Guy Turcotte veut sortir de prison — 17 ans après avoir poignardé ses enfants à 46 reprises
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ACTUALITÉ
5/30/20262 min temps de lecture


Photo : Courtoisie
Guy Turcotte veut sortir de prison, 17 ans après avoir poignardé ses enfants à 46 reprises
Anne-Sophie avait 3 ans. Olivier en avait 5. Dans la nuit du 20 février 2009, leur père les a poignardés à mort dans leur maison de Piedmont, dans les Laurentides. Au total, 46 coups de couteau. Guy Turcotte, leur père, ex-cardiologue de Saint-Jérôme, vient de faire une demande à la Commission des libérations conditionnelles du Canada. Une audience aura lieu en juillet.
Un homme qui avait tout pour lui
Guy Turcotte avait la réputation d'un homme choyé par la vie. Il était reconnu comme un bon médecin. Cardiologue respecté, il incarnait la réussite. Puis en 2009, sa compagne, elle aussi médecin, le quitte. Et tout bascule.
Le soir du 20 février 2009, alors qu'il garde ses enfants à Piedmont, il les poignarde l'un après l'autre. Selon un témoin de la scène, "son chien était mort en rentrant." Il est rapidement arrêté.
Le coup de tonnerre du premier procès
En juillet 2011, le jury conclut que Turcotte a agi sans être en pleine possession de ses facultés. La cour le déclare non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux et lui impose une thérapie en milieu psychiatrique pour une durée indéterminée.
Le verdict provoque un tollé au Québec. Un homme qui a tué ses deux enfants à coups de couteau repart en institut psychiatrique plutôt qu'en prison. La Commission d'examen des troubles mentaux du Québec le libère sous condition le 12 décembre 2012, jugeant le risque pour la société "acceptable". Nouveau tollé.
Le second procès — et la condamnation
La Cour d'appel ordonne un nouveau procès. Au terme de ce second procès en 2015, Turcotte est reconnu coupable du meurtre non prémédité d'Anne-Sophie et d'Olivier. Il est condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 17 ans.
Le juge André Vincent, à l'époque, avait été sans équivoque : "Il a décidé qu'après la vie qu'il leur avait donnée, il pouvait la leur reprendre. Dans sa crise suicidaire, il a décidé de faire table rase de sa vie et de celle de ses enfants. Il les a considérés comme sa chose et s'est acharné à multiplier les coups au mépris de leurs supplications." Et encore : "Leur calvaire aura été de voir leur père, qu'ils aimaient, et qui devait les protéger, les poignarder."
Turcotte est incarcéré dans un pénitencier fédéral depuis 2016. En juillet 2018, il renonce à porter sa cause devant la Cour suprême. En 2024, Radio-Canada révèle qu'il purge sa peine dans un établissement à sécurité minimale.
Juillet 2026 — Une audience qui choque
On ignore à ce stade si Guy Turcotte demande seulement des permissions de sorties ou une libération conditionnelle complète. Aux dernières nouvelles, il était admissible à la libération conditionnelle seulement en 2028, compte tenu des périodes de liberté dont il a bénéficié entre 2009 et aujourd'hui.

