Affaire Amandine : "punie de manger", 28 kilos à 13 ans

Portrait d'Amandine, collégienne de 13 ans de Montblanc, dans l'Hérault, affaire Amandine
Portrait d'Amandine, collégienne de 13 ans de Montblanc, dans l'Hérault, affaire Amandine

Le 12 mars 2020, au soir, quand Emmanuel Macron annonce la fermeture des collèges, à l'internat de Sigean, dans l'Aude, une nouvelle comme celle-là fait plutôt plaisir aux élèves. Amandine, 13 ans, elle, s'effondre au sol, elle n'arrive plus à respirer, et elle supplie la surveillante qui est avec elle de ne pas l'abandonner. Le 17 mars, elle rentre quand même dans la maison familiale de Montblanc, dans l'Hérault, et à partir de ce jour-là, plus personne en dehors de la famille ne la voit. Le 6 août, quand les pompiers la trouvent au deuxième étage, elle mesure 1,55 m, et elle ne pèse plus que 28 kilos.

Amandine, une enfant espiègle

Pour son père, Frédéric Florès, Amandine est une enfant normale, très normale. Elle est née en 2006, un an après sa grande sœur Ambre, et avant un petit frère, Ethan. Tous les 3 sont les enfants de Frédéric, alors que leur mère, elle, a eu 8 enfants en tout, et Amandine est la septième. Ses parents se séparent quand elle est petite, sa mère obtient la garde, et à partir de 2018, Frédéric ne voit plus du tout ses enfants.

À partir de 2017, Amandine est interne au collège, et elle ne rentre à la maison que le week-end et pendant les vacances. Seulement, elle ne reste jamais longtemps dans le même établissement, puisqu'elle fait sa sixième dans les Pyrénées-Orientales, sa cinquième à la cité scolaire François-Combes, à Montpellier, et sa quatrième au collège de Sigean, dans l'Aude. À la rentrée 2019, sur la photo de classe, elle ne sourit pas beaucoup, mais elle a un joli visage.

La maison où elle rentre le week-end, c'est celle de sa mère, à Montblanc, près de Béziers, avec des voisins de chaque côté. Sa mère s'appelle Sandrine Pissarra, et elle a eu ses 8 enfants de 3 pères différents. Ses 2 premières filles sont parties au Portugal avec leur père quand elles étaient toutes petites, et elle ne les a jamais revues. Avec Rémi Henry, elle a eu une petite fille, Samantha, morte à 3 mois d'une mort subite du nourrisson, puis Jérémy et Cassandra, qui ont quitté la maison dès leur majorité. En 2020, il ne reste donc à la maison que les 3 enfants de Frédéric, Ambre, Amandine et Ethan.

Ancienne serveuse, Sandrine est devenue prothésiste ongulaire, et depuis 2016, elle vit avec Jean-Michel Cros, qui dirige un centre de contrôle technique. Vu de l'extérieur, c'est une famille ordinaire, au point que dans la rue, certains voisins ne savent même pas que Sandrine a des enfants, et que d'autres jurent n'avoir jamais croisé Amandine.

Un appel sur la plage

Ce 6 août 2020, ce sont les pompiers qui montent les premiers au deuxième étage de la maison de Montblanc, et c'est là qu'ils trouvent Amandine. 20 minutes plus tard, le médecin du SMUR constate le décès. La mère d'Amandine est sur les nerfs, et elle répète en boucle que sa fille s'est étouffée avec une compote. Sauf que le médecin ne la croit pas. Le visage de l'adolescente est couvert d'hématomes, il lui manque des dents, et pour lui, elle a subi des mauvais traitements. Il refuse de signer le permis d'inhumer, et les gendarmes de Pézenas sont prévenus.

Le soir même, sur la plage de Saint-Cyprien, dans les Pyrénées-Orientales, Frédéric Florès profite des derniers rayons de soleil quand son téléphone sonne. Au bout du fil, on lui annonce d'abord qu'il y a un problème avec Amandine.

Puis on lui dit qu'elle est morte.

Un visage méconnaissable

Le lendemain, c'est en annonçant la mort de sa fille à son travail que Frédéric s'effondre. Le corps d'Amandine a été transporté à l'institut médico-légal de Montpellier, et quand Frédéric la voit sur la table, il a du mal à la reconnaître. Son visage est squelettique, défiguré par les hématomes, elle a un œil au beurre noir, il lui manque des dents, et une partie de ses cheveux a été arrachée. C'est pourtant bien sa fille.

Le médecin légiste conclut qu'Amandine est morte d'un arrêt cardiaque associé à une septicémie. Elle est au dernier stade de l'amaigrissement, quand le corps a épuisé toutes ses réserves et qu'il s'attaque aux muscles, cœur compris. Elle s'est beaucoup grattée, et sur un corps qui n'a plus aucune réserve, les plaies se sont infectées jusqu'à empoisonner son sang. Le légiste relève aussi des escarres, ces plaies qui apparaissent quand on reste trop longtemps immobile dans la même position, ce qui veut dire qu'à la fin, Amandine était trop faible pour bouger. Les experts évoquent aussi un possible syndrome de renutrition inappropriée, qui survient quand on réalimente trop vite quelqu'un qui n'a presque plus rien mangé depuis longtemps.

Surtout, le légiste date ce qui s'est passé. En août 2019, le poids d'Amandine était déjà trop bas pour sa taille. Pourtant, en mai 2020, un dentiste la voit, et sur les photos de son visage prises ce jour-là, elle n'a pas encore cet aspect décharné. Pour lui, elle a été très fortement privée de nourriture pendant 3 à 4 mois, et si elle avait pu sortir de cette maison entre mai et août, quelqu'un aurait forcément remarqué son état. Il en est sûr, Amandine est morte d'une dénutrition imposée par d'autres.

Jusqu'à la veille de sa mort, elle avait encore 50 % de chances d'être sauvée.

Une version bien rodée

Face aux enquêteurs, la mère d'Amandine explique que sa fille avait des troubles alimentaires. Elle la décrit comme une enfant compliquée, capricieuse, voleuse et menteuse, et selon elle, si Amandine passait du temps dans une petite pièce du rez-de-chaussée, c'est parce qu'elle choisissait d'y aller pour faire ses devoirs ou pour bouder. Jean-Michel Cros, lui, assure d'abord qu'il n'a rien remarqué.

Ambre et Ethan racontent la même histoire. Ambre décrit sa sœur comme "hypocrite" et "vicieuse", une adolescente anorexique et voleuse, morte d'une fausse route, et c'est mot pour mot la version de leur mère. Dans cette maison, tout le monde dit la même chose, et quelques jours après la mort d'Amandine, la famille part même en vacances en Corse.

Les gendarmes, eux, continuent de chercher. En 2021, plusieurs mois après le 6 août, Sandrine Pissarra et Jean-Michel Cros sont placés en garde à vue, puis en détention provisoire. Cassandra, la demi-sœur d'Amandine qui a quitté la maison à sa majorité, est mise en examen pour ne pas avoir dénoncé les mauvais traitements, avant de bénéficier d'un non-lieu, parce qu'elle n'avait pas vu Amandine depuis plusieurs mois et que, selon les expertises psychologiques, elle était elle-même sous l'emprise de sa mère. Pendant la garde à vue, quand Cassandra comprend que sa mère ne sortira pas, elle décide de tout dire.

"Un enfer sur terre"

Quand Cassandra est petite, chaque matin, elle ne sait pas comment sera sa mère ce jour-là, et quand elle raconte son enfance, elle la résume en 4 mots, "un enfer sur terre". Un jour, elle oublie un cahier, et pour ça, elle est privée de boire et de manger pendant 3 jours. Avec son frère Jérémy, elle doit se lever à 5h du matin pour faire le ménage, et si ce n'est pas bien fait, ils prennent des coups, au point qu'il leur arrive de rater le bus et l'école. Ils n'ont pas droit au goûter, ni au placard, et s'ils y vont quand même, ils sont frappés.

Julien Henry, le fils de Rémi, vit avec eux dans les années 2000, et lui mange toujours seul dans la cuisine. Il prend des claques, lui aussi, et il se recroqueville quand elle lève la main, jusqu'au jour où il la regarde dans les yeux sans bouger. À partir de ce jour-là, elle ne recommence plus.

Quand Amandine naît, Cassandra a une dizaine d'années, et quand le petit dernier, Ethan, arrive à son tour, c'est elle qui, la nuit, change ses couches et lui donne le biberon, "comme une maman, quoi". Pendant ce temps, elle voit sa petite sœur grandir avec les mêmes règles qu'elle. Toute petite, Amandine passe des heures sur son pot de chambre, et selon sa mère, c'est pour la rendre propre. Plus tard, quand elle est punie, elle doit écrire des lignes.

Peu à peu, c'est Amandine qui devient la cible.

Une règle en fer

À l'école primaire, Amandine vole les goûters de ses camarades et fouille les poubelles pour manger, et l'équipe pédagogique remarque des traces suspectes sur son corps. Des signalements sont faits en 2012, en 2013, puis en 2014. Le 27 mars 2014, en CE1, Amandine raconte elle-même à une enseignante ce qu'elle vit. "C'est maman qui m'a punie. Elle m'a mise à genoux sur une règle en fer. Elle m'a aussi donné des coups avec une louche." L'enseignante note des bleus, des genoux abîmés, et des difficultés à marcher.

Mais ensuite, Amandine revient sur ce qu'elle a dit, ses frères et sœurs nient tout, et sa mère produit un certificat médical qui explique les bleus et la perte de cheveux. L'enquête est classée sans suite en 2014. Le juge des enfants est saisi à 3 reprises, et aucune de ces saisines ne mène à une mesure qui protège Amandine, parce que les enfants savent quoi répondre. Avant chaque visite des assistantes sociales, leur mère leur fait la leçon, et elle leur explique que s'ils parlent, Amandine et Ethan seront placés et que la fratrie sera séparée. "On la croyait", dit Cassandra.

Ces adultes qui voient sans que l'enfant soit mis à l'abri, on les retrouve aussi dans l'affaire Gabriel Fernandez, en Californie. Frédéric Florès, lui, garde sa fille 2 ou 3 semaines chez lui au moment du signalement de 2014, et comme un médecin a affirmé que ces bleus n'étaient pas dus à des coups, il va dans son sens, et aujourd'hui encore, ça le hante. Pendant ces semaines, Amandine ne lui dit rien, si ce n'est qu'elle ne veut pas quitter la maison de sa maman, et ça, elle le répète.

Une collégienne qui "mange pour dix"

Au collège, Amandine est loin de chez elle toute la semaine, et ses camarades le remarquent vite, elle est petite et fine, mais à la cantine, elle "mange pour dix". Une adolescente qui a de l'appétit, ça n'a rien d'inquiétant. Sauf qu'Amandine ne mange pas seulement beaucoup, elle vole à la cantine, elle porte des manches longues en toute saison, et une mauvaise note suffit à la terroriser. La veille des week-ends, elle pleure souvent, parce qu'elle ne veut pas rentrer chez elle.

En novembre 2018, à la cité scolaire François-Combes de Montpellier, c'est un bleu sous l'œil qui alerte la direction. Amandine a 12 ans, et elle explique à la conseillère principale d'éducation qu'elle était en voiture avec son beau-père, qu'ils sont passés sur un dos-d'âne et qu'elle s'est pris ses lunettes dans l'œil. Seulement, à chaque rentrée, Amandine change d'établissement et de département, si bien qu'elle se retrouve à chaque fois devant des adultes qui ne savent rien d'elle.

Des cris derrière la fenêtre

À Montblanc, une adolescente vit dans la maison d'en face, et depuis la fenêtre de sa chambre, elle voit chez Amandine. En 2019, elle y entend des cris, alors elle en parle à sa mère, qui vient à la fenêtre pour écouter. Mais dehors, sa mère n'entend que les oiseaux chanter. La fois suivante, la jeune fille sort son téléphone, et elle enregistre.

Sur ces enregistrements, on entend la voix de la mère d'Amandine, qui menace de "la crever", et on entend Amandine, qui a 12 ans, sangloter et supplier. "Aïe, aïe, arrête, pas ça, j'ai mal." La mère de la voisine lui dit de garder l'enregistrement, mais elle ne l'écoute pas, parce que dans son esprit, on n'y entend rien. Ces fichiers restent dans un téléphone, de l'autre côté de la rue, et ils ne sont remis aux gendarmes qu'après la mort d'Amandine.

Cette femme qu'on entend la menacer, Amandine l'appelle "Madame" quand elle s'adresse à elle.

"Je ne vais pas tenir"

Le 12 mars 2020, au soir, Emmanuel Macron annonce la fermeture des crèches, des écoles, des collèges, des lycées et des universités. Dans un internat, ce genre de nouvelle fait plutôt plaisir aux élèves. Sauf qu'à Sigean, quand Amandine l'apprend, elle s'effondre au sol, elle n'arrive plus à respirer, et elle répète en boucle à la surveillante qui est avec elle, une jeune femme de 22 ans, qu'elle va mourir. "Je ne vais pas tenir", lui dit-elle, puis elle lui demande combien de temps ça va durer, et elle la supplie. "Aide-moi, ne m'abandonne pas."

Le lendemain, la surveillante va voir la conseillère principale d'éducation pour lui dire qu'il faut faire quelque chose, et on lui répond que l'assistante sociale est déjà au courant. Le 17 mars 2020, le jour du premier confinement, Amandine rentre à Montblanc, et elle ne retourne plus jamais au collège, même quand il rouvre en mai.

À partir de là, plus personne en dehors de la famille ne la voit.

Le débarras sans fenêtre

À la maison, Amandine n'a d'abord plus le droit de manger avec les autres, puis plus le droit de dormir dans la chambre des filles, et elle finit par être "descendue en bas", dans le cagibi du rez-de-chaussée, un débarras sans fenêtre, avec un lit de camp, entre l'aspirateur et des tas de vêtements. Elle n'en sort que pour faire le ménage, d'abord en t-shirt, puis nue, pour qu'elle ne puisse pas voler de goûters dans le placard, et quand le ménage est mal fait, elle est frappée.

Dans le débarras, il y a une caméra, reliée aux téléphones et à la tablette du couple. En Angleterre, dans l'affaire Arthur Labinjo-Hughes, c'est aussi en plein confinement qu'une caméra filme un enfant à l'intérieur de sa maison. Pendant que Sandrine tricote dans le salon, elle vérifie sur sa tablette qu'Amandine recopie bien ses lignes de punition, parfois jusqu'à 25 pages par jour, ou qu'elle reste bien au piquet, à genoux sur un rouleau. Quand elle s'absente, ce sont Ambre et Ethan qui surveillent leur sœur, "comme un garde". Ethan, lui, sait qu'Amandine ne mange pas, alors il lui glisse de la nourriture sous la porte. Et quand toute la famille sort, la porte est fermée à clé.

De temps en temps, Amandine arrive encore à écrire à ses copines, et dans ses derniers messages, elle leur dit qu'elle a beaucoup maigri, et qu'elle est "punie de manger". En avril 2020, elle réussit aussi à appeler son père. Ils parlent pendant près d'une heure, de tout et de rien, et Frédéric comprend qu'elle est seule, parce qu'elle parle librement.

Pourtant, pas une seule fois, elle ne lui dit ce qu'elle vit.

Une photo de classe à l'audience

Le 20 janvier 2025, le procès s'ouvre devant la cour d'assises de l'Hérault, à Montpellier. La cour est présidée par Éric Emmanuelidis, avec 3 magistrats professionnels et 6 jurés, 5 femmes et un homme. Sandrine Pissarra, 54 ans, est jugée pour actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner, et Jean-Michel Cros, 49 ans, pour avoir privé Amandine de soins et d'aliments. Ce premier jour, la mère d'Amandine répète que sa fille n'a pas été privée de nourriture, et que personne ne lui a fait ça.

Le lendemain, le président fait afficher la photo de classe de la rentrée 2019, puis le corps d'Amandine tel qu'on l'a retrouvé, et sa mère reste muette. Le soir, la cour diffuse les enregistrements de la voisine, et toute la salle entend Amandine supplier. Le président demande à Sandrine Pissarra si elle reconnaît les violences commises sur sa fille entre 2014 et le 17 mars 2020, puis ce qu'elle lui a fait subir après le confinement. Elle répond d'abord "Oui", puis "Oui, je reconnais".

Le dernier matin d'Amandine

Le 22 janvier, à la barre, Ambre, 19 ans, reconnaît qu'elle a menti aux gendarmes pour protéger sa mère, et elle raconte le 6 août 2020. Ce jour-là, elle se lève tard, et sa mère, paniquée, lui dit qu'Amandine va très mal. Jean-Michel Cros a aidé Amandine à monter, et c'est Ambre qui la lave sous la douche, et qui sent en la touchant à quel point elle est maigre. Amandine essaie de lui parler, mais Ambre ne comprend pas ce qu'elle dit. Elle l'habille et l'installe sur le lit, sa mère part chercher la voiture pour l'emmener à l'hôpital, et c'est là qu'Amandine se met à mousser de la bouche. Jean-Michel Cros la met en position latérale de sécurité, et Ambre dit de laisser tomber, parce qu'elle est morte.

Ethan, 15 ans, raconte que sa mère frappait la tête de sa sœur contre le mur, pour un oui ou pour un non. Lui aussi était frappé, 2 ou 3 fois par mois, et un jour, quand il avait 8 ans, sa mère lui a cassé une guitare sur le dos. "Pour moi, c'était normal de se faire frapper." Après le 6 août, sa mère lui a paru soulagée, et Cassandra se souvient que dès le lendemain, elle est allée chez la coiffeuse. "On aurait dit qu'il n'y avait jamais eu Amandine dans cette maison."

Le 23 janvier, fait rare, le président fait sortir Sandrine Pissarra du box. Elle parle de son enfance, d'une mère violente, d'un père absent, de la misère, du départ de ses 2 premières filles et de la mort de Samantha. Puis elle reconnaît qu'elle s'en est prise à Amandine parce qu'elle ressemblait à son père, et selon l'expertise psychiatrique présentée à l'audience, elle a pu reporter sur sa fille la haine qu'elle avait pour Frédéric Florès. "Je suis un monstre, je suis monstrueuse", dit-elle, avant d'ajouter aussitôt "Mais jamais je n'ai voulu donner la mort à Amandine."

Une "dictature familiale"

Le 24 janvier, l'avocat général Jean-Marie Beney décrit une "dictature familiale". Pour lui, la mort d'Amandine n'était pas prévue, alors on l'a montée là où il y a la douche, on l'a lavée, habillée, on a mis de la pommade sur ses plaies pour laisser croire qu'elle avait été soignée, et sa mère, prothésiste ongulaire, lui a fait les ongles. Jean-Michel Cros a reconnu les faits lui aussi, et il dit avoir "une culpabilité énorme". Mais pour l'avocat général, cet homme qui avait les images de la caméra sur son téléphone est un "collabo" qui ne voit rien, n'entend rien et ne dit rien. Il requiert la réclusion criminelle à perpétuité, avec 20 ans de sûreté, contre la mère, et 18 ans contre le beau-père. Avant que la cour se retire, Sandrine Pissarra présente ses excuses à ses enfants, et Jean-Michel Cros, lui, ne dit rien.

Le jour même, après 2 heures de délibéré, la cour condamne Sandrine Pissarra à la réclusion criminelle à perpétuité, avec une période de sûreté de 20 ans, et Jean-Michel Cros à 20 ans de réclusion criminelle, soit 2 ans de plus que ce qu'avait demandé l'avocat général. Sandrine Pissarra ne fait pas appel, parce que selon son avocat, elle ne veut pas imposer à ses enfants la douleur d'un second procès. L'avocat de Jean-Michel Cros, lui, voulait en parler avec lui après le verdict, et à ce jour, nous n'avons trouvé aucune trace d'un procès en appel.

À la sortie de l'audience, Frédéric Florès se dit vidé, mais pour lui, la justice a été rendue. Ce qu'il veut garder, c'est le souvenir d'une petite fille pleine de vie, espiègle, qui adorait les dessins animés et qui riait tout le temps.

Amandine avait 13 ans. Sur sa dernière photo de classe, elle ne souriait pas beaucoup, mais elle avait un joli visage.

L'affaire Amandine en vidéo ⬇️

À lire aussi :

➡️ Affaire Phoenix Sinclair
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Sources :

France 3 Occitanie, verdict du procès d'Amandine et réquisitoire de l'avocat général, 24 janvier 2025 : https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/herault/montpellier/reconnue-coupable-d-avoir-torture-et-affame-a-mort-sa-fille-de-13-ans-la-mere-d-amandine-condamnee-a-la-reclusion-criminelle-a-perpetuite-3096811.html
France 3 Occitanie, la mère d'Amandine reconnaît les faits après la diffusion de l'enregistrement de 2019, janvier 2025 : https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/herault/montpellier/proces-de-la-mort-d-amandine-oui-avoue-enfin-la-mere-en-entendant-un-enregistrement-de-l-adolescente-la-suppliant-d-arreter-les-coups-3095398.html
Franceinfo (avec l'AFP), la mère d'Amandine condamnée à la perpétuité, le beau-père à 20 ans, 24 janvier 2025 : https://www.franceinfo.fr/faits-divers/la-mere-d-amandine-morte-affamee-a-13-ans-condamnee-a-la-reclusion-a-perpetuite-le-beau-pere-a-20-ans-de-prison_7034666.html
Hérault Tribune, le témoignage de Cassandra Henry, sœur d'Amandine, 21 janvier 2025 : https://echo-des-tribunes.com/herault-tribune/articles/proces-pissarra-mon-enfance-cetait-un-enfer-sur-terre-raconte-la-soeur-damandine
Le Nouvel Obs, Ambre et Ethan à la barre, 23 janvier 2025 : https://www.nouvelobs.com/justice/20250123.OBS99362/au-proces-de-la-mort-d-amandine-13-ans-on-a-fait-comme-si-elle-n-avait-jamais-existe-et-je-me-suis-meme-demande-qui-serait-le-prochain.html
Le Figaro, la lente agonie d'Amandine et le témoignage de son père, 12 janvier 2025 : https://www.lefigaro.fr/faits-divers/la-lente-agonie-d-amandine-13-ans-privee-de-soins-et-morte-de-faim-quand-j-ai-vu-son-visage-j-ai-vu-l-holocauste-20250112