Affaire Elaine O'Hara : "je prendrai les coups de couteau"
Depuis un pont qui domine le réservoir de Vartry, dans le comté de Wicklow, en Irlande, un garde-pêche remarque le 10 septembre 2013 quelque chose qui brille juste en dessous, dans une eau qui a baissé de 5 mètres parce que l'été a été très sec. Avec son frère et un ami, il ressort des chaînes, des menottes, des bâillons et un bandeau, et quelques jours plus tard, un policier de Roundwood entre dans l'eau en uniforme et en sort aussi un inhalateur pour l'asthme et un trousseau de clés, avec une carte de fidélité de supermarché. Le magasin lui donne le nom de la titulaire, Elaine O'Hara, disparue 13 mois plus tôt à 36 ans, et dont la famille avait fini par croire, comme la police, qu'elle s'était jetée à la mer.
Elaine O'Hara, la fille de Killiney
Elaine O'Hara vient au monde le 17 mars 1976, le jour de la Saint-Patrick. Elle grandit à Killiney, une ville au bord de la mer, au sud de Dublin, avec ses parents, son frère John et sa sœur Anne, et c'est dans ces banlieues du sud de la ville, entre la mer et les montagnes, qu'elle passe toute sa vie. Son père, Frank, est sans doute son meilleur ami, au point que même une fois adulte, Elaine lui parle tous les jours.
À l'école, Elaine est la cible de moqueries, et sa dyslexie lui rend difficile de mettre ses pensées par écrit. Quand ses parents découvrent qu'elle se fait du mal, ils l'emmènent consulter, et à 16 ans, elle est hospitalisée pour la première fois à St Edmundsbury, un hôpital psychiatrique de Lucan, à l'ouest de Dublin, où elle sera admise 14 fois au fil des années. Son psychiatre, le professeur Anthony Clare, très connu en Irlande, pose 2 diagnostics, une dépression et un trouble de la personnalité borderline. Aux États-Unis, dans l'affaire Bianca Devins, une adolescente avait reçu ce même diagnostic, et elle avait elle aussi fait plusieurs séjours à l'hôpital.
Dans son dossier médical, il y a aussi un détail qui remonte à ses 12 ans. Dès cet âge-là, Elaine a des fantasmes où elle est attachée.
Une confidence à son père
Elaine rêve d'être institutrice. Le problème, c'est qu'à la fin du lycée, elle n'a pas assez de points pour entrer dans la formation. Alors elle devient assistante auprès des jeunes enfants dans une école de Ballybrack, et elle travaille aussi à temps partiel chez un marchand de journaux de Blackrock. À côté de ça, elle vit avec un diabète et de l'asthme.
En mars 2002, sa mère meurt, et à partir de là, Elaine s'emporte plus vite qu'avant. En 2007, c'est le professeur Clare qui meurt subitement, et le docteur Matt Murphy reprend son suivi.
Début 2008, après une dispute avec son père, Elaine lui fait une confidence. Elle voit un homme marié, un architecte de Foxrock, un quartier aisé du sud de Dublin, et cet homme l'attache. Frank est anéanti, mais Elaine lui assure que c'est terminé, et ils n'en reparlent plus jamais.
Un baiser sur la pierre tombale
En septembre 2010, Elaine achète à crédit un appartement à Belarmine Plaza, un ensemble de commerces et de logements à Stepaside, au pied des montagnes de Dublin. À son travail, elle parle à des collègues d'un homme marié, de sites de rencontres et de jeux sexuels, et ils lui disent de faire attention. Le soir, à Dún Laoghaire, elle suit des cours pour devenir enseignante Montessori, parce qu'elle n'a jamais renoncé à son métier de rêve, et elle adore sa petite nièce, qui est aussi sa filleule.
Le 14 juillet 2012, après avoir confié des pensées suicidaires, Elaine est de nouveau hospitalisée à St Edmundsbury, et elle y reste 6 semaines. Elle s'est inscrite comme bénévole pour la Tall Ships Races, la grande course de voiliers qui fait escale à Dublin, et la première journée tombe le lendemain de sa sortie.
Le 22 août 2012, vers midi, Elaine quitte l'hôpital, plus tôt que prévu. L'après-midi, elle va avec son père au cimetière de Shanganagh, sur la tombe de sa mère, et elle est si bouleversée qu'elle embrasse la pierre tombale, ce qui, pour Frank, n'a rien d'inhabituel. Ensuite, chez lui, à Killiney, elle emmène sa nièce jouer sur la pelouse devant la maison, et elle est de très bonne humeur. Sheila Hawkins, la compagne de Frank, doit passer la prendre tôt le lendemain pour la Tall Ships Races, et vers 16h15, Elaine s'en va, parce qu'elle veut se reposer avant de se lever tôt.
Elle rentre à Belarmine Plaza, et un peu plus tard, les caméras de l'immeuble la filment en train de repartir. Après ça, elles ne la filment plus jamais.
"Tu es encore en vie ?"
Le lendemain matin, Elaine n'est pas au rendez-vous de Sheila. Sur le moment, ça peut être une panne de réveil, ça arrive à tout le monde, sauf que le soir, Elaine ne s'est toujours pas manifestée, alors Frank lui envoie un texto sur le ton de la plaisanterie. "Tu es encore en vie ?"
Le 24 août au matin, Frank commence à avoir très peur, parce que la voiture de sa fille n'est pas sur le parking de son immeuble, et qu'à la Tall Ships Races, personne ne l'a vue. Dans l'appartement, son téléphone est toujours là, et ce jour-là, Frank signale sa disparition. Aux États-Unis, dans l'affaire Lauren Giddings, une amie avait elle aussi trouvé, dans l'appartement d'une jeune femme qui ne répondait plus, son sac à main, ses clés et son ordinateur, alors qu'elle ne partait jamais sans ses affaires.
Le même jour, dans l'appartement d'Elaine, Sheila tombe sur du latex noir dans un panier. C'est une part de la vie d'Elaine dont sa famille ne savait presque rien, et en cherchant sur internet, son frère John trouve sur un site fétichiste un profil qu'il pense être celui de sa sœur.
Une passerelle vers la mer
La voiture d'Elaine est retrouvée sur le parking du cimetière de Shanganagh, là où elle s'est recueillie avec son père sur la tombe de sa mère, mais les caméras du cimetière ne fonctionnent pas. Pourtant, un joggeur, Conor Guilfoyle, se souvient d'une femme qui l'a arrêté dans le parc voisin pour lui demander le chemin d'une passerelle au-dessus de la voie ferrée. Elle ne l'a pas remercié, et un peu plus tard, il l'a revue sur la passerelle, en train de marcher vers la mer. Conor ne se rappelle plus le jour. Son application de course a tout enregistré, et c'était bien le 22 août 2012, en fin de journée.
De l'autre côté de cette passerelle, il y a des falaises et le rivage. Avec son hospitalisation et ses tentatives passées, la police pense qu'Elaine s'est jetée à la mer, et sa famille finit par le croire aussi. Pendant 13 mois, Elaine O'Hara reste une disparue, jusqu'à ce qu'un été très sec fasse baisser l'eau d'un réservoir du comté de Wicklow.
Un été sans pluie
L'été 2013 est si sec qu'au réservoir de Vartry, près de Roundwood, dans le comté de Wicklow, l'eau baisse de 5 mètres au lieu des 2 habituels. Le 10 septembre 2013, William Fegan, un garde-pêche à temps partiel, s'arrête sur un pont d'où l'on voit tout le réservoir, et juste en dessous, il remarque quelque chose qui brille dans l'eau.
Avec son frère James et un ami, Mark Quinn, il ressort des chaînes, des menottes, des bâillons, un bandeau, une corde et un débardeur blanc. Ils laissent tout sur place, mais William n'arrive pas à se sortir cette trouvaille de la tête, si bien que le lendemain matin, il met les objets dans un sac et il les apporte au poste de la Garda, la police irlandaise, à Roundwood.
Le garda James O'Donoghue va voir, mais l'eau est trouble. Le 16 septembre, il revient, il entre dans l'eau en uniforme, et il en sort un masque en cuir, un couteau, un inhalateur pour l'asthme et un trousseau de clés, avec une carte de fidélité de supermarché. Le lendemain, le magasin lui donne le nom de la titulaire de la carte, Elaine O'Hara, signalée disparue 13 mois plus tôt. Sauf que 4 jours avant, dans les montagnes de Dublin, quelqu'un a déjà trouvé des ossements.
Millie ne revient pas
Le 13 septembre 2013, vers 14h, sur un terrain privé près de Killakee, dans les montagnes de Dublin, Magali Vergnet ne voit plus sa chienne Millie. Magali est dresseuse de chiens, et elle promène régulièrement sa petite troupe sur ce terrain. Depuis le 21 août, un de ses chiens lui rapporte des os, et elle pense qu'ils viennent d'un animal mort, ce qui est logique dans une forêt. Sauf qu'en cherchant Millie, elle tombe sur un os à côté d'un pantalon de survêtement, et c'est ce vêtement qui la convainc que ces os ne sont pas ceux d'un animal. Alors elle prévient le propriétaire du terrain, Frank Doyle, et le soir même, en revenant avec lui, elle voit une mâchoire humaine.
Les enquêteurs ne retrouvent qu'environ 65 % du squelette, parce que des animaux ont emporté une partie des restes, et le crâne, les avant-bras et les mains ne seront jamais retrouvés. Les dents, elles, correspondent au dossier dentaire d'Elaine. Personne ne peut dire comment elle est morte, mais avec les objets du réservoir, les enquêteurs ne croient plus au suicide, et l'enquête pour meurtre s'installe au poste de Blackrock.
Le 17 septembre, puis le 7 octobre 2013, les plongeurs de la Garda fouillent le réservoir de Vartry. Ils en ressortent un autre couteau, des lunettes qui correspondent à l'ordonnance d'Elaine, un sac à dos, et des téléphones Nokia. Dans 2 d'entre eux, il n'y a qu'un seul contact, enregistré dans l'un sous "MSTR", comme maître, et dans l'autre sous "SLV", comme esclave.
Une vie pour une vie
Les spécialistes de la Garda récupèrent plus de 2 600 messages. Dans l'iPhone et l'ordinateur d'Elaine, ils trouvent aussi la trace d'un téléphone prépayé, acheté le 25 mars 2011 au nom de "Goroon Caisholm", avec une adresse dans le comté de Tipperary, et ce numéro envoie à Elaine des messages qui parlent de poignarder une femme.
Le 29 juillet 2011, Elaine lui répond "Monsieur, je ne veux pas mourir". Elle lui dit aussi qu'elle laisserait tout tomber pour avoir un bébé, et l'homme lui propose un marché. "Une vie pour une vie. Aide-moi à en prendre une et je t'en donnerai une."
Dans l'ordinateur d'Elaine, les enquêteurs trouvent aussi un prénom, Graham. Dans son appartement, ils saisissent son matelas, et un scientifique de la police, le docteur David Casey, y relève 5 entailles de couteau, du sang d'Elaine, et un ADN qui n'est pas le sien, celui d'un homme qu'il reste à identifier.
Des avions dans la montagne
Parmi tous les messages, il y en a un que personne ne comprend. Le 12 juin 2011, l'homme a écrit à Elaine "Horrible, 15 % de baisse de salaire et cinquième au vol", et ce vol reste une énigme jusqu'au soir du 27 septembre 2013, quand l'inspecteur Colm Cregan se souvient d'avoir vu des modèles réduits d'avions voler dans les montagnes de Wicklow.
Avec l'inspecteur Jim Mulligan, il consulte le site de la fédération irlandaise d'aéromodélisme, et ils y trouvent un architecte prénommé Graham, marié, avec 2 enfants. "Vous tenez peut-être quelque chose, les gars", leur répond le sergent Peter Woods. Le club de Roundwood confirme qu'un certain Graham Dwyer a fini cinquième d'un concours la veille du message.
Graham Dwyer est né le 13 septembre 1972 à Bandon, dans le comté de Cork. Il a étudié l'architecture à Dublin, et avec sa première compagne, Emer McShea, il a eu un fils, Senan. En 2002, il a épousé Gemma, elle aussi architecte, la famille vit à Foxrock depuis 2007, et Graham est l'un des directeurs du cabinet A&D Wejchert, à Dublin.
Ce même 27 septembre, à 5h du matin, une autre équipe, qui a reçu une information confidentielle une semaine plus tôt, a fouillé légalement les poubelles de la maison de Foxrock, et elle en a rapporté une boîte de cire pour voiture.
L'ADN qu'on y trouve correspond à celui du lit d'Elaine.
"Descends sur le rivage et attends"
Entre le 14 et le 22 août 2012, pendant qu'Elaine est à l'hôpital, les 2 téléphones Nokia s'écrivent sans arrêt. Le 14 août, l'homme lui demande s'il a raison de penser qu'elle ne veut plus mourir, et comme elle lui assure que personne ne connaît son nom, il lui dit que s'il croise sa voisine, il sera "ton frère, David". Ensuite, il demande si cette voisine ferait une bonne victime. "Trop près de la maison", répond Elaine.
Le 20 août, il exige qu'elle accepte une punition, et Elaine finit par écrire "Monsieur, je prendrai les coups de couteau". Il répond qu'il doit voir du sang et qu'il veut le faire dehors. Le lendemain, il parle de la savoir attachée à un arbre au fond d'une forêt, et il écrit qu'il a trouvé un endroit très isolé. "Maintenant, je suis terrifiée", répond Elaine. Ce même matin du 21 août, un couteau de chasse à 95 euros, commandé sur internet par Graham Dwyer le 17 août, est livré à son bureau avec la mention "privé et confidentiel", et ce couteau n'a jamais été retrouvé.
Le 22 août, à 8h, Elaine écrit qu'elle a peur de lui, et dans la matinée, il répond qu'il est important pour lui qu'elle sente qu'il a le droit de prendre la vie de son esclave s'il le veut. Vers midi, quand elle annonce qu'elle sort plus tôt de l'hôpital, il lui donne ses instructions. Elle doit manger, prendre un antidouleur, mettre des chaussures pour la boue, laisser son iPhone chez elle, n'emporter que le téléphone esclave et ses clés, et se garer au cimetière de Shanganagh à 17h30. À 16h50, elle demande si elle peut garder ses chaussettes. "Oui pour les chaussettes. Laisse l'inhalateur dans la voiture."
À 17h22, Elaine écrit qu'elle est arrivée, et il lui dit d'aller à pied jusqu'au parc voisin, puis de traverser le pont du chemin de fer, vers les falaises. Vers 18h, il envoie son dernier message. "Descends sur le rivage et attends." À 18h26, le téléphone professionnel de Graham Dwyer passe par une antenne qui couvre les pentes de Killakee.
Un visiteur à Belarmine Plaza
À Belarmine Plaza, l'équipe du sergent Kevin Duggan regarde chaque heure d'images enregistrées de janvier à août 2012, plus de 5 000 heures au total. Graham Dwyer entre dans l'immeuble à 9 dates différentes, et le 13 et le 15 août 2012, il en ressort avec un sac à dos rouge et noir, le même que celui retrouvé par les plongeurs, et après le 15 août, ce sac ne réapparaît plus jamais. Les téléphones secrets, eux, se trouvent toujours aux mêmes endroits que son téléphone professionnel, à Dublin, à Cork, à Galway ou dans le Donegal, et dans les messages, l'homme parle de la naissance de sa petite fille, d'une facture de garage, d'un vélo acheté pour aller au travail et d'une baisse de salaire, ce qui correspond chaque fois à la vie de l'architecte.
Le 17 octobre 2013, à 7h05, les enquêteurs arrêtent Graham Dwyer chez lui, à Foxrock. Au poste de Blackrock, il est interrogé 5 fois en 24 heures, et pour commencer, il dit qu'il ne connaît pas Elaine. Il ne reconnaît une relation sexuelle avec elle qu'au quatrième interrogatoire, et sur les images, il se reconnaît avec le sac à dos. Sans s'en rendre compte, il confirme aussi la baisse de salaire, le concours et le nouveau vélo, mais il assure que "ces trucs bizarres", ce n'est pas pour lui.
Le 18 octobre 2013, il est inculpé du meurtre d'Elaine O'Hara, et ses 3 demandes de remise en liberté sont refusées. Le 17 février 2014, son avocat envoie aux enquêteurs un plan dessiné à la main du sous-sol du cabinet, avec un carton entouré. À l'intérieur, il y a 2 couteaux.
Près de 200 témoins à la barre
Le 22 janvier 2015, le procès s'ouvre devant la Cour criminelle centrale de Dublin et le juge Tony Hunt, et Graham Dwyer plaide non coupable. Le procureur, Seán Guerin, reconnaît qu'aucun témoin ne l'a vu à Killakee et qu'aucune trace ne le place sur les lieux. Mais pour lui, Elaine était "presque la victime parfaite", parce qu'elle était malade, qu'elle avait déjà essayé de mettre fin à ses jours et qu'elle sortait à peine de l'hôpital, si bien que sa mort devait passer pour un suicide. "Il l'a tuée exactement comme il avait dit qu'il le ferait."
La défense, menée par Remy Farrell, répond qu'on ne sait pas de quoi Elaine est morte, qu'un suicide reste possible, et que les messages ne sont que des fantasmes. Pendant 45 jours, près de 200 témoins se succèdent. Emer McShea raconte que dès 1994, Graham lui parlait de son fantasme de poignarder une femme pendant l'amour, et qu'il apportait un couteau de cuisine dans leur chambre pour faire semblant, et leur fils, Senan, reconnaît son père sur les images de Belarmine Plaza.
Depuis le Maine, aux États-Unis, une jeune femme, Darci Day, témoigne par vidéo. Elle a connu Graham Dwyer sur internet en 2010 ou 2011, à une période où elle était très déprimée, et il lui a décrit un plan pour la tuer, en lui disant aussi qu'Elaine lui ressemblait et qu'elle avait des idées suicidaires. Le jury voit aussi des vidéos où Graham Dwyer blesse Elaine avec un couteau pendant leurs rapports, et pendant leur diffusion, le public est sorti de la salle. Gemma Dwyer, elle, reconnaît la pelle retrouvée près des restes d'Elaine. "C'est notre pelle."
Notre peine à perpétuité
Le 27 mars 2015, après environ 7 heures et demie de délibéré, le jury déclare Graham Dwyer coupable, à l'unanimité, et le juge Hunt dit qu'il est d'accord "à 110 %". Le 20 avril 2015, il le condamne à la prison à vie, la seule peine possible pour un meurtre en Irlande. Ce jour-là, on lit la déclaration écrite par Frank O'Hara, où la famille se demande quand Elaine a compris que ce n'était plus un jeu, et si elle a été laissée seule dans la montagne. "C'est NOTRE peine à perpétuité. Pour nous, il n'y a pas de libération conditionnelle."
Pendant 9 ans, Graham Dwyer se bat contre sa condamnation, en s'attaquant à la loi irlandaise de 2011 qui a permis de conserver les données de ses téléphones. En 2018, la Haute Cour lui donne raison sur ce point, et en avril 2022, la Cour de justice de l'Union européenne juge elle aussi cette conservation générale contraire au droit européen. Mais le 24 mars 2023, la Cour d'appel rejette tous ses arguments, et le 31 juillet 2024, les 7 juges de la Cour suprême confirment sa condamnation à l'unanimité, parce que même sans ces données, les preuves sont "écrasantes et sans réplique". C'est son dernier recours en Irlande, et la famille O'Hara espère qu'Elaine peut "enfin reposer en paix".
En Irlande, une condamnation à perpétuité n'exclut pas une libération conditionnelle, et depuis une loi de 2019, un condamné peut demander à être examiné au bout de 12 ans. Graham Dwyer est détenu depuis octobre 2013, et à ce jour, aucune décision le concernant n'a été rendue publique.
Elaine avait 36 ans. En 2014, sa famille va chercher pour elle le diplôme Montessori qu'elle préparait le soir, pour devenir enfin enseignante.
L'affaire Elaine O'Hara en vidéo ⬇️



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Sources :
The Irish Times, ouverture du procès et thèse de l'accusation, 23 janvier 2015 : https://www.irishtimes.com/news/crime-and-law/courts/criminal-court/death-of-elaine-o-hara-very-nearly-the-perfect-murder-1.2076125
The Irish Times, parcours psychiatrique d'Elaine O'Hara, 27 mars 2015 : https://www.irishtimes.com/news/crime-and-law/vulnerable-elaine-o-hara-in-psychiatric-care-from-age-of-16-1.2155998
RTÉ News, comment la Garda a construit le dossier, 27 mars 2015 : https://www.rte.ie/news/2015/0327/690272-garda-case-against-graham-dwyer/
TheJournal.ie, déclaration de la famille O'Hara à l'audience de peine, 20 avril 2015 : https://www.thejournal.ie/elaine-ohara-statement-family-2058725-Apr2015/
RTÉ News, rejet du dernier appel par la Cour suprême, 31 juillet 2024 : https://www.rte.ie/news/ireland/2024/0731/1462715-dwyer-court-elaine-ohara/
Wikipédia (en anglais), meurtre d'Elaine O'Hara, consulté le 18 octobre 2026 : https://en.wikipedia.org/wiki/Murder_of_Elaine_O%27Hara
