Michel Fourniret et Estelle Mouzin : 9 ans, jamais retrouvée

Estelle Mouzin, 9 ans, en pull rouge, photo de l'avis de recherche, affaire Estelle Mouzin
Estelle Mouzin, 9 ans, en pull rouge, photo de l'avis de recherche, affaire Estelle Mouzin

Photo : avis de recherche diffusé par la police en 2003 (AFP)

Ce jeudi 9 janvier 2003, à Guermantes, en Seine-et-Marne, il fait déjà nuit, et la neige des jours derniers a rendu les routes glissantes. Estelle Mouzin a 9 ans, de longs cheveux châtains, et il ne lui reste que quelques centaines de mètres à faire pour rentrer chez sa mère. Elle dit au revoir à sa petite camarade, elle passe devant la boulangerie, puis plus personne ne la revoit. Pendant 17 ans, sa famille va la chercher partout, alors que la clé de sa disparition tient dans un simple coup de téléphone, passé ce soir-là à 250 km de chez elle.

Estelle Mouzin, un petit clown

Guermantes est un petit village de Seine-et-Marne, à l'est de Paris, et c'est là qu'Estelle vit avec sa mère, Suzanne. C'est une petite fille de 9 ans aux yeux verts toujours prêts à rire.

Ses parents sont en train de divorcer, et entre eux, ça se passe mal. Sa grande sœur, Lucie, et son grand frère, Arthur, habitent chez leur père, Éric, au Vésinet, dans les Yvelines. Éric vient de s'installer avec sa compagne, Dominique, et ses enfants, Yann et une petite fille qui porte le même prénom qu'Estelle, au point qu'Éric l'appelle "l'autre Estelle".

Pour son père, Estelle, c'est son petit clown. Un jour, en Corse, elle attrape un sac à main et elle se met à imiter Bernadette Chirac, la femme du président de la République.

Le trajet entre l'école et la maison de sa mère est court, et Suzanne laisse Estelle le faire à pied, sans adulte. 20 ans plus tard, devant une cour d'assises, elle s'en voudra encore.

Les 400 derniers mètres

Le jeudi 9 janvier 2003, il fait nuit noire à Guermantes, et la neige qui est tombée a laissé du verglas sur les routes. Après 18h, Estelle rentre de l'école à pied avec une petite camarade.

Les 2 fillettes se disent au revoir, et Estelle passe devant la boulangerie. Il lui reste 400 mètres à faire seule, jusqu'à la maison de sa mère, la dernière au bout du chemin.

Elle n'arrive jamais.

À la maison, Suzanne attend, puis elle s'inquiète. Il est plus de 21h30 quand elle appelle Éric au Vésinet pour lui dire qu'Estelle n'est pas rentrée de l'école, et Éric part pour Guermantes.

Une fois sur place, il cherche avec les policiers de la brigade anticriminalité, et ensemble, ils fouillent les petits chemins du village, dans le noir, jusqu'à 2h du matin. Ils ne trouvent aucune trace d'Estelle.

Les jours suivants, l'avis de recherche avec sa photo est placardé partout, et c'est cette photo que toute la France va bientôt connaître.

Un père soupçonné

Le vendredi 10 janvier 2003, le parquet de Meaux ouvre une information judiciaire pour l'enlèvement d'un mineur de moins de 15 ans, et l'enquête est confiée au service régional de police judiciaire de Versailles. Les policiers fouillent les bois autour du village, et ils perquisitionnent 350 maisons de Guermantes. Ils font même conserver les relevés téléphoniques de toute la France pour la journée du 9 janvier.

Dans une disparition d'enfant, les enquêteurs regardent d'abord du côté de la famille, et c'est assez logique finalement, parce que c'est souvent là que se trouve la réponse. Sauf que chez les Mouzin, il y a un divorce difficile, et très vite, c'est Éric qui devient le premier suspect.

Éric en garde un souvenir amer, et des années plus tard, quand il racontera son histoire dans un livre, la toute première phrase sera celle-ci, "Je ne suis pas celui qui a enlevé Estelle".

Le 1er mars 2003, avec sa famille et ses proches, il fonde l'association Estelle. Ils collent des affiches, et au semi-marathon de Paris, ils forment une banderole humaine. Éric se jette dans l'action, parce que tant qu'il agit, la peine reste à distance.

Pendant ce temps, les enquêteurs remontent une autre piste, celle d'un homme au volant d'une camionnette blanche.

Une camionnette blanche avant Noël

Le 12 juin 2003, les policiers apprennent qu'une camarade d'Estelle a été abordée le 19 décembre 2002, 3 semaines avant la disparition, par un homme au volant d'une camionnette blanche. Il lui a proposé de la conduire chez elle. Un portrait-robot de l'homme est établi et diffusé, et du 24 juin 2003 au 20 février 2004, un numéro vert reste ouvert pour recueillir les témoignages.

Les enquêteurs s'intéressent aussi à un prêtre polonais et à son cousin, venus en France pour les rencontres de la communauté de Taizé, à Paris. Ils ont dormi chez la mère d'Estelle à partir du 28 décembre, et ils sont repartis le 1er janvier, 8 jours avant sa disparition. Interrogés en Pologne, ils expliquent qu'ils étaient déjà rentrés chez eux le 2 janvier.

Le 16 décembre 2003, dans toute la France, les policiers vont chercher des dizaines de personnes déjà condamnées ou mises en cause pour des agressions sexuelles sur des enfants, et ils les entendent tous le même jour. Ça ne donne rien.

Seulement, à la fin du mois de juin 2003, en Belgique, une adolescente de 13 ans échappe à un homme qui a tenté de l'enlever à Ciney, et la police l'arrête. Il s'appelle Michel Fourniret.

Un matelas dans un scellé

Michel Fourniret est un Français de 61 ans qui vit en Belgique, à Sart-Custinne, avec sa femme, Monique Olivier. Les enquêteurs belges et français vont découvrir qu'il est bien plus qu'un ravisseur, et en 2008, la cour d'assises des Ardennes le condamnera à la réclusion criminelle à perpétuité, avec une période de sûreté incompressible, pour l'enlèvement, le viol et le meurtre de 7 jeunes femmes et fillettes. Monique Olivier sera condamnée à perpétuité, elle aussi, pour complicité dans 4 de ces crimes.

Le 28 juin 2003, juste après son arrestation, les enquêteurs fouillent une maison qui lui appartient, de l'autre côté de la frontière, à Ville-sur-Lumes, dans les Ardennes françaises. Fourniret en a hérité de sa sœur. Dans cette maison, ils saisissent un matelas, et sur ce matelas, il y a des cheveux.

À ce moment-là, personne ne pense à les comparer avec l'ADN d'Estelle Mouzin. Les cheveux sont mis sous scellés, et ils vont y rester 17 ans.

Un coup de fil pour un anniversaire

Un homme qui enlève des jeunes filles, à quelques heures de route de Guermantes, c'est exactement le suspect que les enquêteurs de Versailles cherchent, et ils s'intéressent à lui. Ils entendent Monique Olivier en août 2003, puis en mars 2005.

Sauf que Fourniret a un alibi. Le soir du 9 janvier 2003, c'est l'anniversaire de son fils, et un appel part de sa maison de Sart-Custinne vers le téléphone de ce fils. Son fils ne répond pas, mais l'appel figure bien sur les relevés téléphoniques. Pour les enquêteurs, si Fourniret était chez lui, en Belgique, pour souhaiter un bon anniversaire à son fils, il ne pouvait pas être à Guermantes, à 250 km de là, au moment où Estelle disparaît.

En novembre 2006, la piste est pourtant relancée, et une commission rogatoire internationale part pour la Belgique. Seulement, au début de l'année 2007, Fourniret est mis hors de cause. Le 12 et le 13 novembre 2007, lui et Monique Olivier sont encore interrogés, et tous les 2 nient avoir le moindre lien avec la disparition d'Estelle.

En janvier 2008, l'enquête s'emballe ailleurs. Un journaliste rapporte qu'un corps d'enfant aurait été découvert pendant des travaux dans un restaurant de Brie-Comte-Robert, en Seine-et-Marne. Les policiers fouillent le chantier du restaurant, mais les ossements sont ceux d'animaux.

Pour la justice, le soir où Estelle disparaît, Michel Fourniret est chez lui, en Belgique.

Un père contre l'oubli

Depuis 2006, Éric Mouzin a un avocat, Didier Seban, qui travaille avec Corinne Herrmann, et pour eux, la piste Michel Fourniret est sérieuse. Seulement, les années passent, et dans le dossier, rien ne bouge.

Chaque année depuis 2004, l'association organise une marche silencieuse dans les rues de Guermantes, qui part de la place du Temps perdu. En 2005, un cerisier japonais est planté dans le village en mémoire d'Estelle et de tous les enfants disparus, et chaque printemps, il fleurit. Avec l'association, Éric se bat pour que la France se dote d'une alerte enlèvement, et elle voit le jour en 2006. En 2011, il publie son livre, Retrouver Estelle.

Dans les bureaux du tribunal de Meaux, pourtant, le dossier s'enlise. Pendant près de 10 ans, les pièces ne sont pas classées au fur et à mesure, et en février 2011, la juge d'instruction écrit au père d'Estelle que sa greffière est en arrêt de travail et que le dossier ne pourra pas être numérisé à temps. 10 juges d'instruction vont se succéder sur l'affaire, et le dossier finira par compter 48 407 pièces.

En octobre 2013, une expertise des cheveux et des fibres retrouvés dans la camionnette de Fourniret ne révèle aucune trace d'Estelle.

En mai 2015, une ancienne codétenue de Monique Olivier se présente aux enquêteurs de Versailles. Elle dit que Monique lui a fait des confidences.

Une femme qui change de version

En mars 2018, Michel Fourniret est entendu dans d'autres dossiers, et au sujet d'Estelle, il lâche que c'est "un sujet à creuser". Éric Mouzin, lui, n'a plus aucune confiance dans la justice, et en janvier 2019, il assigne l'État pour faute lourde.

Le 5 février 2019, Monique Olivier est entendue à Paris par la juge qui instruit d'autres dossiers du couple, et cette fois, c'est elle qui veut parler d'Estelle. Elle explique qu'avec le temps qui passe, elle veut aider les familles, et qu'elle a confiance en cette juge. Le 24 juillet 2019, la Cour de cassation retire l'affaire au tribunal de Meaux et la confie à Paris, où elle arrive en septembre entre les mains de la juge Sabine Khéris.

Le 21 novembre 2019, pendant près de 3 heures, Monique Olivier répond aux questions de Sabine Khéris, et elle revient sur l'alibi. Ce coup de téléphone du 9 janvier 2003, c'est elle qui l'a passé, à la demande de son mari, et quand il le lui a demandé, Fourniret n'était pas à la maison. Son avocat, Richard Delgenes, précise qu'à l'époque, il arrivait à Fourniret de partir plusieurs jours.

Le 27 novembre 2019, Michel Fourniret est mis en examen pour l'enlèvement et la séquestration suivis de la mort d'Estelle Mouzin.

Le coup de fil qui le protégeait depuis 16 ans vient de tomber.

"Fort possible, même très probable"

Face à Sabine Khéris, Michel Fourniret, 77 ans, ne passe pas aux aveux. Il lui dit qu'il est "fort possible, même très probable" qu'il soit l'auteur de la disparition d'Estelle, mais qu'il ne sait pas quoi lui dire, et qu'il est dans l'impossibilité de répondre "oui, je suis responsable de sa disparition". Alors il l'exhorte à le considérer comme coupable. Il se décrit comme un joueur d'échecs qui prend plaisir à la confrontation avec sa juge, et quand on lui montre une photo de la fillette, il dit que rien ne fait "tilt" dans sa tête.

Le 21 janvier 2020, la juge ordonne enfin de comparer les cheveux du matelas de Ville-sur-Lumes avec l'ADN d'Estelle, et à la fin du mois, Monique Olivier est entendue à son tour, et elle dit à la juge que son ex-mari a tué la fillette. Elle a 3 raisons de le penser. Estelle correspond au profil des victimes qu'il cherchait, il avait fait des repérages, et son alibi était faux. Pour Richard Delgenes, on a plus avancé ce jour-là en 6 heures qu'en 10 ans d'instruction.

Du 4 au 6 mars 2020, Michel Fourniret est entendu pendant 3 jours, et le samedi 7 mars, le parquet de Paris annonce qu'il "a reconnu sa participation aux faits".

Il ne dit pas où se trouve Estelle.

Une maison dans les Ardennes

Le 21 août 2020, Monique Olivier est mise en examen pour complicité, et par la voix de son avocat, elle raconte ce qui se serait passé. D'après elle, Michel Fourniret aurait enlevé Estelle le 9 janvier 2003, il l'aurait emmenée dans sa maison de Ville-sur-Lumes, celle du matelas, et il l'y aurait séquestrée, violée, puis étranglée.

Ces cheveux, restés 17 ans sous scellés, sont enfin analysés. Fin août 2020, la presse rapporte qu'un ADN partiel d'Estelle, mêlé à d'autres traces, a été identifié sur le matelas, mais pour l'expert désigné par la justice, la comparaison est "non concluante". Le matelas ne permet donc ni de prouver qu'Estelle est passée par cette maison, ni de l'exclure.

Ville-sur-Lumes est un village des Ardennes, tout près de Charleville-Mézières, et si Fourniret a emmené Estelle dans cette maison, son corps ne doit pas être très loin. Depuis le mois de juin, les enquêteurs fouillent déjà les environs.

Des fouilles dans le bois d'Issancourt

Campagne après campagne, les recherches mènent les enquêteurs jusqu'à Issancourt-et-Rumel, un village à 4 km de Ville-sur-Lumes. Le 1er avril 2021, Monique Olivier fait un nouveau pas. Pour la première fois, elle reconnaît avoir joué un rôle pendant la séquestration d'Estelle, et elle dit qu'elle a accompagné son ex-mari jusqu'au bord du bois d'Issancourt-et-Rumel, où il aurait enterré le corps.

Les gendarmes se tournent vers ce bois. Ils cherchent toujours quand, le 10 mai 2021, Michel Fourniret meurt à Paris, à 79 ans. Il n'aura jamais été jugé pour Estelle, et il emporte avec lui tout ce qu'il savait.

Le 30 août 2021, une 7e campagne de fouilles commence dans le bois communal, sur une zone de 4 hectares pas encore explorée. En novembre 2021, Monique Olivier doit être extraite de prison pour assister à une 8e campagne, dans une futaie de chênes et de hêtres plus au nord. Aucune de ces fouilles ne permet de retrouver Estelle.

Désormais, la seule personne qui dit avoir vu Estelle à Ville-sur-Lumes, c'est Monique Olivier.

Un rideau de douche en plastique

Le 28 novembre 2023, Monique Olivier a 75 ans, et elle comparaît seule devant la cour d'assises des Hauts-de-Seine, à Nanterre. Elle est jugée pour complicité dans 3 affaires, celle d'Estelle et celles de 2 jeunes femmes, Marie-Angèle Domèce et Joanna Parrish, tuées en 1988 et en 1990.

Le jeudi 14 décembre, pour la première fois, elle raconte devant les jurés les derniers jours d'Estelle. Le 9 janvier 2003, Fourniret l'appelle 2 fois, et il lui demande de passer le coup de téléphone à son fils. Le lendemain, le 10 janvier, il lui demande de venir le "remplacer" à Ville-sur-Lumes, pour garder la petite fille.

Là-bas, elle voit Estelle, vivante, sur le divan ou le lit de la chambre. Estelle n'a rien à manger, et Monique lui apporte un verre d'eau. La petite fille lui dit qu'elle veut voir sa maman, et Monique lui répond qu'elle la verra bientôt. Monique sait pourtant qu'Estelle va être violée, puis tuée.

Ensuite, raconte-t-elle, elle voit le corps d'Estelle, enroulé dans un rideau de douche en plastique. Elle apporte une pelle et une pioche à Fourniret, et pendant qu'il creuse un trou "jusqu'à la cheville", elle fait le guet.

Quand le président lui demande "Pourquoi vous ne l'avez pas sauvée ?", elle répond "Je ne sais pas… non, je ne sais pas."

Et quand on lui demande où est Estelle, elle dit qu'elle serait incapable de retrouver l'endroit, et que Fourniret a peut-être déplacé le corps.

Les jurés de Nanterre

8 jours plus tôt, le mercredi 6 décembre, la famille d'Estelle est venue témoigner. Éric a compté les jours depuis l'enlèvement de sa fille, il y en a 7 636, et toutes les nuits, il se réveille à 3h du matin, parce qu'il pense que c'est l'heure où Estelle a été tuée. Suzanne, qui n'a pas voulu venir au procès, parle en visioconférence. Elle a 67 ans, elle dit que d'une nuit à l'autre, elle a perdu son enfant, et qu'elle s'en veut de l'avoir laissée rentrer seule.

Lucie, qui vit à Londres, a écrit une lettre que lit Me Seban, et elle y raconte "le monde qui s'arrête". "L'autre Estelle" est venue, elle aussi. Elle a 30 ans, elle est architecte, et elle a grandi dans l'ombre de cette petite fille qui aurait eu son âge. Dans la famille, la chambre d'Estelle est restée intacte.

Le 8 décembre, à la barre, des enquêteurs de la police judiciaire de Versailles disent même douter du rôle de Michel Fourniret dans la disparition d'Estelle. Le 19 décembre 2023, après plus de 10 heures de délibéré, la cour d'assises, elle, déclare Monique Olivier coupable de complicité d'enlèvement et de séquestration suivis de la mort d'Estelle, et de complicité dans les meurtres de Joanna Parrish et de Marie-Angèle Domèce. Elle est condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité, avec 20 ans de sûreté. Elle écoute la tête baissée, sans réagir, et elle n'a rien dit de nouveau sur l'endroit où se trouve Estelle.

Un cerisier japonais à Guermantes

Le 3 septembre 2025, le tribunal judiciaire de Paris donne raison à Éric Mouzin. Pour les juges, le manque de moyens humains et les dysfonctionnements de l'enquête constituent une faute lourde de l'État. Le dossier n'a pas été classé correctement pendant près de 10 ans, et 10 juges d'instruction se sont succédé, parfois pour quelques mois à peine, si bien qu'il est devenu très difficile de suivre une affaire de cette taille. L'État doit verser 50 000 euros à Éric pour son préjudice moral. Pour lui, pendant 20 ans, sa famille a vécu dans l'attente, face à "une espèce de froideur administrative et procédurale".

Le 8 octobre 2026, la Cour européenne des droits de l'homme rend publique sa décision sur la requête qu'il avait déposée contre la France en 2019. Elle la déclare irrecevable, parce que la justice française a déjà reconnu ses failles, et elle écrit qu'Éric Mouzin a attendu en vain, pendant près de 20 ans, que les coupables répondent de leurs actes devant une cour d'assises.

Le corps d'Estelle n'a jamais été retrouvé. À Guermantes, le cerisier japonais planté pour elle fleurit toujours au printemps.

Elle s'appelait Estelle Mouzin, elle avait 9 ans, et pour son père, elle restera toujours son petit clown.

Sources :

Cour européenne des droits de l'homme, décision Mouzin c. France, requête n° 15353/19, 15 septembre 2026 : https://courthousenews.com/wp-content/uploads/2026/10/mouzin-v-france-echr-decision.pdf
franceinfo, Éric Mouzin, un père à la recherche du temps perdu, 9 janvier 2020 : https://www.franceinfo.fr/faits-divers/affaire-estelle-mouzin/grand-format-disparition-d-estelle-eric-mouzin-un-pere-a-la-recherche-du-temps-perdu_3753161.html
Tendance Ouest avec l'AFP, Michel Fourniret a reconnu les faits, 7 mars 2020 : https://www.tendanceouest.com/actualite-354781-disparition-d-estelle-mouzin-en-2003-michel-fourniret-a-reconnu-les-faits
ICI (France Bleu), le récit de Monique Olivier au procès, 14 décembre 2023 : https://www.ici.fr/infos/faits-divers-justice/elle-voulait-voir-sa-maman-a-son-proces-monique-olivier-raconte-le-calvaire-d-estelle-4853904
ICI (France Bleu), les proches d'Estelle Mouzin témoignent, 6 décembre 2023 : https://www.ici.fr/infos/faits-divers-justice/proces-de-monique-olivier-j-attends-des-reponses-depuis-20-ans-les-proches-d-estelle-mouzin-temoignent-2260556
franceinfo avec l'AFP, la CEDH écarte le recours du père d'Estelle Mouzin, 8 octobre 2026 : https://www.franceinfo.fr/faits-divers/affaire-estelle-mouzin/la-cour-europeenne-des-droits-de-l-homme-ecarte-un-recours-du-pere-d-estelle-mouzin-victime-de-michel-fourniret_8228377.html
Tendance Ouest avec l'AFP, l'alibi de Fourniret contredit par son ex-femme, 21 novembre 2019 : https://www.tendanceouest.com/actualite-341977-disparition-d-estelle-mouzin-l-alibi-de-fourniret-contredit-par-son-ex-femme
Le JDD, Estelle Mouzin, 8 ans d'absence omniprésente, 1er janvier 2011 : https://www.lejdd.fr/Societe/Estelle-Mouzin-8-ans-d-absence-omnipresente-250361-3241103
franceinfo, la 7e campagne de fouilles à Issancourt-et-Rumel, 30 août 2021 : https://www.franceinfo.fr/faits-divers/affaire-estelle-mouzin/disparition-d-estelle-mouzin-ultime-campagne-de-fouilles-a-issancourt-et-rumel_4754409.html
Belga et AFP via L'Avenir, nouvelles recherches dans les Ardennes, 12 novembre 2021 : https://www.lavenir.net/cnt/dmf20211112_01634980/disparition-d-estelle-mouzin-nouvelles-recherches-dans-les-ardennes-a-partir-de-lundi
Tendance Ouest avec l'AFP, Michel Fourniret entendu par la juge d'instruction, 27 novembre 2019 : https://www.tendanceouest.com/actualite-342649-michel-fourniret-entendu-par-la-juge-d-instruction-dans-l-affaire-estelle-mouzin
Gulf News avec l'AFP, le récit de Monique Olivier transmis par son avocat, 21 août 2020 : https://gulfnews.com/world/europe/french-schoolgirl-raped-murdered-by-serial-killer-ex-wife-says-1.1598031978611
Paris Match Belgique, l'ADN partiel d'Estelle sur le matelas, 26 août 2020 : https://www.parismatch.be/actualites/societe/2020/08/26/disparition-destelle-mouzin-il-faut-quil-dise-ou-est-estelle-demande-son-pere-56SPTVD5UFC3BDLBTA7MGWVW6U/
La DH, l'arrestation de Michel Fourniret en Belgique, 10 mai 2021 : https://www.dhnet.be/archives-journal/2021/05/10/sa-folie-meurtriere-setait-arretee-en-belgique-AEV36DKI6BDONM54WZ73O3DZE4/
Tendance Ouest avec l'AFP, le 1er avril 2021 et les fouilles d'Issancourt-et-Rumel, août 2021 : https://www.tendanceouest.com/actualite-387154-disparition-d-estelle-mouzin-deuxieme-jour-d-une-nouvelle-campagne-de-fouilles-dans-les-ardennes
AFP via lepetitjournal.com, l'ouverture du procès de Monique Olivier, 28 novembre 2023 : https://lepetitjournal.com/fil-afp/affaires-fourniret-il-ma-utilisee-clame-monique-olivier-accusee-de-complicite-dans-trois-meurtres
AFP via Les Nouvelles Calédoniennes, le verdict de la cour d'assises des Hauts-de-Seine, 20 décembre 2023 : https://www.lnc.nc/article/justice/faits-divers/france/l-ex-femme-de-l-ogre-des-ardennes-condamnee-a-la-perpetuite
franceinfo, le père d'Estelle Mouzin obtient la condamnation de l'État, 4 septembre 2025 : https://www.franceinfo.fr/faits-divers/affaire-estelle-mouzin/affaire-estelle-mouzin-apres-20-ans-d-attente-et-de-combats-le-pere-de-la-victime-obtient-enfin-justice_7472311.html