Affaires criminelles françaises non élucidées : 9 énigmes
Enfant, vous avez sûrement fait ce trajet des centaines de fois, ces quelques minutes à pied entre l'école et la maison, à midi, pour rentrer déjeuner. Le 14 novembre 1996, à Agen, Marion Wagon, 10 ans, n'a qu'environ 400 mètres à faire jusque chez ses parents, et ce midi-là, elle n'arrive jamais. 30 ans plus tard, personne ne sait ce qui lui est arrivé, et pour sa famille comme pour celles des 8 autres affaires de cette page, il manque encore un nom.

À lire aussi :
Sources :
AFP via Tendance Ouest, mort du principal suspect dans l'affaire Nelly Haderer et rappel des 3 procès, 21 janvier 2018 : https://www.tendanceouest.com/actualite-259971-affaire-nelly-haderer-jacques-maire-le-principal-suspect-est-mort.html
AFP via macommune.info, affaire Grégory, les nouvelles expertises n'ont rien donné, 26 mars 2025 : https://www.macommune.info/affaire-gregory-les-nouvelles-expertises-nont-rien-donne
AFP via DH, affaire Grégory, la grand-tante de nouveau entendue à Dijon, 24 octobre 2025 : https://www.dhnet.be/dernieres-depeches/2025/10/24/affaire-gregory-la-grand-tante-une-nouvelle-fois-entendue-T3E56JTYXVHR3IHC4RJRR5ZZUA/
AFP via Brut, mort du petit Émile, 4 personnes dont ses grands-parents en garde à vue, 25 mars 2025 : https://www.brut.media/fr/articles/mort-du-petit-emile-quatre-personnes-dont-ses-grands-parents-en-garde-a-vue
AFP via Brut, mort du petit Émile, la piste familiale se dessine, mars 2025 : https://www.brut.media/fr/articles/france/justice-faits-divers/mort-du-petit-emile-la-piste-familiale-se-dessine
AFP via Tendance Ouest, Marion, 20 ans après sa disparition, Agen n'oublie pas, 14 novembre 2016 : https://www.tendanceouest.com/actualite-201679-marion-vingt-ans-apres-sa-disparition-agen-n-oublie-pas
Franceinfo, appel à témoins au Texas dans l'affaire Dupont de Ligonnès, le parquet de Nantes regrette de ne pas avoir été informé, 26 mars 2026 : https://www.franceinfo.fr/faits-divers/xavier-dupont-de-ligonnes/affaire-dupont-de-ligonnes-un-appel-a-temoins-lance-au-texas-le-parquet-de-nantes-regrette-de-ne-pas-en-avoir-ete-informe_7895918.html
Infos Yvelines, la mort de Robert Boulin bientôt confiée au pôle cold case, 18 avril 2026 : https://www.infosyvelines.fr/articles/yvelines-la-mort-de-robert-boulin-en-foret-de-rambouillet-bientot-confiee-au-pole-cold-case
Brut, tuerie de Chevaline, une arme retrouvée dans le lac d'Annecy relance l'enquête, 2 septembre 2026 : https://www.brut.media/fr/articles/france/justice-faits-divers/affaire-de-la-tuerie-de-chevaline-une-arme-retrouvee-dans-le-lac-d-annecy-vient-relancer-l-enquete
VICE France, retour sur l'assassinat d'une jeune fille à Bruay-en-Artois, 18 juillet 2017 : https://www.vice.com/fr/article/mort-aux-bourgeois-retour-sur-lassassinat-dune-jeune-fille-a-bruay-en-artois/
Wikipédia, affaire de Bruay-en-Artois : https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_de_Bruay-en-Artois
Wikipédia, affaire Ludovic Janvier : https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Ludovic_Janvier
Wikipédia, affaire Grégory : https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Gr%C3%A9gory
Wikipédia, affaire Dupont de Ligonnès : https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Dupont_de_Ligonn%C3%A8s
Wikipédia, tuerie de Chevaline : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tuerie_de_Chevaline
Wikipédia, affaire Émile Soleil : https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_%C3%89mile_Soleil


#1 Brigitte Dewèvre, la fille du mineur de Bruay-en-Artois
Brigitte Dewèvre a 15 ans, elle vit à Bruay-en-Artois, dans le bassin minier du Pas-de-Calais, et son père, Léon, est un ancien paysan devenu mineur. Le soir du 5 avril 1972, elle doit aller dormir chez sa grand-mère, à environ 700 mètres de chez elle, mais elle n'y arrive jamais. Le lendemain, le jeudi 6 avril, des enfants qui jouent au foot sur un terrain vague, près du coron, donnent l'alerte, et quand les gendarmes soulèvent un pneu, ils trouvent dessous le corps presque nu de Brigitte. Léon est sur place quand on la découvre, et d'après le médecin légiste, sa fille a été frappée au menton, puis étranglée.
Une semaine plus tard, le 13 avril, le juge d'instruction Henri Pascal inculpe de meurtre un notaire de la ville, parce que cet homme a été vu près du terrain vague et qu'il a donné plusieurs versions de son emploi du temps. À partir de là, l'affaire devient un feuilleton national, et ce, parce que La Cause du Peuple, le journal de la Gauche prolétarienne, en fait une histoire de lutte des classes, celle de la fille du mineur contre "un bourgeois". Mais en juillet 1972, le juge Pascal est dessaisi, et le 30 octobre 1974, le notaire et sa compagne, inculpée à son tour entre-temps, bénéficient d'un non-lieu.
Au milieu de tout ça, le 18 avril 1973, un garçon de 16 ans du quartier avoue le meurtre à la police parisienne, avant de changer plusieurs fois de version. Normalement, un aveu, c'est ce qui fait tenir un dossier, sauf que pendant la reconstitution, il n'arrive même pas à traîner le mannequin sur quelques mètres. Après 27 mois de détention provisoire, il est acquitté au bénéfice du doute, une décision qui devient définitive en 1976, et en 1981, l'affaire est classée. Depuis 2005, le crime est prescrit, ce qui veut dire que même si le meurtrier de Brigitte avouait demain, il ne serait jamais jugé.


#2 Robert Boulin, un ministre au bord de l'étang Rompu
Le 30 octobre 1979, en forêt de Rambouillet, dans les Yvelines, un homme est retrouvé sans vie au bord de l'étang Rompu, à Saint-Léger-en-Yvelines. Il s'appelle Robert Boulin, il a 59 ans, il est maire de Libourne, en Gironde, et surtout, il est ministre du Travail en exercice. Pour les enquêteurs du SRPJ de Versailles, il s'agit d'un suicide par noyade, sauf que dès les premiers jours, ses proches contestent cette version.
Une première relance de l'enquête, en 1983, se termine par un non-lieu en 1991, et la famille continue de se battre, jusqu'à ce qu'en septembre 2015, le parquet de Versailles rouvre une information judiciaire, cette fois pour "arrestation, enlèvement et séquestration suivis de mort ou assassinat". 5 ans plus tard, en novembre 2020, une expertise médicale va dans le sens de la famille, parce qu'à cause des fractures relevées sur le visage du ministre, elle remet en cause la noyade.
En 2023, le parquet s'apprête à requérir un nouveau non-lieu, et c'est à ce moment-là qu'un témoin se manifeste. D'après lui, Robert Boulin aurait été frappé, puis il serait mort d'une crise cardiaque. Rien ne dit publiquement que la justice a confirmé ce récit, et pourtant, le dossier ne se referme pas, au point que le 17 avril 2026, le tribunal de Versailles annonce que l'affaire part au pôle national des crimes sériels ou non élucidés de Nanterre. 47 ans après l'étang Rompu, la justice cherche toujours comment est mort un ministre de la République.


#3 Ludovic Janvier, 6 ans, et l'homme qui cherchait son chien
Le jeudi 17 mars 1983, à Saint-Martin-d'Hères, dans la banlieue de Grenoble, en Isère, 3 frères traversent la place de la République. Ludovic Janvier a 6 ans et demi, il est avec son grand frère, Jérôme, et avec le plus petit, Nicolas, et tous les 3 rentrent à la maison après être allés acheter des cigarettes pour leur père. Sur la place, un homme en bleu de travail les aborde, il a perdu son chien, dit-il, et il leur demande de l'aider à le chercher. Il leur propose même de se séparer, alors Jérôme et Nicolas partent d'un côté, et l'homme part de l'autre, en tenant Ludovic par la main.
Ludovic ne rentre jamais chez lui.
Grâce à la description de Jérôme, les gendarmes dessinent un portrait-robot, et un mois plus tard, un inconnu téléphone à un greffier du tribunal de Grenoble pour lui assurer que l'enfant va bien, et qu'il vit chez un couple qui ne peut pas avoir d'enfants. Personne n'arrive jamais à remonter jusqu'à l'auteur de cet appel.
En mai 1985, dans une grotte d'Engins, dans le Vercors, des spéléologues trouvent un squelette au crâne fracturé. Aujourd'hui, une analyse ADN pourrait dire à qui il appartient, seulement, à l'époque, la science ne le permet pas, et en 1998, ces ossements sont détruits sur ordre de la justice. Entre-temps, un non-lieu a été prononcé en 1988, et en 2010, le dossier est rouvert avec ceux des autres "disparus de l'Isère", ces enfants qui disparaissent dans le département entre 1983 et 1996. Après un second non-lieu en 2014, la cour d'appel de Grenoble le rouvre en 2015, et depuis 2022, c'est le pôle de Nanterre qui l'a entre les mains. Ludovic aurait 50 ans aujourd'hui, et l'homme en bleu de travail qui l'a emmené par la main n'a jamais été identifié.


#4 Grégory Villemin, l'enfant de la Vologne
Le mardi 16 octobre 1984, à Lépanges-sur-Vologne, dans les Vosges, Christine Villemin quitte son travail vers 16h55, et à la maison, son fils de 4 ans, Grégory, joue devant chez eux. Vers 17h20, il n'est plus là. À 17h32, un homme téléphone à Michel Villemin, l'un des oncles de l'enfant, pour revendiquer le crime, et vers 21h15, à Docelles, les pompiers repêchent le corps de Grégory dans la Vologne, les pieds et les mains liés par des cordelettes.
Le lendemain, son père, Jean-Marie Villemin, reçoit une lettre postée la veille, avant la levée de 17h15, et il y lit "J'espère que tu mourras de chagrin le chef". Cette lettre vient du "corbeau", l'auteur anonyme des lettres et des appels qui menacent la famille Villemin, et c'est lui que les enquêteurs vont chercher pendant plus de 40 ans.
Le 5 novembre 1984, un cousin de Jean-Marie est inculpé d'assassinat, puis le juge le remet en liberté le 4 février 1985. Moins de 2 mois plus tard, le 29 mars 1985, Jean-Marie Villemin le tue d'un coup de fusil, ce qui lui vaut d'être condamné en 1993 à 5 ans d'emprisonnement, dont un avec sursis. Entre-temps, en juillet 1985, c'est Christine Villemin, la mère de Grégory, qui est inculpée à son tour, avant de bénéficier d'un non-lieu le 3 février 1993.
Depuis, le dossier est à la cour d'appel de Dijon. En 2024, des analyses ADN sont ordonnées sur les cordelettes, sur l'anorak et sur certaines lettres, mais en mars 2025, le parquet général annonce qu'elles n'ont rien apporté de significatif. 7 mois plus tard, en octobre 2025, une grand-tante de l'enfant, que les enquêteurs soupçonnent d'être l'un des corbeaux, est de nouveau interrogée à Dijon, en vue d'une possible mise en examen. Elle est présumée innocente, et face aux enquêteurs, elle garde le silence.


#5 Nelly Haderer, la jeune femme de la décharge
Le 31 janvier 1987, près de Nancy, en Meurthe-et-Moselle, on retrouve dans une décharge le corps d'une jeune femme de 22 ans. Elle s'appelle Nelly Haderer, elle a été tuée de 2 balles de 22 Long Rifle, et son corps a été découpé.
Un premier non-lieu est rendu, puis en 1997, l'enquête est rouverte, et cette fois, un maçon de la région est inculpé. Cet homme va être jugé 3 fois. En 2004, il est acquitté du meurtre de Nelly, et condamné en revanche pour l'enlèvement d'une autre jeune femme, Odile Busset, 20 ans, disparue en 1983. En 2006, une autre cour d'assises le condamne à 20 ans de réclusion pour les 2 affaires, mais la Cour de cassation annule ce verdict pour une question de procédure, et en octobre 2008, devant la cour d'assises de la Moselle, il est définitivement acquitté des 2 meurtres.
La famille de Nelly ne lâche pas pour autant. En septembre 2017, quand le juge d'instruction rend un nouveau non-lieu, elle fait appel, et début décembre, la chambre de l'instruction de Nancy ordonne de nouvelles investigations, au cours desquelles l'ancien accusé doit être réentendu comme témoin. Il meurt d'une crise cardiaque dans la nuit du 20 au 21 janvier 2018, à 64 ans. Pour Pierre-André Babel, l'avocat de la mère, des frères et de la sœur de Nelly, sa mort "ne clôt absolument pas définitivement l'enquête", parce que des analyses ADN restent possibles. Près de 40 ans après la décharge, personne n'a été condamné pour la mort de Nelly.


#6 Marion Wagon, 400 mètres jusqu'à la maison
Marion Wagon a 10 ans, c'est une petite fille blonde aux yeux bleus, et le jeudi 14 novembre 1996, vers midi, à Agen, dans le Lot-et-Garonne, elle sort de son école pour aller déjeuner chez ses parents, Françoise et Michel. Entre l'école et la maison, elle n'a qu'environ 400 mètres à faire, et pourtant, ce midi-là, elle n'arrive jamais. Le chien policier qui suit sa trace la perd à 50 mètres de chez elle, ce qui laisse penser qu'elle a pu monter dans un véhicule.
Au début, les enquêteurs pensent à une fugue, puis les recherches prennent une ampleur énorme, au point qu'on vide le canal du Midi sur 14 kilomètres. Des milliers de témoignages arrivent, des vérifications sont menées jusqu'en Nouvelle-Calédonie, en Espagne, en Pologne et en Martinique, sans qu'aucune piste sérieuse ne tienne. En 1998, on diffuse un portrait vieilli de Marion, pour montrer à quoi elle pourrait ressembler.
20 ans plus tard, en novembre 2016, une cellule de 3 gendarmes travaille toujours sur le dossier, alors qu'ils étaient une quarantaine au plus fort de l'enquête. Au moins une fois par trimestre, ils ordonnent un nouvel acte, parce que chacun d'eux relance le délai de prescription, et tant qu'ils continuent, l'affaire ne peut pas être prescrite. Pour la procureure d'Agen, Manuella Garnier, "toutes les pistes, même les plus ténues, continuent d'être exploitées sans relâche", et cette année, la petite fille qui avait 400 mètres à faire pour rentrer déjeuner aurait 40 ans.


#7 L'affaire Dupont de Ligonnès, 5 corps sous la terrasse
Le 21 avril 2011, à Nantes, en Loire-Atlantique, des enquêteurs creusent sous la terrasse d'une maison du boulevard Robert-Schuman. Dessous, enveloppés dans des draps et recouverts de chaux, il y a les corps d'Agnès Dupont de Ligonnès et de ses 4 enfants, Arthur, 20 ans, Thomas, 18 ans, Anne, 16 ans, et Benoît, 13 ans, et les 2 labradors de la famille ont été enterrés avec eux. D'après les autopsies, les victimes auraient été droguées, puis tuées par balles pendant leur sommeil, avec une carabine 22 Long Rifle.
Le père, Xavier Dupont de Ligonnès, lui, a disparu. Quelques jours plus tôt, des proches ont reçu une lettre non signée, qui affirmait qu'il travaillait pour l'agence antidrogue américaine et que la famille avait été exfiltrée aux États-Unis. Sa dernière trace date du 15 avril 2011, à 16h10, quand une caméra de vidéosurveillance le filme en train de quitter à pied le parking d'un hôtel de Roquebrune-sur-Argens, dans le Var, en laissant sa voiture derrière lui.
15 ans après, personne ne sait s'il est mort ou vivant. Les enquêteurs le soupçonnent d'être l'auteur des 5 meurtres, mais comme il n'a jamais été retrouvé ni jugé, il est présumé innocent. En octobre 2019, un homme arrêté à l'aéroport de Glasgow est présenté comme lui, jusqu'à ce que les autorités reconnaissent l'erreur dès le lendemain, et en 2024, le parquet de Nantes compte plus de 1 750 signalements reçus et traités. Le 25 mars 2026, une nouvelle piste arrive du Texas, où le bureau du shérif du comté de Brewster lance un appel à témoins sans que le procureur de Nantes, Antoine Leroy, ait été prévenu, ce qu'il regrette. D'après ce bureau du shérif, Xavier Dupont de Ligonnès aurait "possiblement été vu en 2020" dans le comté, avec "un labrador noir".


#8 La tuerie de Chevaline, 8 heures cachée sous sa mère
Le mercredi 5 septembre 2012, vers 15h45, sur la route forestière de la Combe d'Ire, au-dessus du lac d'Annecy, un cycliste britannique, William Brett Martin, arrive près d'une BMW immatriculée en Angleterre. Dans la voiture, il y a 3 morts, Saad al-Hilli, 50 ans, sa femme, Iqbal, 47 ans, et la mère d'Iqbal, Suhaila al-Allaf, et tout près, il y a un autre corps, celui de Sylvain Mollier, 45 ans, un cycliste français qui habite un village voisin. Tous ont été touchés par des balles à la tête. La fille aînée du couple, 7 ans, est grièvement blessée, alors William Brett Martin la met en position latérale de sécurité avant d'aller chercher des secours.
Il y a pourtant une autre enfant dans cette BMW. Sa petite sœur a 4 ans, et on ne la découvre que vers minuit, environ 8 heures plus tard, cachée sous sa mère. Elle n'a aucune blessure physique.
Le frère aîné de Saad est placé en garde à vue en 2013, parce que les 2 frères seraient en conflit pour un héritage, puis la piste est écartée faute de preuves matérielles, et il est aujourd'hui libre. Un motard aperçu dans les environs est longtemps recherché, et en 2022, un homme de 57 ans est placé en garde à vue pendant 48 heures, avant d'être relâché sans aucune charge. D'après les expertises, l'arme est un pistolet de collection, un Luger P06, et depuis 2022, le dossier est entre les mains du pôle de Nanterre.
Le 20 août 2026, quand des baigneurs remontent un vieux Luger d'origine suisse des eaux du lac d'Annecy, l'enquête repart aussitôt, et l'arme doit maintenant être expertisée, pour savoir si elle a un lien avec l'affaire. Près de la BMW, les enquêteurs avaient ramassé une vingtaine de douilles, et 14 ans plus tard, personne ne sait qui a tiré.


#9 Émile, 2 ans et demi, disparu au Haut-Vernet
Le samedi 8 juillet 2023, au Haut-Vernet, un hameau d'environ 25 habitants dans les Alpes-de-Haute-Provence, Émile Soleil, 2 ans et demi, vient d'arriver pour les vacances chez ses grands-parents maternels, dans leur résidence secondaire. Ses parents ne sont pas là, mais d'autres membres de la famille sont présents. Vers 17h15, 2 témoins le voient seul dans une rue en pente, à une vingtaine de mètres de la maison, en tee-shirt jaune et en short blanc. Les gendarmes sont prévenus à 18h12, et pendant des jours, des centaines de bénévoles, des drones, des hélicoptères et des chiens fouillent la montagne, sans rien trouver.
Il faut attendre le 30 mars 2024 pour que, sur un chemin forestier à environ 1,7 kilomètre du hameau, une randonneuse trouve un crâne et des dents, et l'ADN confirme que ce sont ceux d'Émile. Le 2 avril, des vêtements sont retrouvés un peu plus bas. Pour le parquet d'Aix-en-Provence, en revanche, ils n'auraient pas passé tout ce temps dans la montagne, parce que les ossements et les vêtements auraient été déposés là peu de temps avant leur découverte.
Le 25 mars 2025, les grands-parents et 2 de leurs enfants majeurs sont placés en garde à vue pour homicide volontaire et recel de cadavre, puis ils ressortent libres, sans aucune poursuite, et le procureur, Jean-Luc Blachon, parle alors de la probable intervention d'un tiers. En 2026, une centaine de personnes passent des prélèvements ADN, parce que sur une chaussure et sur un vêtement d'Émile, les enquêteurs ont relevé 2 profils génétiques qui ne sont pas les siens. Le 24 novembre 2026, Émile aurait eu 6 ans, et ces 2 profils ne correspondent à aucune des personnes testées.
Des familles qui attendent un nom
Ces 9 affaires ne sont pas les seules à attendre une réponse. En Belgique aussi, des familles attendent toujours, et leurs histoires sont dans notre page sur les affaires non élucidées en Belgique. Chaque mercredi et chaque dimanche, je vous raconte une nouvelle affaire en entier sur la chaîne YouTube Dark Stories, et si vous préférez les écouter, vous les retrouvez aussi dans le podcast Dark Stories.
Certaines affaires de cette page ne seront jamais jugées, comme celle de Bruay-en-Artois, prescrite depuis 2005. D'autres sont rouvertes encore et encore, au point que depuis sa création en 2022, le pôle national des crimes sériels ou non élucidés de Nanterre en suit 136, dont celles de Chevaline et de Ludovic Janvier. De Bruay-en-Artois au Haut-Vernet, pour 9 familles, il manque toujours un nom.
