Affaire Dorothea Puente : 1 homme disparu, 7 corps trouvés

Dorothea Puente, lunettes et haut rouge, photo de police de 1988, affaire Dorothea Puente
Dorothea Puente, lunettes et haut rouge, photo de police de 1988, affaire Dorothea Puente

Photo : police de Sacramento, 17 novembre 1988, domaine public, via Wikimedia Commons

Vous appelez pour prendre des nouvelles d'un homme dont vous vous occupez, et on vous répond qu'il est parti au Mexique. Il ne parle presque à personne, il vit d'une petite aide, et vous n'avez aucun moyen de vérifier. À l'automne 1988, à Sacramento, en Californie, Judy Moise refuse pourtant d'en rester là. Elle insiste tellement que, le 11 novembre, des policiers finissent par venir chercher Bert Montoya dans la pension du 1426 F Street, et en 4 jours, ils sortent 7 corps du jardin.

Bert Montoya, un homme qui parle à peine

Au début du mois de février 1988, à Sacramento, la capitale de la Californie, un homme de 51 ans s'installe dans une chambre du 1426 F Street. C'est une grande maison victorienne bleu pâle, entourée d'une haute grille en fer, à moins de 2 km du Capitole, et on y loue des chambres à des gens âgés ou malades, qui vivent d'une petite aide de l'État.

Il s'appelle Alvaro Montoya, mais tout le monde l'appelle Bert. Il vient du Costa Rica, il est diabétique, il a passé 5 ans dans un centre de désintoxication, et surtout, il entend des voix. Pour lui, ce sont les esprits des morts qui lui parlent, et parmi eux, il y a son père. Avec les vivants, il ne dit presque rien, au point qu'au procès, on le décrira comme "une personne très innocente, passive".

Judy travaille pour Volunteers of America, une association qui va à la rencontre des sans-abri, et c'est elle qui veille sur Bert. En janvier 1988, il obtient enfin une aide de l'État à cause de sa maladie, ce qui veut dire qu'il peut payer un loyer. Comme il a du mal à s'occuper de lui-même, Judy l'envoie dans cette pension où quelqu'un prendra soin de lui. Il y prend ses habitudes, et il va au bar du coin, où il boit ses bières et mange ses burritos.

Le 29 août 1988, il ne vient pas à son rendez-vous médical.

Un beau-frère qui oublie son nom

Un adulte qui ne donne plus de nouvelles pendant quelques semaines, d'habitude, ça n'affole personne. Sauf que Bert touche une aide, et s'il n'est pas rentré avant le 1er novembre, il la perdra. Quand les travailleuses sociales appellent la pension, c'est la gérante, Dorothea Puente, qui répond que Bert est au Mexique et qu'il sera là à temps. Le mardi 1er novembre, elle leur dit qu'il sera là samedi.

Le samedi passe, et le lundi 7 novembre, Judy signale sa disparition à la police. Dorothea explique au policier que Bert est bien rentré, 3 jours plus tôt, mais qu'un beau-frère est venu le chercher. Un locataire confirme devant elle, et le policier repart.

Dans les jours qui suivent, un homme appelle Judy. Il se présente comme Michel Obergone, le beau-frère de Bert, et il l'emmène vivre à Shreveport, dans l'Utah. Quelqu'un qui emmène son beau-frère chez lui sait forcément où il habite, or Shreveport est en Louisiane. Judy lui demande un numéro où les joindre, et il refuse de le donner.

En raccrochant, elle écoute son répondeur. Le même homme y a laissé un message, où il dit d'abord s'appeler Donald Anthony, avant de se reprendre et de dire Michel Obergone. On peut se tromper de ville, mais personne ne se trompe sur son propre nom. Le jeudi 10 novembre, une lettre arrive, signée Michel Obergone, postée à Reno, dans le Nevada, à quelques heures de route.

Le lendemain matin, Judy la remet à l'inspecteur John Cabrera, de la brigade criminelle. À 9h15, il est devant la grille du 1426 F Street.

Une chaussure dans le jardin

Le vendredi 11 novembre 1988, John Cabrera arrive au 1426 F Street, à Sacramento, avec l'inspecteur Terry Brown et Jim Wilson, un agent fédéral qui suit Dorothea, parce qu'elle a déjà été condamnée pour des faux. Dorothea a 59 ans et les cheveux blancs. Dans le quartier, on la voit soigner ses rosiers et préparer des tamales, et elle aide tellement les familles hispaniques qu'un journal local en espagnol l'appelle "la doctora".

Mais un locataire, John Sharp, a parlé aux policiers de trous creusés dans le jardin par des détenus en semi-liberté qui travaillent ici, certains recouverts de béton. John Cabrera demande s'ils peuvent creuser, et Dorothea accepte. Les 3 hommes ont 2 pelles, ils en empruntent une 3e sur place, et le premier trou ne donne rien.

Dans le suivant, à moins d'un mètre, la lame de Jim Wilson heurte quelque chose de dur. John Cabrera croit à une racine, il descend dans le trou et il tire de toutes ses forces. Quand ça cède, il voit une articulation, et il comprend qu'il tient un os de jambe. Un peu plus loin, ils tombent sur une chaussure, avec un pied dedans.

Pendant 2 heures, au commissariat, Dorothea nie avoir tué qui que ce soit, elle dit qu'elle a fait enterrer des ordures, et elle rentre chez elle en précisant que les fouilles ne la dérangent pas.

Le lendemain matin, elle met son manteau rouge.

Un café à l'hôtel Clarion

Le samedi 12 novembre 1988, le jardin du 1426 F Street est plein de policiers, et derrière la grille, la foule grossit. Dorothea fait venir John Cabrera. "Suis-je en état d'arrestation ?", lui demande-t-elle. Il répond que non. Elle lui explique alors qu'elle est nerveuse, et qu'elle aimerait aller boire un café avec son neveu à l'hôtel Clarion, tout près d'ici.

Ça peut paraître incroyable, mais à cet instant, les policiers n'ont pas grand-chose contre elle. Ils n'ont trouvé qu'un seul corps, beaucoup de gens passent dans ce jardin, et dans ces vieux quartiers, il arrive qu'on tombe sur des tombes familiales du début du siècle. Ses supérieurs donnent leur feu vert.

John Cabrera l'accompagne lui-même à travers la foule. Impossible de la rater, avec son long manteau rouge, ses escarpins violets, son sac bordeaux et son parapluie rose. John McCauley, un locataire de 59 ans, marche à côté d'elle. À mi-chemin de l'hôtel, l'inspecteur les regarde s'éloigner, puis il retourne au jardin et il reprend sa pelle.

Il creuse depuis 21 minutes quand, à une trentaine de centimètres sous la terre, il tombe sur un 2e corps. Des policiers foncent au Clarion pour la ramener.

Dans l'hôtel, il n'y a plus personne.

7 corps dans un jardin

Ce samedi-là, ils en sortent encore un, puis 2 le dimanche et 2 le lundi, si bien qu'en 4 jours, le jardin a rendu 7 corps. La nouvelle fait le tour des États-Unis, au point que des curieux grimpent aux arbres pour voir par-dessus la grille.

Et pendant ce temps, les policiers comprennent qui était au bout du fil. Donald Anthony, c'est l'un des détenus qui travaillent dans le jardin. C'est bien lui qui a joué le beau-frère, et c'est Dorothea qui le lui a demandé, tout comme c'est elle qui lui a fait poster la lettre de Reno.

Le lundi 14 novembre, un mandat d'arrêt est lancé. Comme Dorothea a toujours dit qu'elle avait de la famille au Mexique, le FBI et la police des frontières la cherchent là-bas. Dans tout le pays, on se moque de la police de Sacramento, et son chef, John Kearns, reconnaît que Dorothea aurait dû être suivie.

Devant eux, il y a 7 corps sans nom. La seule personne qui sait qui a vécu dans cette maison a disparu, alors les enquêteurs se mettent à fouiller sa vie.

Le verre de crème de menthe

Dorothea est née en 1929, à Redlands, dans le sud de la Californie. À 9 ans, elle a perdu ses 2 parents, et elle passe de proches en familles d'accueil. Plus tard, ce qu'elle raconte de sa vie change selon la personne qu'elle a en face d'elle. Elle se dit née au Mexique, elle se dit ancienne infirmière, et elle ajoute 10 à 15 ans à son âge, ce qui aide, puisqu'on se méfie rarement d'une vieille dame. En 1978, elle est condamnée pour avoir imité la signature de ses locataires sur leurs chèques d'allocations, et elle n'a plus le droit de tenir une pension.

Le 11 avril 1982, son associée dans un restaurant, Ruth Munroe, 61 ans, vient vivre chez elle, à l'étage du 1426 F Street. Ruth est une femme joyeuse, et elle se réjouit de ne plus être seule alors que son mari se meurt d'un cancer. Le 25 avril, pourtant, elle confie à une amie qu'elle est si malade qu'elle pourrait mourir. Ce jour-là, son fils la trouve avec un verre de crème de menthe à la main, ce qui l'étonne, parce que sa mère ne boit presque jamais. C'est Dorothea qui le lui a préparé.

2 jours plus tard, Dorothea explique à la famille qu'un médecin a fait une piqûre à Ruth et qu'elle dort. Aucun médecin n'est venu. Ruth meurt dans la nuit, une dose énorme de codéine et de paracétamol dans le sang, et comme le légiste ne peut pas dire qui les lui a fait prendre, il classe sa mort comme indéterminée.

En août 1982, Dorothea prend quand même 5 ans de prison, pour avoir drogué et volé un homme de 74 ans et 3 femmes. En 1985, un psychologue de l'État écrit qu'il faut la considérer comme dangereuse et surveiller de près l'endroit où elle vit.

Le 9 septembre 1985, elle sort, et un homme de 77 ans vient la chercher.

Une caisse au bord de la rivière

Everson Gillmouth est un retraité de l'Oregon, un vieil homme au large sourire qui sculpte le bois. Pendant sa détention, Dorothea et lui se sont écrit, et à la mi-août 1985, il quitte tout pour s'installer à l'étage du 1426 F Street. À la mi-septembre, il appelle sa sœur, et c'est la dernière fois qu'elle entend sa voix. En octobre, c'est Dorothea qui lui annonce le mariage, et une nouvelle pareille, d'habitude, on l'annonce soi-même.

Quelques semaines plus tard, Dorothea demande à Ismael Florez, l'homme à tout faire qui travaille chez elle, de lui construire une caisse en bois de 1,50 à 1,80 m, pour ranger des affaires. Quand il la laisse, elle est vide. Le lendemain, elle pèse environ 135 kilos. Il la charge sur le camion d'Everson, avec l'aide d'un autre homme, Dorothea le guide jusqu'à une route sur une digue, et ils la laissent au bord de la rivière.

Le 1er janvier 1986, un pêcheur s'en approche et il prévient la police. Dedans, il y a le corps d'un vieil homme, enveloppé dans un drap fermé avec du ruban adhésif noir, entouré de boules de naphtaline et de désodorisant pour toilettes. Il porte encore sa montre, et personne ne sait qui il est.

Pendant presque 3 ans, pour sa famille et pour la Sécurité sociale, Everson reste donc vivant, et en avril 1986, une lettre signée de lui demande qu'on envoie ses chèques à F Street. Cette même année, Dorothea rouvre une pension, alors qu'elle n'en a pas le droit.

Sauf que cette fois, la maison a un grand jardin.

Ceux que personne ne réclame

Leona Carpenter a 78 ans, et elle est si prévoyante qu'elle a déjà organisé ses obsèques. En septembre 1986, elle n'a plus envie de vivre, elle avale 28 gélules de somnifère et elle tombe dans le coma. Dorothea, qui dit la connaître depuis 29 ans, fait venir un notaire jusqu'à l'hôpital pour lui faire signer une procuration. Fin février 1987, Leona arrive à la pension si faible que les locataires la pensent proche de la fin, et quelques semaines plus tard, sa chambre est vide. Sa fille est venue la chercher, répond Dorothea. Une semaine après, une femme se présente en disant qu'elle est sa fille, et qu'elle vient la voir.

Au printemps, de l'eau remonte dans l'angle sud-est du jardin, et un plombier y fait creuser un trou de 60 cm, qui reste ouvert toute une nuit. Un an et demi plus tard, dans ce même angle et à la même profondeur, les policiers trouvent Leona. C'est son pied qui était dans la chaussure.

Betty Palmer, 78 ans elle aussi, est une femme secrète, qui vient de Redding. Le 14 octobre 1986, Dorothea obtient une carte d'identité à son nom, avec sa propre photo dessus, et elle touche près de 7 000 dollars. Betty sera retrouvée dans le jardin de devant, sans sa tête, sans ses mains et sans le bas de ses jambes, qu'on n'a jamais retrouvés.

James Gallop, 62 ans, donne volontiers un coup de main dans la maison. En juillet 1987, un examen lui montre une tumeur à l'intestin, et il ne reviendra jamais chez son médecin, parce que Dorothea appelle le cabinet pour dire qu'il est parti à Los Angeles. À une amie, elle raconte qu'elle l'a fait incinérer, faute de famille.

Il est sous le petit kiosque du jardin.

Une chambre hantée

Le 2 octobre 1987, la travailleuse sociale Peggy Nickerson amène Vera Faye Martin, 61 ans. Vera Faye n'a pas sa langue dans sa poche, et elle boit depuis longtemps, mais il y a 2 dates qu'elle n'oublie pas, le 19 octobre, l'anniversaire de sa fille, et le 11 novembre, celui de son fils. Le 19 octobre, le téléphone ne sonne pas chez sa fille.

Le 21 octobre, c'est Dorothy Miller qui arrive, 65 ans, une ancienne combattante méfiante et combative, qui touche une pension de 517 dollars par mois. Le 11 novembre 1987, le fils de Vera Faye n'a pas de nouvelles de sa mère non plus, et peu après, un détenu monte nettoyer la chambre de Dorothy, où il ne trouve que des saletés par terre. Le 20 novembre, un professionnel vient pour la moquette. Le lit a été défait, et au milieu de la pièce, il y a un tas de matière visqueuse, à l'odeur insupportable. Quand un locataire pose des questions, Dorothea lui répond que cette chambre est hantée, et les chèques de Dorothy continuent d'arriver, plus de 11 000 dollars en tout.

Dorothy sera retrouvée sous du béton, près des rosiers, enroulée dans des draps, une couverture et du plastique. Vera Faye, elle, est sous l'abri métallique du jardin, à quelques centimètres sous la terre, dans sa robe, avec sa montre au poignet.

Les policiers commencent à creuser le 11 novembre 1988, le jour de l'anniversaire de son fils.

"Elle me fait mentir"

Le 9 mars 1988, Peggy Nickerson amène Ben Fink, 55 ans, un ancien marin qui fait rire tout le monde et qui marche avec une canne. Ben a une chance que les autres n'ont pas, un frère qui passe le voir presque chaque semaine. Fin avril, Dorothea explique à un locataire qu'elle va monter Ben à l'étage pour qu'il se sente mieux. 4 jours plus tard, ce locataire sent une odeur de mort. Ce sont les égouts, répond Dorothea, et Ben ne redescend pas.

Ce même mois d'avril, Brenda Trujillo, une ancienne codétenue de Dorothea, dit à la police que son amie tue des gens et qu'elle a des cadavres, et les policiers ne font rien.

Bert, lui, vit toujours là, et Dorothea s'est fait passer pour sa cousine auprès de la Sécurité sociale, pour toucher son aide à sa place. Le 24 août, un voisin le voit dans le quartier, en train de boire à la bouteille. Personne ne le revoit après ce jour-là.

Et le 7 novembre, quand le policier vient à la pension, il manque un détail à ce que vous avez lu. Dorothea a promis à John Sharp que ça en vaudrait la peine s'il disait avoir vu Bert. Il le dit, devant elle, et en même temps, il glisse au policier un papier où il a écrit "Elle me fait mentir pour elle". Ils se retrouvent à 2 rues de là, et John Sharp lui dit la vérité.

Le dossier arrive sur le bureau de John Cabrera dans la journée qui suit, et il faudra encore 4 jours avant qu'on creuse. Selon un rapport du médiateur du comté, Michael Coonan, la police n'a bougé qu'après que des travailleurs sociaux, inquiets pour leur vie, ont menacé d'alerter le député Robert Matsui.

Chambre 31

Quand Dorothea passe la porte du Clarion, le 12 novembre, elle n'y reste pas. Elle part dans un bar de West Sacramento, où John McCauley la quitte, puis elle se fait conduire en taxi jusqu'à Stockton, elle y prend un car pour Los Angeles, et elle s'enferme dans la chambre 31 du Royal Viking Motel, sous le nom de Donna Johanson.

Le mercredi 16 novembre, elle entre dans un bar près du motel et elle offre un verre à un charpentier à la retraite, Charles Willgues. La conversation arrive vite sur ses chèques d'invalidité, et un homme qui touche une pension chaque mois, c'est précisément le genre de personne qui vivait à F Street. Elle propose de lui préparer le repas de Thanksgiving, et de venir s'installer chez lui, avant de lui laisser son numéro de chambre.

Sauf qu'en rentrant, Charles Willgues a l'impression d'avoir déjà vu ce visage, et quelques heures plus tard, il comprend où, à la télévision. Il appelle CBS, qui prévient la police de Los Angeles, et le soir même, le sergent Paul von Lutzow frappe à la porte de la chambre 31. Dorothea ne résiste pas, et d'après lui, elle semblait savoir qu'on allait peut-être venir. Elle a 3 042,25 dollars en liquide.

Dès son retour à Sacramento, elle est inculpée du meurtre de Bert, alors que personne n'a encore identifié le moindre corps comme étant le sien.

24 jours de délibéré

Les corps retrouvent leur nom un par un, grâce aux chèques encaissés et aux dossiers médicaux. Parmi les 7, il y a bien Bert, juste à côté de Leona. Le 11 novembre, quand John Cabrera a tiré sur cet os, l'homme qu'il était venu chercher était là, tout près.

En mars 1989, Dorothea est poursuivie pour 9 meurtres, ceux du jardin, celui de Ruth et celui d'Everson. Mais pour aucun d'eux, les médecins ne peuvent dire de quoi la personne est morte. Il y a du flurazépam, un somnifère, dans les 7 corps du jardin, et pour ses avocats, des gens âgés et malades sont morts naturellement.

Son procès, à Monterey, dure 5 mois, avec plus de 150 témoins. À la mi-juillet 1993, le jury se retire, et en Californie, il lui faut l'unanimité. Il lui faudra 24 jours. Le président du jury se souvient du juré isolé, qui finit par voter pour 3 meurtres en lâchant "C'est tout ce que je vais donner". Le 26 août, Dorothea est reconnue coupable du meurtre au 1er degré de Ben Fink et de Dorothy Miller, et du meurtre au 2e degré de Leona Carpenter. Pour Bert, Ruth, Everson, Betty, James et Vera Faye, le jury reste bloqué.

Le 10 décembre 1993, elle est condamnée à la perpétuité sans libération possible. Elle meurt en prison le 27 mars 2011, à 82 ans, en répétant qu'elle n'a jamais tué personne.

Ils étaient venus chercher un toit et quelqu'un pour s'occuper d'eux. Il y avait Ruth, si joyeuse, Everson et son sourire, Betty et ses secrets, Leona et ses obsèques déjà prévues, James qui donnait un coup de main, Vera Faye et ses 2 dates qu'elle n'oubliait pas, Dorothy qui ne se laissait pas faire, et Ben qui faisait rire tout le monde.

Il y avait aussi Bert, un homme tendre qui ne parlait presque pas, et c'est pour lui que quelqu'un a fini par venir creuser.

Comme le dit une vieille maxime, le vrai tombeau des morts, c'est le cœur des vivants.

L'affaire Dorothea Puente en vidéo ⬇️

Sources :

Puente v. Mitchell, décision de la cour fédérale du district nord de Californie, n° C 02-4129 JSW, 10 mars 2006 : https://www.casemine.com/judgement/us/5914721eadd7b04934379149
UPI, l'arrestation de Dorothea Puente à Los Angeles, 17 novembre 1988 : https://www.upi.com/Archives/1988/11/17/Dorothea-Montalvo-the-landlady-wanted-in-the-mass-murder/6693595746000/
UPI, le rapport "Sins of Omission" de Michael Coonan, 13 janvier 1989 : https://www.upi.com/Archives/1989/01/13/The-landlady-of-a-boardinghouse-where-seven-bodies-were/6008920606710/
UPI, le verdict et la peine, 13 octobre 1993 : https://www.upi.com/Archives/1993/10/13/Puente-to-get-life-sentence/6797750484800/
Sactown Magazine, Martin Kuz, The Life and Deaths of Dorothea Puente, 1er septembre 2009 : https://www.sactownmag.com/the-life-and-deaths-of-dorothea-puente/
Los Angeles Review of Books, Kim Hayden, Hope This Finds You Well, 11 mars 2019 : https://lareviewofbooks.org/article/hope-finds-well-dorothea-puente-archive/