Villeneuve-sur-Lot : ligoté, bâillonné et étranglé chez lui


Photo : MOSSOT, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons
Au bord de la RN 21, au nord de Villeneuve-sur-Lot, les voitures défilent toute la journée devant une maison en pierre, et personne ne s'y arrête. C'est là que vit Francis Gratessol, un maçon à la retraite de 78 ans que ses voisins décrivent comme un homme calme, toujours prêt à rendre service. Le vendredi 23 octobre 2026, son frère et son neveu le retrouvent mort chez lui, les pieds et les poings liés, bâillonné avec un pull, une ceinture serrée autour du cou. Ce mardi 27 octobre, personne n'a encore été interpellé.
Plus de nouvelles depuis plusieurs jours
À Soubirous, un hameau au nord de la bastide de Villeneuve-sur-Lot, dans le Lot-et-Garonne, les maisons sont rares le long de la route nationale, alors que sur la route, le trafic, lui, ne faiblit presque jamais. Francis Gratessol habite là, dans une maison en pierre au milieu d'une grande propriété qu'il entretient, et l'un de ses frères, Michel, vit à environ 80 mètres. Quand on habite si près l'un de l'autre, on se croise, on se donne des nouvelles, si bien qu'un silence de plusieurs jours finit forcément par inquiéter.
Ce vendredi 23 octobre, la famille n'a plus de signe de vie de Francis depuis plusieurs jours, alors Michel décide d'aller voir par lui-même, avec son fils, Cédric. Il a une clé de la maison de son frère. Il ouvre la porte, et la première chose qu'il voit, ce sont des papiers partout, parce que tous les placards ont été vidés.
C'est Cédric qui découvre son oncle, allongé par terre, déshabillé. Pour Michel, son frère est "tout bleu", et sur le moment, il se demande s'il est mort étouffé. Vers 13h, la police est alertée.
Pieds et poings liés
Quand les policiers entrent, ils trouvent un logement "en partie en désordre", et au sol, le corps de Francis. Ses pieds et ses poignets sont entravés avec des câbles électriques et des cordes de démarreur de tondeuse, des objets qui se trouvaient déjà dans la maison. Selon une source policière citée par France 3, il est attaché à une chaise, au sol. Un pull lui sert de bâillon, une ceinture est serrée autour de son cou, et son visage porte des traces de coups.
D'après les premières constatations médico-légales, sa mort pourrait remonter à 24 heures avant l'arrivée des policiers. Ça voudrait dire que Francis serait mort la veille, le jeudi 22 octobre, et que pendant toute une journée, personne n'a su ce qui s'était passé derrière ces murs, à quelques dizaines de mètres de chez son frère.
Une centaine de mètres plus loin, un couple de retraités dont la maison touche la propriété de Francis n'a rien remarqué d'étrange. Les seuls à voir quelque chose, ce sont les automobilistes qui passent sur la RN 21 le vendredi soir, quand les policiers et les techniciens de l'identification criminelle sont déjà autour de la maison en pierre.
Une fenêtre forcée
Les enquêteurs relèvent vite une effraction par une fenêtre. Dans la maison, il manque aussi quelque chose, une arme longue qui appartient à Francis, une carabine selon son frère. Ce n'est pas la première fois qu'on vient chercher des armes chez lui, puisque d'après Michel, Francis avait déjà été cambriolé au mois de janvier, et on lui avait pris 2 fusils.
D'habitude, quand des cambrioleurs entrent quelque part, ils cherchent à repartir vite, sans croiser personne, et c'est encore plus vrai quand la maison est habitée. Sauf que chez Francis, quelqu'un a vidé les placards, puis attaché un homme de 78 ans avant de lui serrer une ceinture autour du cou. Michel pense qu'ils étaient "probablement plusieurs" pour faire ça à son frère, mais c'est son sentiment à lui, et rien d'officiel ne dit aujourd'hui combien de personnes sont entrées dans la maison, ni pourquoi.
Dans le quartier de Soubirous, selon La Dépêche, plusieurs habitants parlent depuis quelques années de repérages et de tentatives d'effraction. La piste d'un cambriolage qui aurait mal tourné, le journal la pose comme une question, parce que le parquet d'Agen, lui, ne laisse rien filtrer.
Une enquête pour homicide volontaire
Selon une source policière citée par Le Parisien, l'enquête est ouverte pour homicide volontaire, et elle est confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) du Lot-et-Garonne, sous l'autorité du parquet d'Agen. Le parquet confirme une enquête pour des faits criminels, sans entrer dans les détails. "Nous souhaitons trouver le ou les auteurs responsables et donner des éléments de réponse à la famille de la victime", fait-il savoir à France 3.
Le samedi soir, quand Le Parisien révèle l'affaire, la stupeur gagne Soubirous. Dans tout Villeneuve-sur-Lot, c'est le contexte de sa mort qui remue les habitants, et la même question revient, celle de savoir pourquoi c'est à lui qu'on s'en est pris.
Ce que l'autopsie doit dire
Le corps de Francis est transporté à l'institut médico-légal de Bordeaux, où l'autopsie est pratiquée le lundi 26 octobre. "On veut tout faire pour trouver ce qui s'est passé. On espère déjà avoir une partie des réponses en ce début de semaine", explique le parquet au Petit Bleu. Selon Sud Ouest, ses conclusions doivent être rendues ce mardi 27 octobre, et elles doivent préciser les causes et la date de sa mort.
Ce mardi, elles n'ont pas encore été rendues publiques. Aucun suspect n'est connu, personne n'a été interpellé, et la famille de Francis attend toujours de savoir qui est entré chez lui par cette fenêtre.
Francis Gratessol, un grand calme
Francis n'était pas du genre à se faire remarquer. Pour un habitant du secteur, c'était "un brave paysan, quelqu'un sans histoire", un homme qu'on ne voyait pas souvent, qui vivait près des siens et s'occupait de sa grande propriété. Ses voisins parlent tous de lui de la même façon. "S'il y avait besoin d'un service, il était là. Il ne faisait jamais d'histoire. Ce n'était pas un nerveux, c'était un grand calme", raconte l'un d'eux à Sud Ouest.
C'est justement la vie modeste de Francis qui laisse un vieil habitant de Soubirous sans réponse. "On ne comprend pas trop le pourquoi. Il ne roulait pas sur l'or et vivait avec une petite retraite", confie-t-il, avant d'ajouter qu'il espère que les auteurs seront vite identifiés.
Il avait 78 ans, il n'avait jamais eu affaire à la police, et c'est chez lui, à 80 mètres de son frère, qu'on l'a attaché.
Sources :
Sud Ouest (Jean-Marc Lernould), la découverte par le frère et le neveu, le cambriolage de janvier, 25 octobre 2026 : https://www.sudouest.fr/faits-divers/lot-et-garonne-un-homme-de-78-ans-retrouve-mort-a-son-domicile-ligote-avec-des-cables-baillonne-et-etrangle-avec-une-ceinture-31232627.php
Sud Ouest (Christophe Massenot et Julien Pellicier), le portrait par les voisins et l'autopsie, 26 octobre 2026 : https://www.sudouest.fr/lot-et-garonne/villeneuve-sur-lot/septuagenaire-retrouve-mort-etrangle-et-ligote-s-il-y-avait-besoin-d-un-service-il-etait-la-il-ne-faisait-jamais-d-histoire-ce-n-etait-pas-un-nerveux-c-etait-un-grand-calme-31252787.php
La Dépêche du Midi (Guillaume Béars), Soubirous et les habitants, 26 octobre 2026 : https://www.ladepeche.fr/2026/10/26/un-homme-de-78-ans-retrouve-mort-ligote-a-villeneuve-sur-lot-quelquun-sans-histoire-les-habitants-interloques-par-les-circonstances-du-drame-13620876.php
Le Petit Bleu, les déclarations du parquet d'Agen sur l'autopsie, 25 octobre 2026 : https://www.petitbleu.fr/2026/10/25/mort-dun-septuagenaire-a-villeneuve-sur-lot-voici-ce-que-lon-sait-sur-les-circonstances-de-ce-drame-13619881.php
Le Parisien (Manon Aublanc), les premières constatations et l'enquête pour homicide volontaire, 24 octobre 2026 : https://www.leparisien.fr/faits-divers/ligote-avec-des-cables-baillonne-et-etrangle-avec-une-ceinture-un-homme-de-78-ans-retrouve-mort-a-son-domicile-de-villeneuve-sur-lot-24-10-2026-3UBF4U5QRZFJ5LD4FYVQPR727Y.php
France 3 Nouvelle-Aquitaine (Paul Grelier), la déclaration du parquet d'Agen, 25 octobre 2026 : https://france3-regions.franceinfo.fr/nouvelle-aquitaine/lot-et-garonne/agen/un-septuagenaire-retrouve-mort-a-son-domicile-ligote-avec-des-cordes-une-enquete-ouverte-3438942.html
