Affaire Johnny Altinger : attiré dans un garage et découpé

Garage la nuit, image d'illustration, affaire Johnny Altinger à Edmonton
Garage la nuit, image d'illustration, affaire Johnny Altinger à Edmonton

Le vendredi 10 octobre 2008, à Edmonton, dans l'Alberta, au Canada, Johnny Altinger, 38 ans, part à un premier rendez-vous avec une femme rencontrée sur internet, qui ne lui a pas donné d'adresse, seulement des indications qui mènent à un garage. Dans la soirée, il écrit à son ami Dale qu'il retourne la voir, et 3 jours plus tard, ses amis reçoivent un e-mail dans lequel Johnny annonce qu'il part 3 mois au Costa Rica avec une femme formidable. Pour Dale, ça n'a aucun sens, parce que Johnny a vécu à Hawaï et qu'il ne supporte pas la chaleur, et quand ses amis entrent de force dans son appartement, rien n'est emballé, et son passeport est encore là.

Johnny Altinger, un motard qui n'aime pas la chaleur

De son vrai nom, John Brian Altinger, Johnny a grandi à White Rock, une petite ville de Colombie-Britannique au bord du Pacifique, tout près de la frontière américaine, avant de venir s'installer, il y a 10 ans, à Edmonton, la capitale de l'Alberta. Ici, il inspecte le matériel qu'une entreprise fabrique pour l'industrie pétrolière, et sa famille, c'est sa mère, Elfriede, et son frère, Gary. Ses amis, eux, connaissent bien ses goûts. Johnny a vécu un temps à Hawaï, par exemple, et il n'en garde pas un bon souvenir, parce qu'il ne supporte pas la chaleur.

Ce vendredi soir, la femme ne lui a pas donné d'adresse, seulement des indications pour arriver jusqu'à elle, et Johnny les a envoyées par e-mail à un ami. Dale, lui, préfère qu'il l'appelle une fois sur place, pour lui donner l'adresse exacte. Sauf que le garage où Johnny doit se rendre, un autre homme y est entré une semaine plus tôt, pour un autre premier rendez-vous.

Un rendez-vous avec Sheena

Le vendredi 3 octobre 2008, Gilles Tetreault se prépare à rencontrer une femme qui se fait appeler Sheena. Gilles travaille comme prestataire pour une entreprise d'informatique, et Sheena, il l'a rencontrée sur un site de rencontre. Le rendez-vous est fixé dans un garage, dans un quartier résidentiel du sud d'Edmonton, au 5712 de la 40e Avenue, à Mill Woods.

Quand Gilles entre dans ce garage, il n'y a pas de Sheena. À la place, un homme qui porte un masque de hockey l'attaque, et il le frappe avec une matraque à décharge électrique. "J'ai évidemment compris que ce n'était pas un rendez-vous", dira Gilles plus tard.

Gilles essaie de s'enfuir, alors l'homme masqué lui crie de se coucher par terre, et il sort ce qui ressemble à un pistolet. À ce moment-là, Gilles se dit qu'il vaut mieux se battre. Il se jette sur l'arme, il l'attrape de la main gauche, et sous ses doigts, il sent du plastique. Le pistolet est faux.

Gilles se dégage de sa veste, qui reste dans les mains de son agresseur, et il roule sous la porte du garage, qui n'est pas complètement fermée. Il se relève dans la ruelle, mais l'homme au masque l'attrape par les jambes et le tire à nouveau vers l'intérieur, à plat ventre sur le sol. Gilles se met à pleurer, parce qu'à cet instant, il pense qu'il ne reverra jamais les gens qu'il aime. Il réussit pourtant à se libérer une deuxième fois, et dans la ruelle, il y a un couple qui promène son chien.

Un masque de hockey dans la ruelle

Marisa Girhiny et son compagnon, Trevor Hossinger, voient arriver un homme avec une grosse bosse sur la tête, qui tombe juste devant eux. À ce moment-là, Marisa lève les yeux vers le garage. "Il y avait un type debout là-bas, avec un masque", racontera-t-elle, "et à ce moment-là, j'ai commencé à paniquer."

Trevor, lui, décrit un homme grand, de plus de 1,80 m, avec un sweat à capuche bleu, un jean et un masque de hockey. En voyant le couple, l'homme masqué fait comme si Gilles et lui étaient des amis qui chahutent, puis il se retourne "comme si de rien n'était", et il repart vers le garage. Avant d'y entrer, il s'arrête derrière la clôture, à côté de la porte, et il les regarde.

Gilles explique au couple qu'on est en train de le dépouiller, et il leur demande de l'aide, avant de sauter dans son pick-up et de partir. Il ne va pas voir la police, et ensuite, en ligne, un message le menace de mort s'il parle.

Gilles se tait donc. Dans ce garage du 5712 de la 40e Avenue, le rendez-vous suivant a lieu 7 jours plus tard, le vendredi 10 octobre.

Des indications au lieu d'une adresse

Le vendredi 10 octobre au soir, Johnny Altinger suit les indications de la femme, et elles le mènent à un garage du sud d'Edmonton. Comme promis, il appelle Dale une fois arrivé, sauf que la femme n'est pas là, et dans le garage, il n'y a personne pour l'accueillir, et Johnny repart.

Un peu plus tard dans la soirée, il écrit à Dale que la femme est rentrée, et qu'il retourne la voir. Dale lit le message, et ensuite, il n'a plus de nouvelles.

Le dimanche 12 octobre, Johnny ne vient pas à la balade à moto prévue avec lui, et pour Dale, ce n'est pas normal. Ce week-end-là est un long week-end au Canada, puisque le lundi 13 octobre, c'est Thanksgiving, et Johnny ne donne toujours pas de nouvelles.

Le lundi 13 octobre, Dale reçoit enfin un e-mail de Johnny. D'autres amis reçoivent le même genre de message, et son employeur, lui, reçoit un e-mail de démission. Johnny y explique qu'il a rencontré une femme formidable, et qu'il part avec elle au Costa Rica, pour 3 mois.

Un départ soudain pour le Costa Rica

Pour Dale, le message n'a aucun sens, et tout de suite, il ne croit pas qu'il vienne vraiment de Johnny. "Je connais John, il n'aime pas les endroits chauds", dira-t-il. "Il a vécu à Hawaï, et il n'aime pas la chaleur."

Ses amis vont chez lui, et ils finissent par entrer de force dans son appartement. À l'intérieur, rien n'a été emballé pour un voyage, il y a de la vaisselle sale, et surtout, le passeport de Johnny est encore là. Quelqu'un qui part pour 3 mois au Costa Rica n'oublie pas son passeport, si bien que les amis de Johnny vont voir la police.

Il leur reste une piste, l'e-mail du 10 octobre, avec les indications pour le rendez-vous. L'ami qui l'a reçu l'a gardé, et pour le détective Mark Anstey, de la police d'Edmonton, c'est la seule raison pour laquelle les enquêteurs trouvent le garage. Ces indications mènent au 5712 de la 40e Avenue, à Mill Woods, et ce garage, quelqu'un le loue.

Un cinéaste très bavard

Le constable Christopher Maxwell appelle ce locataire, et ils se retrouvent devant le garage, dans la nuit. L'homme s'appelle Mark Twitchell, il a 29 ans, il habite St. Albert, une banlieue au nord-ouest d'Edmonton, et il explique qu'il loue cet endroit pour tourner ses films. Sur la porte, il y a un cadenas qu'il dit ne pas reconnaître, et pour lui, c'est peut-être la personne qui a donné rendez-vous à Johnny qui l'a posé là.

Aux premières heures du dimanche 19 octobre, Mark Twitchell est entendu par le détective Mike Tabler, qui a 36 ans de carrière dans la police d'Edmonton. Il est détendu, presque bavard, et il parle longuement de son métier. Il prépare une comédie, Day Players, et il en parle comme d'un grand film, avec un "vrai budget" d'environ 3,5 millions de dollars, des investisseurs, et une subvention de l'Alberta qu'il attend encore. "C'est dur, c'est vraiment difficile, mais ça en vaut vraiment la peine", dit-il. Il parle aussi de sa fille, de son premier mariage, des années où il a vécu aux États-Unis, et d'une faillite. Un jeune homme qui tourne ses propres films, on en croise aussi un au Texas, dans l'affaire Trey Sesler, mais celui-là étudie aussi les tueurs en série.

Fin septembre, dans ce garage, Mark Twitchell a tourné un autre film, House of Cards, qu'il présente comme un thriller. Le détective lui fait remarquer qu'il est quand même étrange d'enquêter sur une disparition à l'endroit même où il a tourné ce genre de film. "C'est vraiment flippant, ça aussi", répond-il, et il raconte qu'en apprenant la nouvelle au téléphone, il a eu des frissons. Depuis le tournage, il est revenu plusieurs fois au garage, mais il n'y a jamais vu personne.

Il est plus de 4h du matin quand il quitte le commissariat. Le lendemain, il envoie un e-mail au détective Tabler, pour lui parler d'une voiture.

Une Mazda rouge pour 40 dollars

Dans cet e-mail, Mark Twitchell raconte qu'un inconnu l'a abordé pour lui vendre sa voiture, une Mazda 3 rouge, contre tout l'argent qu'il avait sur lui. L'homme s'appelait Mark, lui aussi, et il lui a expliqué qu'il avait trouvé une femme riche, qui allait lui offrir une BMW neuve, et qu'il n'avait donc plus besoin de sa voiture. Mark Twitchell dit qu'il s'est méfié, évidemment, mais que l'homme était très convaincant, et qu'il lui a laissé la voiture pour 40 dollars, le montant exact de ce qu'il avait dans la poche.

Comme il ne sait pas conduire une boîte manuelle, il a appelé un ami, Joss Hnatiuk, qui a travaillé sur plusieurs de ses films, et Joss l'a rejoint au garage du sud de la ville, il a ramené la Mazda chez lui, et il a accepté de la garder quelques jours. Vers 5h du matin, le 19 octobre, juste après son entretien avec la police, Mark Twitchell rappelle Joss. Il est très stressé, et il a peur qu'on essaie de lui faire porter le chapeau dans cette histoire de disparition. C'est Joss qui lui reparle de la Mazda, et au téléphone, Mark semble presque l'avoir oubliée. Joss lui conseille d'en parler à la police, parce qu'avec tout ce qui se passe, la voiture est peut-être volée.

Les policiers récupèrent la Mazda chez Joss, et ils vérifient à qui elle appartient. C'est une Mazda 3 rouge de 2005.

Elle est au nom de Johnny Altinger.

Une question de temps

Aux premières heures du lundi 20 octobre, Mark Twitchell est de nouveau au commissariat, face au détective Bill Clark, de la brigade des homicides. C'est la quatrième fois qu'il raconte l'histoire de la Mazda, et Bill Clark lui demande de tout reprendre, dans les moindres détails. Mark explique que l'homme lui a montré les papiers du véhicule. "Je me suis dit que s'il me montrait l'assurance et la carte grise, c'était forcément légal", dit-il. Pour le détective, accepter cette voiture, c'est pratiquement de l'aveuglement volontaire. "Tu n'es pas un gamin de 16 ans", lui dit-il.

Puis Bill Clark change de ton. "Il n'y a absolument aucun doute dans mon esprit que tu es impliqué dans la disparition de Johnny Altinger." Mark reste un instant sans voix, avant de demander "Pourquoi ?", et pendant presque tout l'entretien, il répond à peine, sauf pour marmonner que le détective se trompe de piste. C'est là que Bill Clark lui tend une porte de sortie. Si quelque chose a mal tourné dans ce garage, s'il s'est défendu, c'est maintenant qu'il doit le dire, sinon, il ne pourra jamais vivre avec ça. "Tu serais surpris de ce avec quoi je peux vivre", répond Mark.

À un moment, il demande s'il est inculpé, et s'il est libre de partir. Il l'est, mais pour Bill Clark, l'enquête ne s'arrête pas là. "On reviendra t'inculper. C'est juste une question de temps."

Mark Twitchell sort du commissariat, et sa voiture, elle, reste à la fourrière. Pendant ce temps, des policiers se rendent chez lui, à St. Albert, et c'est sa femme qu'ils trouvent à la maison.

Une double vie à St. Albert

Le lundi 20 octobre 2008, Jess Twitchell voit arriver des policiers dans sa maison de Dayton Crescent, dans le quartier de Deer Ridge, à St. Albert. "Ils pensaient que Mark avait tué quelqu'un, qu'il avait assassiné quelqu'un", racontera-t-elle. Les policiers lui posent quelques questions, ils obtiennent un mandat de perquisition, et Jess prend quelques affaires pour partir chez des proches. Elle ne reviendra jamais vivre dans cette maison, et ce jour-là, c'est aussi la dernière fois qu'elle voit son mari.

Jess a épousé Mark en janvier 2007, ils ont une petite fille, et depuis l'automne, leur couple va mal, au point qu'ils dorment dans des chambres séparées, qu'ils se croisent à peine, et qu'ils suivent une thérapie de couple. Pour Jess, son mari est vendeur pour ADT, une entreprise de systèmes d'alarme, et chaque matin, il part travailler. Sauf qu'en réalité, Mark a quitté ce travail en mai 2008, 5 mois plus tôt, et depuis, il fait semblant.

Le vendredi 3 octobre et le vendredi 10 octobre, Jess croit aussi qu'il a rendez-vous chez un psychiatre. Le 10 octobre au soir, vers 21h, elle commence à s'inquiéter, alors elle l'appelle, et il lui répond qu'il est à la salle de sport. Pour Jess, c'est bizarre, parce que cette salle-là est fermée, et Mark lui dit alors qu'il est dans une autre salle.

Ce soir-là, Jess ne le voit rentrer que très tard. Le lendemain, ils confient leur fille pour une nuit et ils sortent en amoureux, puis ils passent les 2 jours de Thanksgiving dans leurs familles.

Un fichier effacé

Du 21 au 31 octobre, Mark Twitchell est surveillé jour et nuit. Le 23 octobre, ses amis reçoivent un e-mail qui semble venir de lui, et qui leur conseille de ne pas parler à la police. "Vous avez tous le droit de garder le silence, et vous devriez l'exercer", écrit-il. "On s'est moqué de moi et je n'apprécie pas, alors il est temps d'arrêter et de les obliger à faire leur travail eux-mêmes."

Le vendredi 31 octobre 2008, il est arrêté sans incident à Edmonton, et le lendemain, la police annonce qu'il est inculpé de meurtre au premier degré. Le corps de Johnny n'a pas été retrouvé, mais pour les enquêteurs, les preuves scientifiques suffisent. Le détective Mark Anstey parle aussi du film tourné dans ce garage. "Ce film parlait d'un type qu'on attire par internet, qu'on attache à une chaise avec du ruban adhésif, qu'on tue et qu'on découpe." À St. Albert, un voisin, Ralph O'Donnell, n'en revient pas. "Il avait l'air d'un type droit."

La police lance aussi un appel, pour retrouver un homme qui serait venu dans ce même garage le 3 octobre, et qui aurait réussi à échapper à un agresseur au masque de hockey. Le 2 novembre, un ami de Gilles Tetreault l'appelle, parce qu'il vient de lire un article qui ressemble beaucoup à ce que Gilles lui a raconté, et le lendemain, Gilles se rend à la police.

Sur l'ordinateur portable de Mark Twitchell, les enquêteurs ont retrouvé un fichier qu'il avait effacé. Il s'appelle "SKConfessions", il fait 42 pages, et sa première phrase dit "C'est l'histoire de ma progression pour devenir un tueur en série."

Les confessions d'un tueur en série

Le document utilise de faux noms, mais il raconte 2 attaques dans un garage. Dans la première, la victime réussit à s'enfuir, et tout correspond aux souvenirs de Gilles Tetreault. Dans la seconde, l'homme s'appelle "Jim", et selon l'accusation, Jim, c'est Johnny.

D'après ce document, le 10 octobre, quand Johnny revient au garage, l'auteur le frappe sur le crâne avec un tuyau en métal, il le poignarde à la poitrine et à la gorge, puis il le regarde se vider de son sang sur le sol, avant de découper son corps. Ensuite, il essaie de brûler les restes, et comme ils ne se consument pas, il les jette dans un égout. Les restes de Johnny finissent dans des sacs-poubelle, au fond d'un égout pluvial du nord d'Edmonton.

Dans le garage, les enquêteurs ont trouvé une table en métal de la taille d'un billard, entourée de bâches en plastique pour retenir les éclaboussures, et des couteaux, des scies et un hachoir, tachés du sang de Johnny. Son sang est aussi sur des vêtements et sur un couteau qui appartiennent à Mark Twitchell. Sur Facebook, Mark a même un profil au nom de Dexter Morgan, le héros d'une série télévisée, un policier scientifique qui tue la nuit. Cette envie de tuer qui grandit pendant des années, on la retrouve chez un jeune homme de 19 ans du Colorado, qui finit par partir chercher quelqu'un dans la nuit, dans l'affaire Warren Barnes.

En juillet 2009, Mark Twitchell demande à être libéré sous caution en attendant son procès. Il est désormais poursuivi aussi pour la tentative de meurtre de Gilles Tetreault, et le corps de Johnny n'a toujours pas été retrouvé.

Un canular pour un film

En mars 2011, le procès s'ouvre devant la Cour du Banc de la Reine de l'Alberta, à Edmonton, sous la présidence du juge Terry Clackson, avec un jury de 6 hommes et 6 femmes. Dès le début, Mark Twitchell propose de plaider coupable d'avoir porté atteinte à un cadavre, une accusation bien moins lourde, et la Couronne refuse. Le juge, lui, a séparé les 2 affaires, si bien que ce procès porte seulement sur la mort de Johnny.

Le 1er avril, Gilles Tetreault vient raconter sa soirée du 3 octobre, et son témoignage captive le jury. Ce soir-là, dans le garage, il a choisi de se battre, parce que "je préfère mourir à ma façon qu'à la sienne".

Quand vient son tour, Mark Twitchell reconnaît qu'il a attiré Gilles et Johnny dans ce garage en se faisant passer pour une femme, mais il donne une autre raison. Il voulait les faire participer à un canular, pour créer du bruit sur internet autour de House of Cards, en leur demandant ensuite de raconter l'histoire en ligne comme si elle leur était vraiment arrivée. Gilles, il a préféré lui faire peur. Johnny, il lui a tout expliqué, et Johnny se serait mis en colère, ils se seraient battus, et en se défendant, Mark l'aurait poignardé au cœur. Les e-mails, il reconnaît les avoir envoyés après être entré chez Johnny, par panique, pour gagner du temps. Quant au document, ce ne serait qu'une fiction, et "SK" voudrait dire Stephen King, ou bien serial killer, tueur en série.

Avant de laisser partir les jurés, le juge Clackson les met en garde. "Il est important que M. Twitchell ne soit pas condamné simplement parce qu'il a l'air d'être une mauvaise personne, ou une personne immorale." Le mardi 12 avril 2011, après un peu plus de 5 heures de délibérations, le jury revient dans la salle.

Johnny Altinger, 30 mois plus tard

Le président du jury se lève. "Coupable de meurtre au premier degré." Dans la salle, la famille de Johnny se tient par la main, et sa mère, Elfriede, se met à pleurer. Mark Twitchell regarde droit devant lui, et il avale sa salive.

Le soir même, la Couronne lit les déclarations de la famille. "Je n'arrive pas à imaginer la peur, le désespoir et la douleur que Johnny a dû endurer", écrit Elfriede. "Il n'y a plus de joie dans ma vie. On me l'a arrachée." Gary, le frère de Johnny, raconte que ses enfants se réveillent souvent la nuit à cause de cauchemars de monstres, et qu'il est "impossible d'être honnête avec eux, quand on sait que les monstres vivent parmi nous". Quand le juge demande à Mark Twitchell s'il veut ajouter quelque chose, il répond doucement "Je crois que je vais passer mon tour." Il est condamné à la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans, la peine automatique au Canada pour un meurtre au premier degré. En sortant, il passe juste devant Bill Clark, assis au premier rang, et le détective l'a voulu ainsi, parce qu'il voulait être le dernier visage que Mark Twitchell verrait en quittant la salle.

Le 17 juin 2011, la Couronne suspend l'accusation de tentative de meurtre sur Gilles Tetreault, parce qu'un deuxième procès ne changerait rien à la peine. Depuis la prison de Prince Albert, en Saskatchewan, Mark Twitchell fait appel de sa condamnation, en accusant les médias d'avoir influencé le jury, puis il renonce à son appel le 15 février 2012, et depuis, il purge sa peine.

Johnny avait 38 ans. Le dimanche 12 octobre 2008, il devait partir faire de la moto avec Dale.

L'affaire Johnny Altinger en vidéo ⬇️

À lire aussi :

➡️ Affaire Abby Choi
➡️ Affaire Lauren Giddings

Sources :

The Canadian Press (Red Deer Advocate), Twitchell reconnu coupable de meurtre, 13 avril 2011 : https://reddeeradvocate.com/2011/04/13/twitchell-guilty-of-murder/
The Globe and Mail, le verdict et les déclarations de la famille Altinger, 12 avril 2011 : https://www.theglobeandmail.com/news/national/prairies/mark-twitchell-convicted-of-murder/article1982267
CBC News, le témoignage de Jess Twitchell au procès, 21 mars 2011 : https://www.cbc.ca/news/canada/edmonton/former-wife-weeps-at-twitchell-murder-trial-1.1122270
St Albert Gazette, la vidéo de l'interrogatoire du 20 octobre 2008, mars 2011 : https://www.stalbertgazette.com/local-news/update-you-havent-told-us-close-to-the-truth-police-1274450
CTV News Edmonton, le témoignage de Gilles Tetreault, 1er avril 2011 : https://edmonton.ctvnews.ca/alleged-first-victim-recalls-his-escape-1.626233
CBC News, l'inculpation pour meurtre au premier degré, 1er novembre 2008 : https://www.cbc.ca/news/canada/edmonton/filmmaker-charged-with-first-degree-murder-1.721228
CBC News, l'abandon de l'appel, 29 mars 2012 : https://www.cbc.ca/news/canada/edmonton/dexter-killer-drops-appeal-1.1188382