Dijon : une femme de 21 ans tuée, son frère recherché

Réservoir de Montmuzard à Dijon, près de la rue Ginette-Watelle où une femme de 21 ans est tuée
Réservoir de Montmuzard à Dijon, près de la rue Ginette-Watelle où une femme de 21 ans est tuée

Photo : Chabe01, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Mis à jour le 27 octobre 2026 : la mère est hors de danger, le frère toujours recherché.

Il est un peu plus de 3h, dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, quand des voisins de la rue Ginette-Watelle, à Dijon, voient arriver une femme de 60 ans venue leur demander de l'aide. Elle tient debout, la tête en sang, et la première chose qui l'inquiète, c'est sa fille. Cette jeune femme de 21 ans meurt quelques minutes plus tard, dans l'appartement familial. Son frère de 24 ans, soupçonné par les enquêteurs, n'y est déjà plus, et depuis cette nuit-là, la police le cherche.

Un appel à 3h du matin

La rue Ginette-Watelle passe entre le stade Gaston-Gérard et la rocade, tout près du quartier Montmuzard, et cette nuit-là, vers 3h, c'est une mère de famille qui alerte ses voisins. L'un d'eux, interrogé par France 3, raconte l'avoir entendue crier que son fils avait tué sa fille, et sa femme, elle, se souvient surtout de l'avoir vue arriver blessée, alors que ce qui comptait pour elle, à ce moment-là, c'était la santé de sa fille. "J'étais choquée de la voir debout dans l'état dans lequel elle était", confie cette voisine.

Ce sont les mots que les voisins rapportent, dans la panique de la nuit, et c'est à l'enquête de dire ce qui s'est réellement passé derrière la porte de l'appartement.

Une jeune femme de 21 ans

La police est appelée vers 3h pour de "graves violences intrafamiliales". Quand les policiers entrent, ils trouvent la jeune femme de 21 ans en arrêt cardiorespiratoire, si bien que les secours tentent de la réanimer sur place. Malgré leurs efforts, son décès est constaté à 3h52.

Sa mère, elle, présente selon le procureur de Dijon, Arnaud Viornery, "de graves blessures, notamment à la tête et aux membres supérieurs". Elle est transportée au CHU de Dijon, et à ce moment-là, son pronostic vital est engagé.

Une barre de traction tachée de sang

Dans la nuit, une magistrate du parquet se rend dans l'appartement, et au matin, c'est la police scientifique qui prend le relais. Selon le procureur, les 2 femmes auraient été frappées avec "un objet métallique", et dans l'appartement, les enquêteurs trouvent une barre de traction "présentant des traces de sang". C'est une barre qu'on installe chez soi, souvent dans l'encadrement d'une porte, pour faire du sport, et d'après Le Bien Public, le procureur estime qu'elle pourrait correspondre à l'arme. Seule l'enquête pourra le confirmer.

Le parquet de Dijon ouvre une enquête de flagrance pour meurtre et tentative de meurtre sur ascendant, confiée à la police judiciaire de Dijon. Un ascendant, c'est un parent, et dans ce dossier, il s'agit de la mère. Sauf qu'au moment où les policiers arrivent, une personne manque dans l'appartement.

Un frère introuvable

Le fils de la famille, le frère de la jeune femme, a 24 ans. Selon le parquet, il a quitté les lieux avant l'arrivée des forces de l'ordre, et il fait depuis l'objet "d'actives recherches". C'est lui que les enquêteurs soupçonnent, mais à ce stade, il n'a été ni entendu ni mis en examen, et il reste présumé innocent.

Le lundi 26 octobre, plus de 24 heures après les faits, une source policière assure à France 3 que "l'ensemble des moyens utilisés dans le cadre d'une enquête criminelle" sont mobilisés pour le retrouver. Pourtant, ce lundi-là, aucune interpellation n'est annoncée.

Des passages de la police au printemps et en été

Ce jeune homme, la police le connaît. Selon ICI Bourgogne, elle est déjà intervenue plusieurs fois à ce domicile, notamment en mai et en août, pour l'en faire sortir ou pour l'empêcher d'y entrer. Il a aussi déjà été condamné pour trafic de stupéfiants et pour conduite sous l'emprise de stupéfiants, à 6 mois de prison avec sursis, avec une peine complémentaire de 4 mois pour refus d'obtempérer.

Dans l'immeuble, un voisin raconte à France 3 qu'il aurait perdu son travail environ un an plus tôt, et qu'il serait alors revenu vivre chez sa mère. Ce voisin le décrit comme quelqu'un de "poli", mais "souvent sous l'emprise de l'alcool et de la drogue", et selon le voisinage, la mère et le fils se disputaient souvent. Ce sont des témoignages de voisins, que la justice n'a pas confirmés.

Le procureur, lui, veut savoir s'il existait des "procédures antérieures en lien avec cette situation familiale", c'est-à-dire si quelqu'un, avant cette nuit, avait déjà signalé quelque chose à la justice.

Une mère hors de danger

Le lundi 26 octobre au matin, le procureur Arnaud Viornery annonce que le pronostic vital de la mère n'est plus engagé. Elle était dans l'appartement cette nuit-là, alors les enquêteurs doivent l'entendre, parce que ce qu'elle a vu peut leur permettre de reconstituer les faits.

Sauf qu'elle ne pourra peut-être pas leur parler tout de suite, puisque selon une source policière citée par France 3, elle est plongée dans le coma. Une autopsie de sa fille est prévue le mardi 27 octobre, pour établir les causes exactes de sa mort, et ce mardi, aucun résultat n'a encore été rendu public.

Son fils, lui, n'a toujours pas été retrouvé.

La jeune femme de Montmuzard

Son prénom n'a pas été rendu public. Le dimanche matin, dans le quartier, les habitants sont sous le choc, et Le Bien Public recueille ces mots sur elle, "Elle était toute mimi, toute gentille…". C'est presque tout ce qu'on sait de cette jeune femme de 21 ans, qui vivait avec sa mère et son frère, rue Ginette-Watelle.

Sa mère est vivante, et c'est elle qui, la première, est allée chercher de l'aide pour sa fille.