. Fannie a les yeux tournés ailleurs, et Charlie regarde vers la gauche, avec un léger sourire.

Marie, elle, fixe l'objectif.

Un matin de neige

Le mercredi 25 décembre 1929, il fait un froid glacial sur le comté de Stokes, et entre 15 et 20 cm de neige recouvrent les champs autour de Germanton. Chez les Lawson, c'est un jour de fête, alors tôt le matin, Marie se met à préparer le gâteau de Noël, un gâteau aux raisins à 2 étages, qu'elle fait cuire dans 2 moules séparés avant de le glacer pour le repas de famille.

Arthur, lui, part à pied jusqu'au magasin de Germanton, parce qu'il faut racheter des munitions, et dans cette campagne d'hiver, c'est une course banale, puisque même le jour de Noël, des hommes de la famille sont partis chasser dans les bois.

Un peu plus tard, Carrie et Maybell, 12 ans et 7 ans, sortent de la maison pour aller chez leur oncle et leur tante, qui habitent tout près. Il faut marcher dans la neige, et sur leur chemin, à environ 180 mètres de la maison, il y a la grange à tabac de la ferme.

Du sang dans la neige

Dans l'après-midi, Elisha Lawson, l'un des frères de Charlie, rentre de la chasse, et son chemin passe devant la ferme de Brook Cove Road. Un jour de Noël, chez son frère, il s'attend à trouver une maison pleine d'enfants, sauf qu'en passant, il voit du sang, alors il s'approche. Dans la maison, il découvre sa belle-sœur, Fannie, et sa nièce, Marie, puis les 2 petits garçons, James et Raymond, et le bébé, Mary Lou. Ils sont tous morts.

Elisha donne l'alerte, et en très peu de temps, toute la campagne autour de Germanton est au courant. Selon le journal du comté, le Danbury Reporter, jamais la région n'a été remuée à ce point, et des centaines de personnes se rassemblent devant la ferme des Lawson. À Danbury, le chef-lieu du comté, le shérif John J. Taylor reçoit vers 16h un télégramme qui lui demande de venir sur place, et il part aussitôt.

Sur la ferme, les voisins font le compte. Dans la maison, il manque Carrie et Maybell, qui devaient aller chez leur oncle et leur tante.

Et il manque aussi Charlie.

2 fillettes dans la grange

Parmi les voisins qui arrivent à la ferme, il y a Hill Hampton, le mari de l'amie de Fannie, et c'est lui qui trouve Carrie et Maybell, à l'intérieur de la grange à tabac. Les 2 sœurs sont mortes elles aussi.

Dans la grange, les 2 fillettes n'ont pas été laissées n'importe comment, puisque quelqu'un a glissé une pierre sous leur tête et leur a croisé les bras sur la poitrine. Dans la maison, c'est le même geste, et chaque corps a la tête posée sur un oreiller et les bras croisés, si bien que les 7 corps ont été allongés comme on prépare un mort pour son enterrement.

Arthur, lui, était à Germanton pendant ce temps-là, et de toute la maison, il est le seul qu'on retrouve vivant. Il a 16 ans, et en une journée, il a perdu sa mère et tous ses frères et sœurs. Quant à son père, personne ne sait où il est, et les hommes partent le chercher dans la campagne enneigée, et ils suivent sa trace jusqu'au coucher du soleil.

Un coup de feu au coucher du soleil

En fin d'après-midi, le jour commence à tomber quand les hommes qui suivent la trace de Charlie entendent un coup de feu, tout près d'eux, et devant la ferme, les gens rassemblés l'entendent aussi. Parmi ceux qui arrivent les premiers dans le bois, il y a Arthur, avec un policier.

Le corps de Charlie Lawson est là, à environ 800 mètres de chez lui, dans un petit bois. Il est adossé à un arbre, et il s'est tiré un coup de fusil de calibre 12 dans la poitrine, en appuyant sur la détente à l'aide d'un bâton fourchu. Charlie a 43 ans. Autour de l'arbre, dans la neige, des traces de pas tournent en rond, et pour les enquêteurs, il a marché là pendant des heures, pendant que des centaines de personnes se rassemblaient devant sa maison.

Dans ses poches, il y a 2 petits mots écrits à la main, des bouts de phrases que Charlie n'a jamais terminés, et aucun des 2 ne dit pourquoi. Il y a aussi environ 60 dollars, parce que la veille de Noël, Charlie est passé à sa banque pour retirer tout ce qui lui restait. Et ce matin-là, c'est lui qui a envoyé Arthur acheter des munitions à Germanton.

Le verdict du jury du coroner

Dans les jours qui suivent, un jury du coroner se réunit pour dire ce qui s'est passé à la ferme, et son verdict est publié dans le Danbury Reporter du 1er janvier 1930. Pour ce jury, l'acte est "celui d'un homme fou", et l'enquête de l'époque attribue les 7 morts à Charlie Lawson, avant qu'il ne se donne la mort. Dès le 26 décembre, l'agence Associated Press raconte d'ailleurs qu'un fermier du comté de Stokes, "devenu soudain fou", a tué sa femme et ses 6 enfants, qu'il les a allongés comme pour leur enterrement, puis qu'il est parti dans les bois.

Les récits rassemblés ensuite permettent de reconstituer la journée. D'après eux, Charlie attend ses filles près de la grange à tabac avec un fusil, et quand Carrie et Maybell partent chez leur oncle, il leur tire dessus, puis il les frappe pour être sûr qu'elles sont mortes, avant de déposer leurs corps dans la grange. Il revient ensuite vers la maison, où Fannie se trouve sur le porche, et il lui tire dessus. À l'intérieur, il tire sur Marie. James et Raymond ont couru se cacher. Leur père les trouve, et il les tue eux aussi. Le bébé, Mary Lou, meurt d'une fracture du crâne, frappée à la tête.

Pourtant, personne autour de lui n'a rien vu venir. Pour le Danbury Reporter, Charlie a toujours été un bon citoyen, qui vit dans de bonnes conditions, et s'il a un jour montré le moindre signe de folie, personne ne s'en est rendu compte. En janvier 1930, l'association fraternelle de Germanton dont il était membre, le Junior Order, salue même en lui "un bon citoyen" et "un membre fidèle". L'état d'esprit d'un père qui tue ses propres enfants, c'est aussi la question qui se pose 80 ans plus tard au Québec, dans l'affaire Guy Turcotte, où un cardiologue qui a tué ses 2 enfants est d'abord déclaré non criminellement responsable. Pour Charlie Lawson, il n'y aura jamais de procès, puisqu'il est mort dans le bois, et c'est le jury du coroner qui clôt l'affaire, sans rien dire de la raison de son geste.

Une seule tombe pour 7 cercueils

Le 26 décembre, les corps sont emmenés à Madison, chez Yelton's, une entreprise de pompes funèbres installée à l'étage d'une quincaillerie de Murphy Street, parce qu'à Walnut Cove, la petite entreprise de pompes funèbres n'a pas la place pour autant de morts à la fois. C'est là qu'on les prépare pour l'enterrement.

Le vendredi 27 décembre 1929, dans l'après-midi, la famille Lawson est enterrée dans le petit cimetière des Browder, près de l'endroit où Brook Cove Road croise aujourd'hui la Highway 8. Les Browder, sur les terres de qui les Lawson ont travaillé pendant des années, ont donné la parcelle. On creuse une seule fosse, assez grande pour 7 cercueils, parce que Mary Lou est enterrée dans les bras de sa mère, et Charlie est enterré avec eux, dans la même tombe que la femme et les enfants qu'il a tués.

Pour un coin de campagne, la foule est immense. Le Danbury Reporter parle de 6 000 personnes, la plus grande foule jamais rassemblée dans le comté de Stokes, et d'autres récits parlent de 5 000, pendant que l'affaire fait la une du New York Times et de journaux dans tout le pays. En France, 60 ans plus tôt, l'affaire Troppmann, où une femme et 5 enfants avaient été retrouvés dans une fosse à Pantin, avait elle aussi attiré une foule énorme, au procès comme à l'exécution. Le 4 janvier 1930, Marion Lawson, l'un des frères de Charlie, est nommé administrateur de ses biens.

À Brook Cove Road, plus personne n'habite la ferme, mais la maison, elle, ne reste pas vide longtemps.

Un gâteau sous une cloche de verre

Dès les premiers jours, des curieux viennent voir la maison du drame, et certains repartent avec des souvenirs, au point que la maison se vide peu à peu de ses objets. Marion Lawson fait donc installer une clôture tout autour de la propriété, et la famille fait payer l'entrée, 25 cents par visiteur. Aujourd'hui, ça paraît macabre, mais il faut bien arrêter ceux qui se servent. Le 14 janvier 1930, le Danbury Reporter raconte que des voitures arrivent de partout chaque jour, et qu'un habitant de Walnut Cove qui passe devant la ferme en compte un jour 91, garées devant.

Dans la cuisine, le gâteau aux raisins de Marie est toujours sur la table. Les visiteurs se mettent à arracher les raisins pour les emporter, alors on finit par le mettre sous une cloche de verre, et il reste là pendant des années, sous les yeux des touristes.

Très vite, des histoires étranges entourent la maison vide. Le lundi 24 février 1930, vers 23h30, Lloyd Ends, un contremaître de Winston-Salem venu sur place avec des amis, se fait une profonde entaille d'environ 2,5 cm, d'une manière que personne n'explique, et il faut lui faire 3 points de suture. Le journal du comté parle à ce moment-là des "histoires bizarres" qui se racontent sur la maison depuis Noël. Loin de Brook Cove Road, d'autres cherchent une explication, puisque depuis la mi-janvier, à Baltimore, des médecins de l'hôpital Johns Hopkins examinent le cerveau de Charlie Lawson.

Le secret de Marie Lawson

Leurs résultats ne règlent rien. Selon The Stokes News, un rapport d'autopsie évoque une partie du cerveau "peu développée", alors que d'autres récits affirment que l'examen n'a trouvé aucune anomalie. Dans la famille et chez les voisins, on raconte aussi que quelques mois avant Noël, Charlie se serait blessé à la tête avec une pioche, et qu'ensuite, il aurait eu des comportements étranges. Le journal local, lui, rappelle que 1929 a été une année très sèche et que la Grande Dépression commence, si bien que l'argent aurait aussi pu peser.

En 1990, M. Bruce Jones et sa fille, Trudy J. Smith, publient un livre sur l'affaire, White Christmas, Bloody Christmas, construit à partir de nombreux entretiens avec des gens de la région. Dans les récits rassemblés autour de ce livre, une cousine des enfants, Stella Lawson Boles, la nièce de Charlie, raconte qu'à l'enterrement, elle a entendu les femmes de la famille Lawson parler d'une confidence de Fannie. Avant Noël, Fannie aurait découvert que Charlie imposait une relation incestueuse à Marie. En 2006, dans un deuxième livre beaucoup plus long, The Meaning of Our Tears, Trudy J. Smith rapporte le témoignage d'une amie de Marie, Ella May Johnson. D'après elle, quelques semaines avant Noël, un soir où les 2 amies dormaient sous le même toit, Marie lui aurait confié qu'elle était enceinte de son père, et que ses 2 parents le savaient. Hill Hampton, lui, aurait dit à un journal que le drame venait d'"une affaire de famille", sans jamais vouloir en dire plus.

Rien de tout ça n'a jamais été prouvé, parce que ces récits viennent de souvenirs rapportés, parfois 60 ans plus tard, et The Stokes News souligne que les livres de Trudy J. Smith mêlent les faits et le roman, avec des conversations imaginées à partir des entretiens. Sur le portrait de famille, certains voient une jeune fille enceinte, alors que d'autres font remarquer que son ventre ne dépasse pas.

Sur la photo, Marie fixe toujours l'objectif.

Arthur, le dernier des Lawson

Après le drame, Arthur perd la ferme de Brook Cove Road, alors que son oncle essaie de réunir de l'argent pour l'aider à la garder, et selon The Stokes News, il se met à boire. Il se marie, il a 4 enfants, et en 1945, il meurt dans un accident de voiture. Arthur est enterré avec le reste de sa famille, au cimetière des Browder.

L'histoire, elle, ne disparaît pas. En 1930, un groupe, les Carolina Buddies, enregistre pour la maison de disques Columbia une ballade, "The Murder of the Lawson Family", et en mars 1956, les Stanley Brothers la reprennent. La maison de Brook Cove Road n'est démolie que dans les années 1980, et à Madison, au-dessus du magasin Madison Dry Goods, là où se trouvait l'entreprise de pompes funèbres qui a préparé les corps, une exposition montre encore le portrait de famille et des photos du cimetière.

Fannie avait 37 ans, Marie 17 ans, Carrie 12 ans, Maybell 7 ans, James 4 ans et Raymond 2 ans. Mary Lou avait 4 mois, et elle repose dans les bras de sa mère.

Sur leur pierre tombale, on peut lire "Pas maintenant, mais dans les années à venir, ce sera une terre meilleure. Nous lirons le sens de nos larmes, et un jour, nous comprendrons."

L'affaire de la famille Lawson en vidéo ⬇️

Sources :

Danbury Reporter, "The terrible tragedy of Christmas day", verdict du jury du coroner et enterrement, 1er janvier 1930 : https://newspapers.digitalnc.org/lccn/sn91068291/1930-01-01/ed-1/seq-1/
Danbury Reporter, la clôture et l'entrée payante à la maison Lawson, le cerveau examiné à Johns Hopkins, 15 janvier 1930 : https://newspapers.digitalnc.org/lccn/sn91068291/1930-01-15/ed-1/seq-1/
Danbury Reporter, l'incident du 24 février à la maison Lawson, 26 février 1930 : https://newspapers.digitalnc.org/lccn/sn91068291/1930-02-26/ed-1/seq-1/
The Stokes News, "90 years gone", décembre 2019 : https://www.thestokesnews.com/news/23397/90-years-gone
North Carolina Department of Natural and Cultural Resources, l'histoire de la famille Lawson, 25 décembre 2016 : https://www.dncr.nc.gov/blog/2016/12/25/story-lawson-family
UNC Libraries (NC Miscellany), la dépêche Associated Press du 26 décembre 1929, 10 mai 2016 : https://blogs.lib.unc.edu/ncm/?p=28748
Wikipédia (en anglais), meurtres de la famille Lawson : https://en.wikipedia.org/wiki/Lawson_family_murders