Affaire Darcey Freeman : 4 ans, jetée d'un pont de 58 m

Devant le portail de l'école, le jeudi 29 janvier 2009, à Melbourne, en Australie, Peta Barnes attend sa fille, Darcey, 4 ans, qui fait sa toute première rentrée, et que son père doit amener avec son grand frère. L'heure tourne, et avec les embouteillages du matin, un retard peut arriver, sauf que quand Peta appelle le père de ses enfants pour savoir où ils en sont, il ne lui parle ni de la route ni de l'heure d'arrivée. Il lui dit "Dis au revoir à tes enfants", et quelques minutes plus tard, son 4x4 blanc s'engage sur le pont West Gate.

Darcey Freeman, une petite fille têtue

Darcey Iris Freeman a 4 ans, et ce matin-là, elle entre à l'école primaire dans le même établissement que son grand frère, qui a 6 ans. Elle a aussi un petit frère de 2 ans, et depuis que leurs parents sont séparés, les 3 enfants partagent leur temps entre leur mère, Peta Barnes, et leur père, Arthur Freeman.

Arthur a 35 ans, il travaille dans l'informatique et il vit à Hawthorn, un quartier de l'est de Melbourne. Ses amis d'université le décrivent comme un père qui aime ses enfants, et l'un d'eux se souvient de lui en train de jouer au foot sur la plage avec Darcey et ses 2 frères. Avec sa fille, pourtant, ce n'est pas toujours simple. Pour lui, Darcey a du caractère, c'est une petite fille têtue qu'il faut tenir avec fermeté, même s'il pense savoir s'y prendre avec elle. Darcey, elle, est très proche de sa mère.

Ce matin de rentrée, c'est pourtant son père qui doit la conduire à l'école, avec son grand frère. Les enfants ont passé la nuit sur la côte, chez leurs grands-parents paternels, donc il y a un peu de route jusqu'à Melbourne, et Peta, elle, a prévu de les retrouver directement sur place. La veille, les parents de Darcey étaient encore au tribunal.

Une décision tombée la veille

Le mardi 27 et le mercredi 28 janvier 2009, Arthur Freeman et Peta Barnes se retrouvent devant la justice familiale, à Melbourne, pour régler leur divorce et la garde des enfants. La procédure dure depuis longtemps, et le mercredi 28, elle se termine. Le tribunal rend ses décisions définitives, et pour Arthur, c'est un coup dur, parce que le temps qu'il passe avec ses 3 enfants est réduit.

Le soir même, il prend la route d'Aireys Inlet, un petit hameau de bord de mer au sud-ouest de Melbourne, où vivent ses parents et où les enfants sont déjà installés. Il fait une chaleur écrasante sur l'État de Victoria, et la nuit n'apporte aucune fraîcheur.

Quand son père, Peter Freeman, le voit arriver, il est frappé par son état. Arthur semble ailleurs, presque en transe, "dans son propre monde", et Peter ne l'a jamais vu aussi bouleversé par une histoire de garde. Pourtant, son fils refuse toute aide. Pour Peter, Arthur a l'impression de devoir sans cesse justifier son droit d'être père, face aux procédures que mène son ex-femme.

Le lendemain matin, Arthur est toujours aussi tendu. Alors Peter lui propose de garder les enfants à la maison pour la journée, et comme Arthur veut quand même partir, il lui propose de les conduire lui-même à Melbourne.

Arthur refuse. Il installe ses 3 enfants à l'arrière de son Toyota Land Cruiser blanc, et il part seul avec eux.

"Dis au revoir à tes enfants"

Sur la route du retour, Arthur téléphone au volant à une amie qui vit à l'étranger, Elizabeth Lam, et très vite, il fond en larmes. Il lui parle de son mariage qui s'est écroulé et de la décision du tribunal sur la garde, et il lui dit que, où qu'il se tourne, il ne trouve que des "femmes en colère". Pour Elizabeth, Arthur est surtout malheureux, et rien dans ce qu'il dit ne l'alarme, au point que l'idée qu'il puisse faire du mal à quelqu'un ne lui traverse même pas l'esprit. Au milieu de la conversation, la communication se coupe, et elle ne le rappelle pas.

À Melbourne, devant l'école, Peta Barnes attend toujours. L'heure tourne, et ni la voiture d'Arthur ni les enfants n'apparaissent au bout de la rue. Avec les embouteillages du matin, un retard, ça peut arriver, alors Peta appelle Arthur pour savoir où ils en sont. Quand il décroche, il ne parle ni de la route ni de l'heure d'arrivée. Il lui dit "Dis au revoir à tes enfants", et il ajoute qu'elle ne les reverra jamais.

Quelques minutes plus tard, le Land Cruiser blanc s'engage sur le pont West Gate.

Un 4x4 blanc sur la voie d'arrêt d'urgence

Le pont West Gate, c'est une autoroute de 8 voies suspendue au-dessus de la Yarra, la principale route qui relie le centre de Melbourne à l'ouest de la ville, et ce matin-là, à l'heure de pointe, ça roule au pas. Peu après 9h, le 4x4 blanc ralentit sur la voie de gauche, puis il s'arrête sur la voie d'arrêt d'urgence, près du point le plus haut du pont, et Arthur allume ses feux de détresse.

Il descend, il fait le tour jusqu'à la portière arrière, et alors que ses 2 fils sont assis sur la banquette, c'est vers Darcey qu'il se penche. Il la détache, il la prend dans ses bras, et il la porte jusqu'à la rambarde. Les témoins qui voient la scène depuis leur voiture remarquent que la petite fille ne se débat pas, et qu'elle ne crie pas non plus. Il est environ 9h15 quand Arthur Freeman la fait passer par-dessus la rambarde.

Barry Nelson, un automobiliste de 43 ans, voit passer par-dessus le parapet "les membres et les cheveux d'un enfant", une enfant qui tombe "comme une poupée de chiffon". Darcey chute de 58 mètres, jusqu'à l'eau de la Yarra. Ce que Barry Nelson n'oublie pas non plus, c'est l'homme qui revient ensuite vers sa voiture, d'un pas tranquille, "totalement neutre", comme s'il venait de poster une lettre.

Arthur remonte au volant, il attache sa ceinture, et il redémarre.

Elle ne sait pas nager

Sur la banquette arrière, le grand frère de Darcey a tout vu, et à 6 ans, il sait une chose, sa petite sœur ne sait pas nager. Alors il supplie son père de faire demi-tour, de retourner la chercher, et il le répète encore et encore. Le petit frère, lui, n'a que 2 ans.

Le 4x4 s'arrête une fois, brièvement. Arthur ne fait pas demi-tour. Barry Nelson essaie de l'interpeller, et Arthur repart quand même. Il quitte le pont, et il continue de rouler.

Derrière lui, les automobilistes affolés appellent la police. Plusieurs ont relevé la plaque du Land Cruiser, et une immense chasse à l'homme se met en place dans Melbourne. Les policiers recherchent un 4x4 blanc avec un homme et 2 petits garçons à bord, et ils ont peur de ce qu'ils vont trouver, parce que si cet homme a pu jeter sa fille d'un pont, rien ne dit que ses fils sont en sécurité.

Au pied du pont, la police fluviale arrive la première. Les policiers sortent la petite fille de l'eau moins de 10 minutes après l'alerte, et à ce moment-là, Darcey est encore en vie.

Des dessins sur ses jambes

Quand l'ambulancière Glenys Winter arrive au bord de l'eau, Darcey est en arrêt cardiaque. Son petit corps est couvert d'ecchymoses, et sur ses jambes, Glenys remarque des dessins, de ceux qu'une enfant de 4 ans s'amuse à se faire toute seule. Les secouristes se battent pour la ranimer, puis un hélicoptère l'emmène au Royal Children's Hospital, l'hôpital pour enfants de Melbourne, avec de graves blessures internes.

Peta attend toujours des nouvelles de ses enfants quand son téléphone sonne. C'est son avocat, qui lui annonce qu'une enfant de 4 ans vient d'être jetée du pont West Gate. Elle file aussitôt à l'hôpital, pour être auprès de sa fille, et pendant ce temps, personne ne sait où est passé le Land Cruiser blanc, ni ce que sont devenus l'homme qui le conduit et les 2 petits garçons assis à l'arrière. Vers 10h30, un appel arrive enfin à la police.

Un homme qui tremble dans le hall

L'appel vient du Commonwealth Law Courts, un grand bâtiment du centre de Melbourne qui abrite le tribunal de la famille et le tribunal fédéral qui juge, lui aussi, les affaires familiales. C'est donc là que se règlent les divorces et les gardes d'enfants, et les agents de sécurité, ici, sont formés pour repérer les gens en détresse. Dans le hall, ils voient un homme qui pleure et qui tremble sans pouvoir s'arrêter, avec 2 petits garçons accrochés à lui.

L'homme supplie les agents de s'occuper de ses enfants. Il a tellement de mal à parler que c'est son fils aîné, 6 ans, qui donne aux agents le nom de ses parents, et pendant qu'ils attendent la police, des employés du tribunal changent la couche du plus petit.

Le premier policier qui s'approche de lui, l'agent principal Shaun Hill, ne l'entend prononcer que quelques mots, "Emmenez-moi". Arthur Freeman est menotté et arrêté, et des amis de la famille viennent chercher les 2 garçons. Au même moment, à l'hôpital pour enfants, Peta Barnes est au chevet de sa fille.

Darcey Freeman ne se réveille pas

À 13h35, environ 4 heures après sa chute, Darcey meurt au Royal Children's Hospital, avec sa mère à ses côtés, et un peu plus tard, c'est Peta qui identifie formellement le corps de sa fille. En quelques heures, l'affaire ouvre tous les journaux télévisés du pays. "Souvent, on se dit qu'on a tout vu, mais non", lâche l'inspecteur Steve Clark devant les journalistes, et le Premier ministre de l'État de Victoria, John Brumby, avoue qu'il a "frissonné" en apprenant la nouvelle. Le soir, les policiers et les ambulanciers qui ont participé aux secours sont pris en charge par des psychologues.

Arthur Freeman, lui, est inculpé de meurtre. En garde à vue, il n'arrive pas à dire un mot, il tremble et il pleure, et dans l'après-midi, devant le tribunal de première instance de Melbourne, on apprend qu'un médecin l'a jugé inapte à être interrogé, parce qu'il a peur qu'il tente de mettre fin à ses jours. Il est placé en détention.

Son avocate dans la procédure de divorce, Zelma Rudstein, décrit un "père dévoué et aimant", et pour elle, personne ne pouvait prévoir un tel drame. Sauf que près de 2 ans plus tôt, Peta Barnes avait déjà confié à un médecin ce qu'elle redoutait.

Ce que Peta avait confié

Le 13 avril 2007, Peta Barnes est assise dans le cabinet de son médecin généraliste, et elle lui parle de son mari. Elle le décrit comme un homme en colère et irrationnel, qui la bouscule et la pousse, et qui s'énerve souvent contre les enfants. Au moment de le quitter, elle confie à son médecin qu'elle le croit assez rancunier pour tuer leurs enfants, uniquement pour se venger d'elle.

À un deuxième médecin, elle répète qu'elle a peur de sa violence et qu'elle craint qu'il fasse du mal aux enfants. Aucun des 2 ne prévient les autorités, parce que tous les 2 savent que Peta est en contact avec un avocat et avec la police, et ils pensent que ce sont eux les mieux placés pour agir.

Au tribunal de la famille, la procédure continue. Environ 2 semaines avant le drame, une psychologue clinicienne, Jennifer Neoh, s'entretient longuement avec Arthur Freeman. Elle relève chez lui "des problèmes chroniques de personnalité et de relations avec les autres", une difficulté à raisonner de façon rationnelle, et un comportement passif-agressif qui "semble semer le chaos autour de lui", et pour elle, rien ne garantit que sa personnalité n'expose pas ses enfants à un climat de conflit, avec un risque de leur faire du mal sur le plan psychologique.

Une autre phrase, elle, n'apparaît dans aucun rapport. En 2008, au plus fort de la bataille pour la garde, Arthur aurait lancé, lors d'un dîner de famille, que Peta "le regretterait" s'il perdait la garde des enfants. C'est un proche, resté anonyme, qui le raconte au quotidien The Age après le procès, et sur le moment, il avait cru qu'Arthur parlait de dépenser jusqu'à son dernier sou pour récupérer ses enfants.

Fou ou mauvais ?

En octobre 2009, au terme des audiences préliminaires, Arthur Freeman murmure "Non coupable, votre honneur", et il est renvoyé devant la Cour suprême de l'État de Victoria. Son procès s'ouvre au mois de mars 2011, devant le juge Paul Coghlan, et entre-temps, il a changé, puisque l'homme rasé de près aux cheveux courts arrive dans le box avec les cheveux en bataille et une barbe épaisse. Il ne conteste pas avoir jeté sa fille du pont, mais il plaide non coupable pour cause de troubles mentaux.

Peta Barnes témoigne sans craquer. Elle raconte les sautes d'humeur d'Arthur et sa difficulté à maîtriser sa colère, et quand un avocat de la défense parle de lui comme de son "mari", elle le reprend aussitôt. "Ce n'est pas mon mari."

Ensuite, les jurés regardent l'audition filmée du grand frère de Darcey. Le petit garçon parle sur un ton presque détaché, en balançant les jambes et les bras sur sa chaise, comme un enfant qui s'impatiente. Il raconte que son père a arrêté la voiture sur le pont, qu'il a pris Darcey et qu'il l'a laissée tomber par-dessus le bord. "Elle n'a même pas crié pendant sa chute", dit-il. Il a demandé à son père de retourner la chercher, parce que Darcey ne sait pas nager, "mais il a continué à rouler".

Quand le médecin légiste, Matthew Lynch, détaille les blessures de Darcey, au cœur, aux poumons et au cerveau, Arthur pleure dans son mouchoir, les yeux levés vers le plafond. Elizabeth Lam, elle, s'effondre plusieurs fois à la barre, et le juge lui demande de ne pas se le reprocher. Pour la défense, tout le procès tient dans une seule question, celle que l'avocat David Brustman pose aux jurés, savoir si Arthur Freeman était "fou" ou s'il était "mauvais".

6 psychiatres et un seul avis contraire

Pour répondre à cette question, 6 psychiatres ont examiné Arthur Freeman, et un seul vient défendre l'idée d'une maladie. C'est le professeur Graham Burrows, l'unique expert de la défense. Pour lui, Arthur souffre d'une grave dépression, qui l'a plongé dans un état dissociatif au moment des faits, un peu comme un somnambule ou une personne sous hypnose. Il "ne savait pas ce qui se passait", et au moment du procès, il ne croit toujours pas avoir jeté sa fille du pont, mais il l'accepte, parce que les autres le lui disent.

Le procureur en chef, Gavin Silbert, le qualifie de "psychiatre de dernier recours", et il demande aux jurés pourquoi l'accusé a adopté cette allure de "moine fou à la Raspoutine". Les 2 psychiatres de l'accusation, eux, ne voient aucune maladie. Pour Yvonne Skinner, Arthur était anxieux et bouleversé, mais il a agi de façon consciente et volontaire, et son geste correspond à ce qu'elle appelle une "vengeance conjugale". Elle explique aussi que la modification de la garde, celle qui l'a tant mis en colère, tournait autour des besoins de Darcey, la petite fille si proche de sa mère. Pour Douglas Bell, la "longue suite de gestes tournés vers un but" ne colle pas avec un esprit qui n'aurait plus conscience de ce qu'il fait, parce qu'un homme dissocié n'aurait pas préparé les enfants pour l'école, il n'aurait pas conduit dans les bouchons en téléphonant, et il ne se serait pas garé proprement en allumant ses feux de détresse. Un père qui s'en prend à ses enfants pour atteindre leur mère, c'est aussi ce que les experts de l'accusation ont vu au Québec, dans l'affaire Guy Turcotte.

Les jurés se retirent le mercredi 23 mars 2011, et ils délibèrent tout le week-end. Le dimanche, ils préviennent le juge qu'ils n'arriveront "jamais" à se mettre d'accord.

Un verdict juste avant 20h

Le juge Coghlan leur demande de continuer, et le lundi 28 mars 2011, juste avant 20h, au bout de 5 jours de délibérations, les 5 hommes et les 7 femmes du jury reviennent dans la salle. Ils écartent les troubles mentaux, parce que pour eux, Arthur Freeman a jeté sa fille du pont de façon consciente, volontaire et intentionnelle. Il est reconnu coupable de meurtre, et à l'annonce du verdict, Arthur ne bouge pas, les mains jointes devant lui. Peta, elle, reste droite, alors qu'autour d'elle, sa famille et les grands-parents de Darcey pleurent.

Le 1er avril, Peta se lève pour lire sa déclaration de victime, sauf que l'émotion l'empêche d'aller au bout, et c'est l'accusation qui la lit à sa place. La chute de Darcey est "l'épreuve la plus douloureuse" qu'elle ait jamais vécue et qu'elle vivra jamais, les images repassent sans cesse dans sa tête, et il ne se passe pas un jour sans qu'elle s'allonge dans son lit en imaginant serrer sa fille dans ses bras. La grand-mère de Darcey, elle, reste éveillée la nuit, à penser à la peur qu'a dû ressentir sa petite-fille.

Le 11 avril 2011, Arthur Freeman, 37 ans, écoute sa peine sans un geste. "Jeter votre fille de 4 ans d'un pont, à plus de 58 mètres du sol, ne pourrait pas être plus horrible", lui dit le juge, et "les dernières pensées de Darcey sont insupportables à imaginer". Pour le juge, il s'est servi de sa fille pour blesser son ex-femme "aussi profondément que possible". Il est condamné à la réclusion à perpétuité, avec une peine de sûreté de 32 ans, et il ne pourra pas demander de libération conditionnelle avant le 29 janvier 2041, 32 ans jour pour jour après la mort de Darcey.

Le juge quitte la salle, et Arthur se met à crier depuis le box. Il parle d'un membre de la famille Barnes et d'une mine de diamants d'Australie-Occidentale, et 3 agents de sécurité doivent le tirer hors du box.

Des barrières sur le pont West Gate

Arthur Freeman trouve sa peine trop lourde, et il essaie de faire appel, mais les juges refusent, une première fois en juillet 2011, puis une deuxième fois le 9 novembre. Eux aussi voient un homme qui n'a jamais exprimé le moindre remords, qui ne pense qu'à lui, et qui ne s'est jamais excusé auprès de personne.

Sur le pont West Gate, dès février 2009, dans les semaines qui suivent la mort de Darcey, des barrières provisoires sont installées. Elles étaient prévues depuis décembre, et après ce matin de janvier, le gouvernement de Victoria accélère tout. Peta, elle, sait qu'un coroner avait demandé dès 2004 qu'on équipe le pont, si bien qu'en 2012, elle attaque l'agence des routes de l'État, VicRoads, et en septembre 2014, l'affaire se termine par un accord dont le montant reste secret.

En juillet 2015, le coroner de l'État de Victoria, le juge Ian Gray, ouvre les audiences de son enquête sur la mort de Darcey. Le docteur Ian Schapkaitz, l'un des médecins de Peta, y assure qu'avec le recul, il ne ferait rien différemment, parce qu'il avait vu Arthur amener ses enfants se faire vacciner, et que ce jour-là, il était resté "parfaitement calme". Se demander qui aurait pu voir venir la mort d'une enfant, c'est aussi la question qu'on s'est posée au Canada, après la mort d'une petite fille, dans l'affaire Phoenix Sinclair. Le 30 octobre 2015, Ian Gray rend ses conclusions. Pour lui, le geste d'Arthur ne pouvait pas être prévu avec certitude, la responsabilité de la mort de Darcey repose sur lui seul, et il recommande de rendre obligatoire, pour les médecins généralistes, une formation aux violences familiales. Peta, elle, remercie les policiers de la brigade fluviale qui ont sorti sa fille de l'eau, ces "héros de l'ombre".

Darcey avait 4 ans, et elle devait entrer à l'école ce matin-là. Dans le rapport du coroner, elle ne porte plus le nom de son père. Elle s'appelle Darcey Iris.

L'affaire Darcey Freeman en vidéo ⬇️

Portrait de Darcey Freeman, fillette de 4 ans tuée à Melbourne en 2009, affaire Darcey Freeman
Portrait de Darcey Freeman, fillette de 4 ans tuée à Melbourne en 2009, affaire Darcey Freeman

Sources :

ABC News, la condamnation d'Arthur Freeman à la prison à vie, 11 avril 2011 : https://www.abc.net.au/news/2011-04-11/dad-gets-life-for-horrible-bridge-murder/2622102
ABC News, le verdict du jury de la Cour suprême de Victoria, 28 mars 2011 : https://www.abc.net.au/news/2011-03-28/dad-guilty-of-westgate-bridge-murder/2640356
ABC News, l'audition filmée du frère de Darcey diffusée au procès, 9 mars 2011 : https://www.abc.net.au/news/2011-03-09/darcey-didnt-scream-when-thrown-off-bridge/2663354
The Age via le Bendigo Advertiser, le verdict et les psychiatres du procès, 28 mars 2011 : https://www.bendigoadvertiser.com.au/story/714633/arthur-freeman-guilty-of-darceys-murder/
The Sydney Morning Herald, les derniers instants de Darcey Freeman, 30 janvier 2009 : https://www.smh.com.au/national/last-moments-of-darcey-freeman-20090130-gdtbnn.html
ABC News, les conclusions du coroner Ian Gray, 30 octobre 2015 : https://www.abc.net.au/news/2015-10-30/darcey-freeman-inquest-coroners-report/6901192
AAP via The Guardian, la mort de Darcey "ne pouvait pas être prévue", 31 octobre 2015 : https://www.theguardian.com/australia-news/2015/oct/31/of-girl-thrown-from-bridge-by-father-could-not-have-been-predicted