Disparition de Lyhanna, 11 ans : un corps retrouvé, le suspect déjà accusé d'agressions sexuelles sur mineurs

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ACTUALITÉ

6/1/20264 min temps de lecture

Le jeudi 4 juin, près d'une semaine après la disparition de Lyhanna, un corps est retrouvé lors de recherches approfondies menées entre les communes de Puycasquier et Mirepoix, à une quinzaine de kilomètres au sud de Fleurance, sur les lieux d'une exploitation agricole, dans un espace écarté de toute vue directe. Le corps est porteur de vêtements similaires à ceux que portait Lyhanna le jour de sa disparition. Une autopsie est ordonnée dans les heures suivantes pour confirmation formelle

La disparition

Le vendredi 29 mai 2026. Il est 15 heures à Fleurance, petite commune du Gers de 6 000 habitants. Les élèves du collège Hubert-Reeves sortent des cours. Parmi eux, Lyhanna, 11 ans. Une collégienne décrite par ses proches comme toujours souriante, toujours polie. Sa mère Charly Rameau confirme : "Elle finissait à 15 heures, elle est sortie du collège et depuis on n'a pas de nouvelles. Un surveillant l'a vue sortir."

Son père Martial Bernard la décrit comme une enfant peureuse, qui n'aurait jamais pris l'initiative de partir seule. "Elle faisait du théâtre et une fois on était en retard de cinq minutes pour la chercher, on l'a retrouvée assise en train de pleurer. Donc non, elle ne serait jamais partie toute seule." Mais il ajoute un détail qui éclaire tout : "Il suffit qu'elle vous connaisse, qu'elle vous apprécie et elle monte avec vous en voiture."

À 15h05, Lyhanna est aperçue assise sur un trottoir à l'ombre, non loin de l'établissement. Quelques minutes plus tard, un témoin la voit monter dans le véhicule d'un homme. Elle ne rentrera pas chez elle ce soir-là. Ni les jours suivants.

Un homme qui n'était pas un inconnu

La disparition est signalée rapidement. Une enquête est ouverte. Les caméras de vidéosurveillance de la commune confirment le témoignage du passant dès le lendemain, samedi 30 mai. L'homme au volant est identifié. Il s'agit d'un père de famille de 41 ans, habitant le village voisin de Montestruc-sur-Gers. Il est placé en garde à vue.

Et ce c'est qu'il n'est pas un inconnu. Lyhanna était amie avec l'une de ses filles. Les deux familles se fréquentaient. Il y avait eu des goûters, des échanges, une soirée pyjama en début d'année scolaire. C'est à l'issue de cette soirée que quelque chose avait changé. Lyhanna avait rapporté à sa mère que l'homme s'était amusé à lui faire des chatouilles, qu'il avait beaucoup joué avec elle. Des détails qui avaient semé le doute. Les parents avaient alors décidé de couper tout contact avec lui.

En garde à vue, l'homme reconnaît avoir pris Lyhanna en voiture ce vendredi après-midi. Il affirme l'avoir déposée à sa demande aux abords de la piscine de Fleurance, à un peu plus d'un kilomètre de son collège. La procureure de la République d'Auch, Clémence Meyer, est directe : ses déclarations sont "apparues relativement incohérentes et imprécises." La garde à vue est prolongée.

Une commune mobilisée, des recherches sans résultat

Plus d'une centaine de militaires ratissent les environs de Fleurance. Un hélicoptère équipé de caméras thermiques survole chemins et cours d'eau, des drones quadrillent les bâtiments, des équipes cynophiles et des plongeurs sondent la rivière Gers et plusieurs lacs alentour. Les berges sont bouclées. Un périmètre de sécurité est établi autour de la base de loisirs de la commune, là où le suspect affirme avoir déposé la fillette. La tablette de Lyhanna est saisie. Ses camarades de classe sont interrogés.

Dimanche 31 mai, des centaines d'habitants participent à une battue citoyenne organisée par la gendarmerie. Le maire Grégory Bobatto appelle à la responsabilité, demandant aux habitants de ne répondre qu'aux sollicitations des forces de l'ordre pour ne pas compromettre les recherches. La battue ne donne rien.

Le père de Lyhanna est catégorique : "C'est une certitude qu'elle a été enlevée. Elle n'est pas partie d'elle-même." Il évoque également le contexte difficile au collège — Lyhanna serait victime de harcèlement scolaire, une piste que les enquêteurs explorent sans pour autant y voir un lien direct avec sa disparition. Le parquet d'Auch est lui aussi formel : aucun élément ne permet d'orienter les investigations vers une disparition volontaire.

Mis en examen, placé en détention

Le lundi 1er juin, au terme de sa garde à vue, le suspect, un homme de 41 ans au casier judiciaire vierge, est mis en examen pour enlèvement et séquestration de mineur de moins de 15 ans et placé en détention provisoire. Il est transféré au pôle criminel du parquet d'Agen pour être présenté à un juge d'instruction. Les charges retenues contre lui sont jugées suffisantes pour l'ouverture d'une information judiciaire. La porte de son domicile de Montestruc-sur-Gers est désormais barrée d'un ruban rouge frappé des mots : "Gendarmerie nationale. Scellé. Ne pas ouvrir."

Dans les jours qui suivent, la procureure Clémence Meyer révèle que le suspect avait déjà fait l'objet de plusieurs plaintes pour agressions sexuelles sur mineurs, sans que des poursuites n'aient été engagées. Une nouvelle plainte pour viol présumé sur mineure avait été déposée le mercredi 27 mai — deux jours avant la disparition de Lyhanna. L'enquête était donc toujours en cours au moment des faits. Le ministre de l'Intérieur Laurent Núñez annonce au Parlement avoir demandé au ministère de la Justice d'ouvrir une enquête sur la gestion de ces affaires.

L'avocat de la famille, Me François Roujou de Boubée, réagit sobrement : "La tristesse et la colère des parents ne sauraient être exprimées." Il appelle à préserver l'intimité de la famille et ajoute : "Dans l'attente de l'autopsie, le temps est maintenant au recueillement et au deuil."

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