Affaire Adrian Jones : 7 ans, son corps donné aux cochons

Portrait d'Adrian Jones, petit garçon souriant en sweat bleu, dans le Kansas, affaire Adrian Jones
Portrait d'Adrian Jones, petit garçon souriant en sweat bleu, dans le Kansas, affaire Adrian Jones

Le 25 novembre 2015, la veille de Thanksgiving, une femme appelle la police de Kansas City, parce que son mari l'aurait frappée et aurait tiré 2 fois sur elle, avant de partir avec 6 enfants. En parlant avec elle, les policiers comprennent qu'il y a un autre enfant dans cette famille, Adrian, 7 ans, et que lui n'est nulle part. Depuis 2011, pourtant, les services de protection de l'enfance du Kansas et du Missouri ont reçu signalement après signalement à son sujet, et dans la maison, il y a plus de 30 caméras de surveillance.

Une nouvelle maison pour Adrian Jones

La mère d'Adrian s'appelle Dianna Pearce, et Adrian a une grande sœur, et d'autres frères et sœurs plus jeunes. Son père, Michael Jones, est garant de caution, c'est-à-dire qu'il avance aux personnes arrêtées l'argent de leur caution, en échange d'une commission.

En 2011, les services de protection de l'enfance du Kansas retirent les enfants à leur mère, alors Judy Conway, la grand-mère maternelle, demande à les prendre chez elle. Sauf que le père d'Adrian veut lui aussi la garde, et comme il est le père, c'est lui qui l'obtient, en septembre 2011, pour Adrian et 2 de ses frères et sœurs. Adrian a 3 ans, et il s'installe chez son père et sa nouvelle compagne, Heather, qui a elle-même des enfants. Des années plus tard, Judy Conway se demande encore ce qu'aurait été la vie d'Adrian s'il était venu vivre chez elle.

Un œil au beurre noir

En décembre 2011, 3 mois à peine après l'arrivée d'Adrian, la famille vit à Topeka, la capitale du Kansas, et Heather emmène aux urgences l'un des enfants de la maison, qui a fait une crise convulsive. Aux médecins, elle explique que l'enfant est tombé dans l'escalier, poussé par Adrian, alors qu'Adrian n'a que 3 ans, et qu'elle est la seule adulte à la maison à ce moment-là. Les médecins ne la croient pas, parce que l'enfant a une hémorragie interne et des bleus qui ne correspondent pas à une chute dans un escalier recouvert de moquette.

Pendant cette visite, ils remarquent aussi qu'Adrian a un œil au beurre noir. Heather leur dit que c'est Michael qui l'a frappé, parce qu'il avait mouillé son pantalon.

Dans les jours qui suivent, plusieurs professionnels voient la famille, dont un policier de Topeka, qui confirme qu'Adrian a été frappé avec le poing fermé, et Adrian lui dit que c'est son père qui l'a frappé au visage. Ses frères et sœurs, eux, racontent qu'ils entendent Heather l'étrangler la nuit, au point que pour l'un d'eux, on aurait dit qu'Adrian "était en train de mourir".

Un enfant "en sécurité"

Après tout ça, on s'attendrait à ce que les enfants soient placés. Sauf que les services du Kansas classent Adrian comme un enfant à haut risque de maltraitance, et en même temps, comme un enfant "en sécurité". À la place d'un placement, Michael Jones, qui dit s'être séparé de Heather, signe un plan de sécurité, où il s'engage à ce qu'elle n'ait plus de contact avec les enfants pendant l'enquête.

En février 2012, un nouveau signalement arrive, et une enquêtrice va interroger les enfants à l'école. L'un d'eux lui explique que leur père ne veut plus être avec Heather "parce qu'elle n'arrête pas de nous frapper". Faute de preuves claires, les accusations contre Heather sont jugées non fondées, et c'est la dernière fois que les services du Kansas voient Adrian.

Après ça, la famille déménage encore et encore, entre le Kansas et le Missouri. En avril 2012, la thérapeute de la famille écrit à une travailleuse sociale qu'ils vivent maintenant à Oskaloosa, au Kansas, et qu'ils élèvent des cochons.

Une version qui change

Début 2013, Michael et Heather, de nouveau ensemble, s'installent à Plattsburg, dans le Missouri, et les enfants ne vont plus à l'école, parce qu'ils font l'école à la maison. Pour les services sociaux du Missouri, ce détail compte, parce qu'un enfant qui ne va pas à l'école, personne ne voit ses bleus.

En juillet 2013, un appel arrive sur la ligne d'urgence de la protection de l'enfance du Missouri, et la personne au bout du fil affirme que "la mère frappe les enfants comme une folle, sans aucune raison". Une travailleuse sociale se rend chez les Jones avec le bureau du shérif du comté de Clinton, mais elle ne voit pas Adrian, parce que le couple lui dit qu'il est chez son oncle. Au moment de repartir, un policier, l'agent Jackson, la prend à part. Il lui conseille de ne jamais revenir sans 2 policiers, parce que Michael a tout un arsenal d'armes, et que pour lui, quelque chose ne tourne pas rond dans cette maison.

9 jours plus tard, la travailleuse sociale revient, et cette fois, Michael et Heather ne sont pas là. Alors elle s'assoit avec Adrian, qui a 5 ans, et tout de suite, il lui raconte. "Papa me tape sur la tête et il me donne des coups de poing dans le ventre, et maman me tire les oreilles et ça fait vraiment mal." Il lui explique qu'on l'enferme dans sa chambre la nuit pour qu'il n'aille pas chercher à manger dans la cuisine, parfois même dans un placard, et qu'il dort sans oreiller ni couverture. Au milieu de l'entretien, Michael et Heather rentrent.

Et Adrian change sa version.

Une réponse en quelques minutes

Le couple nie les coups, mais il reconnaît enfermer Adrian dans sa chambre, et il le présente comme "un enfant à problèmes", malade, qui menacerait de tuer Heather. La travailleuse sociale demande un examen médical avec des radios. Seulement, le médecin ne voit aucune trace de coups, et les radios ne sont jamais faites. Elle écrit quand même que les services ne peuvent pas garantir la sécurité d'Adrian dans cette maison, et elle demande au bureau des mineurs de le placer.

La réponse arrive en quelques minutes, et c'est non. Le bureau préfère un plan de sécurité et une aide intensive à domicile, et les services sociaux concluent quand même qu'Adrian est victime de négligence. Au début, Michael et Heather acceptent l'aide à domicile, mais au bout de quelques semaines, ils ne viennent plus aux rendez-vous. Quand les services du Missouri finissent par les joindre, le couple leur dit qu'il a déménagé au Kansas, si bien que le dossier est fermé dans le Missouri, et la travailleuse sociale prévient ses collègues du Kansas qu'Adrian a dénoncé des violences de son père et de sa belle-mère.

En octobre 2013, au Kansas, quelqu'un signale qu'Adrian mange dans la poubelle.

Des marques sur les poignets

Au téléphone, Heather explique qu'ils ont amené Adrian du Missouri pour le faire soigner dans un hôpital du Kansas. En février 2014, un nouvel appel arrive dans le Missouri, parce que les Jones enferment toujours Adrian dans sa chambre. Quand la travailleuse sociale joint Michael, il reconnaît les faits, il dit qu'il est à bout, et qu'à son avis, son fils serait mieux sous la garde de l'État.

Le mois suivant, pendant une autre visite, Adrian montre à la travailleuse sociale des marques sur ses poignets. D'après lui, c'est son père qui lui a scotché les bras et les jambes, pour le punir d'avoir volé et menti. Michael et Heather, eux, disent qu'ils ne veulent plus le garder, et quand on leur explique qu'ils risquent d'être poursuivis pour abandon, Heather répond qu'avec leur métier, ils ne peuvent pas l'être.

Quelques semaines plus tard, Adrian est dans un hôpital psychiatrique pour enfants, et l'équipe s'inquiète, parce que depuis plusieurs jours, ses parents n'ont même pas appelé pour prendre de ses nouvelles. Devant lui, ils le traitent même de pédophile. Le personnel, lui, ne voit aucun comportement inquiétant chez Adrian, il le décrit comme un enfant facile, et il laisse entendre que c'est plutôt l'attitude des parents qui le fait réagir. Michael, de son côté, se plaint que son fils le fait passer pour le méchant, et il dit qu'il ne va pas se laisser dicter sa conduite par un enfant de 5 ans. Des parents qui ne veulent plus de lui, une équipe qui s'inquiète de leur attitude, et à ce moment-là, on se dit qu'Adrian ne remettra plus jamais les pieds dans cette maison.

Il y rentre pourtant.

Une promesse à Noël

À Noël 2014, au moment où Judy Conway s'apprête à partir, Adrian s'accroche à sa jambe et ne veut plus la lâcher, et elle s'agenouille devant lui. Il lui dit qu'il l'aime et qu'il veut partir avec elle, et elle lui promet qu'elle sera toujours là pour lui, et qu'elle le protégera toujours. C'est la dernière fois qu'elle voit son petit-fils, parce qu'après ça, Michael et Heather l'empêchent de voir les enfants. Inquiète, elle contacte 2 fois les services du Kansas, mais comme elle n'a aucune preuve de maltraitance à leur donner, rien ne bouge.

Pendant cette période, Heather fait partie d'un groupe privé sur Facebook. Elle y décrit Adrian comme un "psychopathe" qui l'aurait poursuivie avec un couteau de cuisine, et elle raconte qu'elle doit l'attacher avec des menottes, des bandes et des attelles, parce que "la contrainte par la douleur ne marche pas" et qu'il "doit être attaché 95 % du temps". Elle écrit qu'elle ne peut "malheureusement pas lui tirer dessus", mais qu'elle peut le faire travailler jusqu'à ce qu'elle se sente mieux, et elle fait référence à une scène de la série The Walking Dead, où une femme abat une enfant après lui avoir dit de regarder les fleurs. En décembre 2014, dans un message en partie caviardé, elle écrit qu'elle a peur de regarder son téléphone, parce qu'elle craint d'être "la prochaine" et de devoir "nourrir des cochons avec un corps". Des messages pareils, n'importe qui devrait s'en inquiéter. Sous ses messages, au moins une personne pense qu'elle exagère, et lui répond "que Dieu te bénisse de l'avoir pris chez toi".

Un enfant qui manque

Le 25 novembre 2015, à Kansas City, c'est Heather qui appelle la police. Elle raconte que Michael l'a frappée et étranglée parce qu'elle voulait le quitter, et qu'il a tiré 2 fois sur elle pendant qu'elle s'enfuyait de la maison. Ce qui l'inquiète surtout, c'est que Michael est parti avec 6 enfants. Sauf qu'en parlant avec elle, les policiers comprennent qu'Adrian, lui, n'est nulle part, et Heather finit par leur dire qu'Adrian est mort depuis des semaines, et que son corps a été donné aux cochons.

Le lendemain, le jour de Thanksgiving, les policiers fouillent la propriété, et dans un enclos à bétail, ils retrouvent les restes d'un enfant. Ce sont ceux d'Adrian. Pour les enquêteurs, il est mort en septembre ou en octobre 2015, et personne ne l'a signalé. Michael et Heather Jones sont arrêtés, et les 6 autres enfants de la maison, âgés de 2 à 10 ans, sont placés.

Après son arrestation, Heather donne à sa propriétaire, Jen Hoevers, l'accès à son compte iCloud, pour qu'elle sauvegarde des photos de ses enfants. Jen Hoevers n'a aucune idée de ce qui s'est passé dans la maison qu'elle leur loue, et dès qu'elle ouvre le compte, elle tombe sur les photos de ce qu'Adrian a subi.

Plus de 30 caméras

Dans la maison, il y avait plus de 30 caméras de surveillance, et pendant 9 mois, elles ont filmé Adrian. Jen Hoevers apporte tout à la police, puis à la grand-mère d'Adrian.

Sur ces images, Adrian doit rester debout pendant des heures, les mains en l'air. Il est attaché à une table d'inversion, les yeux bandés, menotté dehors, et sur une vidéo, une personne qu'on ne peut pas identifier le frappe au visage avec un manche à balai. Sur une autre, il a les mains et les pieds attachés, et il essaie d'attraper un bol avec sa bouche, pendant que Heather explique à un autre enfant que c'est de la compote de pommes mélangée à des insectes et à de la terre.

Le couple l'a aussi attaché sur un matelas, l'a enfermé dans une valise d'où ne dépassait que sa tête, et lui a envoyé des décharges électriques. Ils l'obligent à passer des nuits debout dans l'eau sale de la piscine, jusqu'au cou, et ils posent des alarmes sur la nourriture pour qu'il ne puisse rien prendre quand il a faim, si bien que sur les photos, mois après mois, le petit garçon en bonne santé devient un enfant décharné. Au Royaume-Uni, dans l'affaire Arthur Labinjo-Hughes, un père et sa compagne installent eux aussi une caméra pour surveiller un petit garçon forcé de rester debout pendant des heures. Chez les Jones, à ce stade, les parents d'Adrian ne l'appellent même plus par son prénom.

Pour eux, c'est "le garçon".

Une douche fermée par une planche

Ses derniers mois, Adrian les passe presque toujours nu, enfermé dans une cabine de douche que le couple a fermée avec une planche de contreplaqué, sous l'œil d'une caméra. L'un des enfants de la maison se souvient de l'avoir entendu crier "Je vais mourir" à travers une bouche d'aération, et quand Adrian dit qu'il ne peut plus marcher parce que ses pieds sont gonflés, Heather lui répond de "faire avec". Selon sa grand-mère, à la fin, il est si faible qu'il ne tient plus debout, alors ils l'attachent sur une chaise, dans la douche, et c'est là qu'il meurt. Pour l'accusation, Adrian a été "pratiquement affamé jusqu'à la mort". Quand un enquêteur demande à Heather pourquoi elle détestait autant Adrian, elle répond qu'à cause de lui, qui aurait menti aux services sociaux, on lui a retiré son fils biologique.

Pour expliquer son absence, Michael raconte que son fils est dans un établissement psychiatrique, alors qu'en réalité, d'après ses propres déclarations, le corps d'Adrian reste dans la maison jusqu'à 2 semaines. Ensuite, le couple achète des cochons, en racontant au vendeur que c'est pour un projet d'école à la maison, et selon Judy Conway, ils les laissent sans manger pendant quelque temps avant de leur jeter le corps. Les cochons en mangent la plus grande partie, et les os qui restent sont rangés dans un bac.

Une chaise tournée

Michael et Heather Jones sont tous les 2 inculpés de meurtre au premier degré, et en octobre 2016, Heather plaide coupable. Le 14 novembre 2016, devant le juge Mike Grosko, du tribunal du comté de Wyandotte, elle est condamnée à la prison à vie, avec une possibilité de libération conditionnelle au bout de 25 ans, et à 5 ans et 8 mois de plus pour maltraitance. En larmes, elle dit qu'elle regrette de ne pas avoir été assez forte pour le protéger, et qu'elle se sentait elle-même prisonnière d'un mari violent. Après 27 ans de carrière, la procureure adjointe en chef, Sheryl Lidtke, dit que "c'est le crime le plus odieux que j'aie jamais poursuivi". Judy Conway, elle, ne croit pas à la version de Heather, parce que pour elle, Heather est tout aussi responsable, et elle aurait pu décrocher son téléphone à tout moment.

En mars 2017, Michael Jones plaide coupable à son tour, et le lundi 8 mai 2017, il est condamné à la même peine, la prison à vie, avec une possibilité de libération au bout de 25 ans. Ce jour-là, la grand-mère, la mère et la grande sœur d'Adrian témoignent. Michael refuse de prendre la parole, et il tourne sa chaise pour ne pas les voir.

Ce que savaient les services

En mai 2017, le Kansas rend publiques plus de 2 000 pages de documents sur Adrian, et le Missouri un dossier de 458 pages. Dedans, on découvre que la dernière fois que les services du Kansas ont vu Adrian en personne, c'était près de 4 ans avant sa mort. Dianne Keech, une ancienne directrice adjointe de l'agence du Kansas, estime que ces enfants auraient dû être placés dès 2011, et la responsable de l'agence, Phyllis Gilmore, répond que chaque signalement a été "minutieusement examiné", mais que les déménagements incessants de la famille ont compliqué le suivi.

Dans les mois qui suivent sa condamnation, Michael Jones essaie de retirer son plaidoyer de culpabilité, en affirmant que son avocat l'a poussé à plaider coupable. Fin août 2017, la grand-mère, la mère et la grande sœur d'Adrian portent plainte contre les services sociaux des 2 États, et elles réclament 25 millions de dollars de dommages et intérêts punitifs.

Pour elles, les services ont soigneusement noté chaque violence, et pourtant, leur seule intervention a été de faire signer un papier au père et à la belle-mère, "l'équivalent juridique d'une promesse croisée sur le petit doigt".

La loi Adrian

Dans le Missouri, en décembre 2020, la famille d'Adrian conclut un accord confidentiel avec 2 établissements, puis en janvier 2021, un juge du comté de Jackson estime que 8 employés des services sociaux bénéficient de l'immunité des agents publics. En Californie, dans l'affaire Gabriel Fernandez, des assistants sociaux avaient eux aussi vu les signaux, sans que l'enfant soit retiré de la maison.

Le 26 mai 2021, le Kansas adopte la loi Adrian, qui oblige désormais les travailleurs sociaux ou les policiers qui enquêtent sur un signalement à voir l'enfant en personne et à lui parler. En mars 2024, l'État du Kansas accepte de verser 1 million de dollars à la famille pour mettre fin à la plainte, alors qu'un procès était prévu pour avril 2025, et selon Judy Conway, l'essentiel de cette somme doit revenir aux frères et sœurs d'Adrian. Michael et Heather Jones, eux, purgent toujours leur peine de prison à vie.

Adrian avait 7 ans. Le dernier jour où sa grand-mère l'a vu, il s'accrochait à sa jambe pour partir avec elle.

L'affaire Adrian Jones en vidéo ⬇️

Sources :

Kansas Legislative Research Department, la loi Adrian, 2021 : https://klrd.gov/publications/adrians-law/
CBS News (Associated Press), les affidavits et mandats de perquisition rendus publics, 22 mai 2017 : https://www.cbsnews.com/news/affidavits-boy-found-slain-near-pigs-beaten-for-stealing-food-locked-in-shower/
CBS News (Associated Press), la condamnation du père, 8 mai 2017 : https://www.cbsnews.com/news/kansas-man-sentenced-for-killing-son-7-found-among-pigs/
KSHB 41, le dossier des services sociaux du Missouri, mai 2017 : https://www.kshb.com/news/local-news/investigations/missouri-social-services-met-with-family-of-tortured-kck-boy-multiple-times
KSHB 41, le dossier des services sociaux du Kansas, mai 2017 : https://www.kshb.com/news/state/kansas/unsealed-records-suggest-tortured-kck-boy-suffered-for-years
NBC News (Associated Press), l'accord de 1 million de dollars avec le Kansas, 14 mars 2024 : https://www.nbcnews.com/news/us-news/kansas-will-pay-1-million-murder-7-year-old-boy-whose-body-was-fed-pig-rcna143438