Affaire Annick Van Uytsel : lestée de 14,5 kilos de pierres
Dans la nuit du 27 au 28 avril 2007, vers 4h du matin, à Schaffen, près de Diest, en Belgique, Annick Van Uytsel, 18 ans, quitte une fête à vélo avec 2 amies et un garçon, et quand les autres décident de rester chez lui, elle préfère rentrer seule, par la passerelle réservée aux vélos. Vers 5h, un dernier message part de son téléphone, pour son petit ami, et après ça, plus personne n'a de nouvelles d'elle. À 6h29, comme elle n'est toujours pas rentrée, sa mère l'appelle, et Annick ne décroche pas. Quelques jours plus tard, les enquêteurs découvrent que cet appel est passé par une antenne de Halen, une commune voisine, à une dizaine de kilomètres de Diest.
Annick Van Uytsel, une enfant discrète
Petite, pourtant, Annick est une fille calme et réservée, tellement discrète que ses amies se souviennent d'elle comme d'une enfant timide. Sauf qu'en grandissant, elle s'ouvre, d'abord à la KSJ, un mouvement de jeunesse catholique très présent en Flandre, puis à Malines, où elle suit une formation dans la mode.
Au printemps 2007, elle vit avec ses parents, Eddy et Martine, et avec son frère. Avec le temps, c'est même elle qui veille sur les autres. Elle a aussi ses petits défauts, parce qu'elle est souvent distraite et qu'elle oublie facilement ses affaires, mais il y a une chose dont ses amies sont sûres.
Annick ne suivrait jamais un inconnu.
Seule sur la passerelle
Ce vendredi 27 avril 2007, Annick part de chez elle à vélo pour Schaffen, un village rattaché à Diest, où un groupe Chiro, un autre mouvement de jeunesse, organise une fête. Pour les jeunes du coin, le vélo, c'est le plus simple, parce que Diest est une petite ville traversée par la Demer, à environ 50 kilomètres au nord-est de Bruxelles, tout près de la province de Limbourg, et que ses anciens villages, comme Schaffen, sont reliés au centre par des routes de campagne et des pistes cyclables.
Vers 4h du matin, la fête se termine, et Annick repart avec 2 amies et un garçon. Ils pédalent ensemble jusqu'à la maison du jeune homme, et là, les 2 amies décident de rester chez lui. Annick, elle, préfère rentrer, alors elle continue seule, par la passerelle réservée aux vélos, et sur le moment, personne ne s'en inquiète. Vers 5h, un message part encore de son téléphone, pour son petit ami, et après ce message, plus personne n'a de nouvelles d'Annick.
À 6h29, comme elle n'est toujours pas rentrée, Martine l'appelle, et sa fille ne décroche pas. Ses parents donnent l'alerte, et de grandes recherches commencent, avec des policiers, un hélicoptère et des centaines de bénévoles, et Alain Remue, de la cellule Personnes disparues de la police fédérale, suit le dossier dès le début. Eddy et Martine, eux, ne font plus rien d'autre. Pendant des jours, ils attendent, ils collent des affiches et ils cherchent. Ils lancent un appel à la télévision, et Child Focus, la fondation belge pour les enfants disparus, diffuse l'avis de recherche.
Pendant ce temps, les enquêteurs étudient le téléphone d'Annick, et ils découvrent que l'appel de sa mère, à 6h29, est passé par une antenne de Halen, une commune voisine du Limbourg, à environ 10 kilomètres de Diest. Les recherches se déplacent là-bas. Le jeudi 3 mai, environ 40 militaires rejoignent les équipes, et la moitié d'une zone de 16 kilomètres carrés autour de Halen a déjà été fouillée, sans rien trouver. Ce même jeudi, vers 17h30, un promeneur longe le canal Albert, à Lummen, une autre commune du Limbourg.
Des sacs dans le canal Albert
Le promeneur remarque quelque chose dans l'eau. Ce sont des sacs en plastique, et à l'intérieur, il y a un corps, lesté avec des pierres. Le soir même, le médecin légiste Wim Develter confirme que c'est Annick, et l'autopsie montre qu'elle a été violemment frappée à la tête.
Le samedi 12 mai 2007, ses funérailles ont lieu à Diest. Plus de 1 000 personnes viennent lui dire au revoir, au point que l'église ne suffit pas, et un écran est installé sur la Grand-Place pour ceux qui restent dehors. Pendant la cérémonie, c'est son frère qui prend la parole pour dire adieu à sa sœur.
L'enquête, elle, est confiée à la police judiciaire fédérale de Louvain, mais les semaines passent sans la moindre piste. Les analyses ADN ne donnent rien, et le parquet de Louvain lance plusieurs appels à témoins, qui amènent près de 1 500 témoignages.
Aucun ne mène nulle part.
Un vélo repeint
À l'été 2007, un policier retrouve un vélo devant un immeuble de la Mechelsestraat, à Louvain, à environ 30 kilomètres de Diest. C'est celui d'Annick, et il a été en partie repeint, comme si quelqu'un avait voulu qu'on ne le reconnaisse pas. Les enquêteurs y relèvent des algues et de la vase, mais à ce moment-là, ces traces ne leur apprennent rien. En Angleterre, dans l'affaire David Fuller, l'enquête sur la mort de 2 jeunes femmes est elle aussi restée sans réponse, et ce, pendant 33 ans.
Ensuite, un homme appelle la police à 5 reprises, sans jamais donner son nom. Il prétend qu'Annick est morte dans un accident de la route, et qu'il a aidé à cacher son corps. Fin janvier 2008, le parquet diffuse l'enregistrement de sa voix, et l'homme est identifié. Sauf que ce n'est qu'un affabulateur, qui n'a rien à voir avec l'affaire, et il est placé sous mandat d'arrêt pour abus des moyens de communication.
Pour la famille d'Annick, l'attente dure près de 3 ans, jusqu'à la nuit du Nouvel An 2010, à Halen.
Une Opel Corsa en feu
Dans la nuit du 1er au 2 janvier 2010, vers 1h45, un jeune couple quitte le café Marvana, à Loksbergen, un village de la commune de Halen, où il a passé la soirée. Elle s'appelle Shana Appeltans, elle a 18 ans, et ses parents habitent le village. Lui, c'est Kevin Paulus, il a 22 ans. Ils repartent ensemble, mais ils n'arrivent jamais chez eux.
À 2h43, les pompiers sont appelés pour une voiture en feu, une Opel Corsa, près de l'autoroute E314. Une fois l'incendie éteint, ils découvrent 2 corps, une jeune femme sur la banquette arrière et un jeune homme dans le coffre.
Ce sont Shana et Kevin, et l'autopsie montre qu'ils ont été tués par balles.
Un voisin suspect
Très vite, les enquêteurs s'intéressent à un voisin des parents de Shana, parce que son comportement leur paraît suspect, et qu'il est en conflit depuis longtemps avec la famille Appeltans. En août 2008, selon la presse, il aurait même menacé Kevin de lui tirer une balle dans la tête. Il s'appelle Ronald Janssen, il a 38 ans, et il est enseignant à Herk-de-Stad, la commune d'à côté. Pour ceux qui le côtoient, c'est un homme sérieux, et dans son entourage, personne n'imagine qu'il puisse commettre un crime.
Ronald Janssen a grandi à Boorsem, dans le Limbourg. Il est le troisième d'une famille de 4 enfants, son père est mineur et sa mère femme de ménage. À l'école, on se moque de lui parce qu'il zézaie, au point qu'un jour, il frappe des camarades et qu'il est exclu. À la maison, il a peur de son père, et toute sa vie, il souffre d'insomnies. Au procès, on apprendra aussi qu'à 12 ou 13 ans, il a essayé de tuer son père, qui est diabétique, en remplaçant son insuline par un mélange d'eau et de lait, et que son père a perdu connaissance avant de s'en remettre.
En 1993, il obtient avec distinction son diplôme d'ingénieur industriel. Il rêve de partir en Amérique latine comme coopérant, et il s'engage comme bénévole dans l'opération 11.11.11, une grande campagne belge de solidarité internationale. La même année, il rencontre Nathalie, ils vivent ensemble à partir de 1994, et il devient enseignant, d'abord à Maaseik, puis à Herk-de-Stad à partir de l'été 2000, quand il s'installe à Halen.
En 2005, Nathalie le quitte, et en décembre, elle porte plainte contre lui pour viol, parce que selon elle, il lui a fait prendre un antidépresseur avant de la violer. Ronald Janssen affirme qu'elle était consentante, et faute de preuves suffisantes, la plainte est classée sans suite.
Des aveux dans la nuit
Le 5 janvier 2010, les policiers fouillent sa maison et son jardin, puis ils l'emmènent pour l'interroger. Le lendemain, après de nouvelles perquisitions, il est arrêté, et dans la nuit du 6 au 7 janvier, il avoue.
Il raconte que cette nuit-là, il prend 2 revolvers et une bouteille remplie d'essence, et qu'il force Kevin et Shana à monter dans leur Opel Corsa, Kevin au volant et Shana à l'arrière. Il fait rouler Kevin jusqu'à la Rozendelstraat, et là, il le tue de 2 balles dans la tête. Ensuite, il promet à Shana de la laisser partir si elle accepte un rapport sexuel, il la viole, puis il l'abat. Il met le feu à la voiture, il brûle ses vêtements tachés de sang, il jette les cendres dans un fossé, et il se débarrasse de l'arme dans la Demer.
Pour se justifier, il explique que Kevin se moquait de lui depuis longtemps, et qu'il était devenu le "bouc émissaire" de la famille Appeltans, une histoire de harcèlement qui se révélera fausse. Sauf que les enquêteurs de Louvain, eux, ont une autre question à lui poser.
Le 8 janvier, le parquet de Louvain annonce que Ronald Janssen est une piste sérieuse dans le meurtre d'Annick.
Une camionnette sur une petite route
Le week-end des 9 et 10 janvier, Ronald Janssen est interrogé sur la nuit du 27 au 28 avril 2007, et là encore, il avoue. Aux États-Unis, dans l'affaire Shawn Grate, c'est aussi au fil des interrogatoires qu'un homme arrêté pour une seule affaire finit par avouer d'autres meurtres. Le lundi 11 janvier 2010, Ivo Carmen, du parquet de Louvain, l'annonce à la presse.
Cette nuit-là, Ronald Janssen n'arrive pas à dormir, alors il prend sa camionnette, un Volkswagen Transporter, et il roule. Sur une petite route, il repère Annick, seule sur son vélo. Il l'attend et il lui parle, puis il l'entraîne dans les buissons, il lui attache les mains avec du ruban adhésif, et il la fait monter dans la camionnette, avec son vélo. Il ne la connaît pas, et s'il la choisit, c'est parce qu'elle est jeune et qu'elle est seule.
Vers 5h, il arrive chez lui, à Loksbergen, il lui retire l'adhésif, et il la porte jusqu'à sa chambre. Selon ce qu'il raconte, il ne cherchait pas de relation sexuelle, seulement de l'affection.
À 6h29, dans le sac d'Annick, le téléphone sonne. C'est Martine, qui s'inquiète de ne pas voir sa fille rentrer, et c'est cet appel que l'antenne de Halen a capté.
Ronald Janssen retire la batterie du téléphone.
Un bain qui coule
Dans sa maison de Loksbergen, Ronald Janssen fait couler un bain et il met l'aspirateur en marche, pour couvrir les bruits, puis il descend à la cave chercher un marteau, celui qui lui sert à casser des pierres. Il attache les mains et les pieds d'Annick avec de l'adhésif, il lui couvre la bouche et le visage avec une serviette, il la frappe avec le marteau, et il lui maintient la tête sous l'eau du bain pendant 5 minutes.
Pour expliquer pourquoi il ne l'a pas laissée repartir, il raconte d'abord qu'il a entendu ses voisins se disputer très fort, et qu'il a eu peur qu'Annick entende leurs prénoms et qu'elle puisse le retrouver grâce à eux. Plus tard, il dira qu'il a peut-être inventé cette dispute pour justifier son geste.
Ces voisins, ce sont Shana et Kevin.
14,5 kilos de pierres
Après le meurtre, il nettoie la baignoire et la pièce, il enveloppe le corps dans des sacs, lesté de 14,5 kilos de pierres, et il le jette dans le canal Albert. Plus tard, il jette la carte SIM du téléphone d'Annick dans la poubelle d'un café. Le vélo, lui, il le laisse d'abord dans un fossé, puis il revient le chercher, il le repeint en partie, et il va le déposer à Louvain.
Des aveux ne suffisent pas, alors les enquêteurs vérifient chaque détail. Au fil des auditions, Ronald Janssen avoue aussi plusieurs viols, dont certains commis à Louvain, et il parle même d'un quatrième meurtre, dans les Cantons de l'Est, mais ses déclarations ne sont jamais confirmées, si bien qu'il obtient un non-lieu sur ce point.
Pour Annick, en revanche, tout se confirme. Quelques semaines plus tard, un cheveu de Ronald Janssen est retrouvé dans le sac qui contenait son corps. Les enquêteurs découvrent aussi qu'il a vécu à Louvain pendant ses études, dans un kot, une chambre d'étudiant, et que c'est devant cet immeuble que le vélo avait été retrouvé. Quant aux algues et à la vase relevées sur le vélo à l'été 2007, elles viennent de l'étang de sa propriété.
Un nom écarté trop vite
En 2007, pendant que Louvain cherche encore une piste, un policier du Limbourg transmet aux enquêteurs un dossier qui relie Ronald Janssen à Annick. Le signal du téléphone de la jeune fille venait d'une antenne proche de chez lui, et en tout, son nom apparaît 3 fois comme celui d'un possible coupable. Pourtant, la police judiciaire de Louvain ne l'entend jamais. L'information est examinée 2 fois, puis confiée à des analystes criminels, qui ne la retiennent pas, parce que pour les enquêteurs, cet enseignant "n'avait pas le profil".
Le 17 décembre 2010, le Comité P, l'organe qui contrôle les services de police, conclut que la police judiciaire fédérale de Louvain a commis des erreurs, à cause d'une organisation défaillante et d'informations mal partagées. Le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck, reçoit les parents d'Annick, et il rappelle que dans l'affaire Dutroux, les policiers se transmettaient déjà mal les informations, et qu'on n'y a pas encore assez remédié.
En février 2011, la VRT, la radio-télévision publique flamande, révèle le contenu du rapport, qui parle d'une "chronique d'un échec annoncé". On y lit que des enquêteurs de Louvain refusaient de coopérer avec leurs collègues, que des informations venues d'autres services de police ont été écartées trop vite, et que l'enquête n'avait pas de vrai chef pour coordonner le travail des équipes.
Selon le Comité P, sans ces erreurs, Ronald Janssen aurait peut-être été arrêté avant de tuer Shana et Kevin.
Les amies d'Annick à la barre
Le 20 septembre 2011, à Tongres, le procès de Ronald Janssen s'ouvre devant la cour d'assises du Limbourg, présidée par Michel Jordens. L'avocat général Patrick Boyen soutient l'accusation, Zvonimir Miskovic défend l'accusé, et Jef Vermassen représente les parents d'Annick.
Le 4 octobre, les 2 amies d'Annick et le jeune homme qui l'accompagnaient après la fête viennent témoigner. Pour la défense, Annick aurait pu suivre Ronald Janssen de son plein gré, parce qu'elle aurait trop bu. Ses amis, eux, l'assurent, les filles n'avaient pas trop bu, et Annick n'aurait jamais suivi un inconnu.
Quand l'avocat de la défense leur demande pourquoi elles ne sont pas rentrées avec elle, les proches d'Annick s'agacent, et le président et Jef Vermassen disent aux 2 jeunes filles qu'elles n'ont pas à se sentir coupables.
Jusqu'à son dernier souffle
Le 20 octobre 2011, après environ 2 heures de délibéré, les 12 jurés déclarent Ronald Janssen coupable des 9 chefs d'accusation, dont la séquestration d'Annick et les assassinats d'Annick, de Kevin et de Shana, avec préméditation. Le lendemain, il est condamné à la réclusion à perpétuité, sans circonstances atténuantes. Le président Michel Jordens décrit une personnalité psychopathique, pour laquelle aucun traitement n'est possible, et il lui dit que la société ne veut plus de lui. Pendant son réquisitoire, Patrick Boyen lui avait promis de veiller à ce qu'il reste en prison "jusqu'à son dernier souffle".
Le 10 septembre 2012, il est jugé une seconde fois, à huis clos, par le tribunal correctionnel de Hasselt, pour des viols et des agressions commis entre 2001 et 2006 à Hasselt et à Louvain. En octobre 2012, il est reconnu coupable de 10 viols et d'autres agressions, sans peine supplémentaire, puisqu'il est déjà condamné à perpétuité, et il fait appel d'une partie de ce jugement devant la cour d'appel d'Anvers, qui examine le dossier en mai 2013.
Aujourd'hui, Ronald Janssen purge toujours sa peine. En Belgique, une condamnation à perpétuité n'empêche pas de demander un jour une libération anticipée, et c'est ce que redoute la famille d'Annick. En mars 2025, son père, Eddy Van Uytsel, en parle à la VRT. "S'il demande un jour une libération anticipée, je m'y opposerai de tout mon être."
Annick avait 18 ans. Le soir où elle est partie à vélo pour Schaffen, elle n'avait pas embrassé ses parents.
L'affaire Annick Van Uytsel en vidéo ⬇️



À lire aussi :
➡️ Affaire Lauren Giddings
➡️ Affaire du double meurtre de Nexon
Sources :
RTBF (Belga), présentation du procès Janssen et chronologie de l'enquête, 16 septembre 2011 : https://www.rtbf.be/article/proces-janssen-quatre-semaines-pour-tenter-de-cerner-le-tueur-en-serie-6762913
La DH, le récit des aveux dans l'acte d'accusation, 17 septembre 2011 : https://www.dhnet.be/actu/faits/2011/09/17/le-corps-dannick-van-uytsel-leste-de-145-kilos-de-pierres-MF4TWKYYZ5DINCXSJ5CE2RJHW4/
VRT NWS, témoignage des amies d'Annick devant la cour d'assises, 4 octobre 2011 : https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2011/10/04/vrienden_van_annickvanuytselgetuigen-1-1125430/
VRT NWS, condamnation à la perpétuité par la cour d'assises de Tongres, 21 octobre 2011 : https://www.vrt.be/vrtnws/en/2011/10/21/_this_man_poses_athreattosociety-1-1137503/
VRT NWS, conclusions du Comité P sur l'enquête, 17 décembre 2010 : https://www.vrt.be/vrtnws/fr/2010/12/17/erreurs_dans_l_enquetesurlamortdannickvanuytsel-1-926570/
VRT NWS, entretien avec les parents d'Annick Van Uytsel, 30 mars 2025 : https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2025/03/30/podcast-palooza-onder-ons-crimi-zaak-ronald-janssen/
